Québec 2008-2108:
dépeuplement ou peuplement ?
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Monsieur le Président;
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Mme Andrée Boucher,
mairie de Québec;
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Mmes et MM. André Letendre, Marie-France Trudel, Lisette Lepage, Caroline Bégin-Giroux et Marc Simoneau,
arrondissement Beauport;
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Mme et MM. Jean-Marie Laliberté, Denise Trudel, Ralph Mercier, Gilles Marcotte et Michel Fecteau,
arrondissement Charlesbourg;
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Mmes et MM. Louise Lapointe, Jacques Joli-Coeur, Ann Bourget, Yvon BussiĂšres et Pierre Maheux,
arrondissement La Cité;
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Mmes et M. Alain Loubier, Anne Beaulieu, Ginette Picard-Lavoie et Anne Létourneau,
arrondissement Limoilou;
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MM. Steeve Verret, Jacques Teasdale, Raymond Dion et Pierre Blouin,
arrondissement La-Haute-Saint-Charles;
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Mme et MM. Jean-Marie Matte, Guy Perrault, Conrad Verret et Denise Tremblay-Blanchette,
arrondissement Laurentien;
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MM. Gérald Poirier, Richard CÎté, François Picard, Patrick Paquet et Patrick Huot,
arrondissement Des RiviĂšres;
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Mme et MM. Francine Bouchard, JérÎme Vaillancourt, Paul Shoiry, André Demers et Gérard Landry,
arrondissement Sainte-Foy-Sillery;
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En dĂ©but dâannĂ©e 2006 Mme Boucher, concernant le peuplement de QuĂ©bec, vous mâaviez rĂ©pondu ici que âl'immigration ça ne concerne pas surtout le municipalâ. Ă la sĂ©ance du Conseil du 19 juin dernier, je vous ai posĂ© en rĂ©sumĂ© la question qui suit: â... Si on ne retient pas l'immigration comme Ă©tant de juridiction municipale, est-ce que l'engendrement, la longĂ©vitĂ©, la lutte Ă l'exode, la rĂ©sidence non permanente sont des questions qui relĂšvent du municipal.â
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Vous mâavez rĂ©pondu ceci: âfranchement, monsieur, je ne saisis pas exactement le sens de votre question. Je la trouve particuliĂšrement complexe. Alors, il faudrait revenir me l'expliquer. Je ne pense pas que l'on Ă©labore ici ce soir une thĂ©orie sur l'immigration. J'aimerais mentionner que mĂȘme si depuis quelques annĂ©es les municipalitĂ©s s'occupent d'immigration, ça a toujours Ă©tĂ© une responsabilitĂ© de juridiction fĂ©dĂ©rale. Le provincial s'est battu pour rentrer dans ce champ de juridiction. Aujourd'hui, il semblerait que le provincial a tendance Ă vouloir faire faire une partie du travail par le municipal. C'est certain que tout le monde a de grands objectifs mais entre ça et dire qui doit faire quoi, Ă chacun de dĂ©cider.â
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Jâai apprĂ©ciĂ© la suggestion de Mme Boucher M. le PrĂ©sident et je viens lui expliquer ma question Ă Communications Ă©crites au conseil, pour plus dâespace et de libertĂ© quâĂ La pĂ©riode de question des citoyens. Je retiens presque exclusivement la dimension engendrement de ma question.  je me permets un prĂ©ambule, un tĂ©moignage, une exposition de faits statistiques substantiels et quelques commentaires.
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Mon intĂ©rĂȘt pour le peuplement de QuĂ©bec remonte Ă lâan 2000, plus prĂ©cisĂ©ment Ă la lecture de Sortie de secours de Jean-François LisĂ©e dont le sous-titre du livre est Comment Ă©chapper au dĂ©clin du QuĂ©bec. Ses chapitres 7 et 8 sont instructifs et inspirants pour lâavenir. Jâai particuliĂšrement Ă©tĂ© impressionnĂ© par le paragraphe qui suit. Ce qui sây lit vaut pour le QuĂ©bec mais vaut pour la rĂ©gion de QuĂ©bec particuliĂšrement oĂč se trouvent une universitĂ© et plusieurs cĂ©geps.
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"Ouvrir une nouvelle Úre d'immigration francophone. Il faut passer à une politique de recrutement d'immigrant francophone. On se dirige vers une désertification des collÚges et des universités. BientÎt, de 150 à 300 mille places dans les collÚges, les universités, les lieux de formation professionnelle ou technique seront vacantes dans une société qui fonde sa richesse sur le savoir. Pourquoi ne pas les offrir à des immigrants francophones de 17 à 29 ans pour améliorer le taux de natalité, maintenir le produit intérieur brut, et surtout, corriger par l'addition de jeunes la pyramide des ùges québécoise, tristement mal en point. Certes, la mesure ne serait pas suffisante pour maintenir le poids des francophones dans le Canada mais le serait pour celui des francophones au Québec. L'infusion de jeunesse et d'énergie ferait plus pour le tonus québécois que n'importe quel appel à la mobilisation."
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Mon intĂ©rĂȘt pour le peuplement a considĂ©rablement grandi aprĂšs avoir lu NaĂźtre ou ne pas ĂȘtre, 1989, de lâĂ©conomiste dĂ©mographe universitaire polĂ©miste fĂ©dĂ©raliste Jacques Henripin. Son oeuvre professionnelle et patriotique mâa fait comprendre la gravitĂ© de la situation. Les rĂ©volutionnaires tranquilles ont plongĂ© le QuĂ©bec dans un trou dĂ©mographique sans prĂ©cĂ©dent en jetant le bĂ©bĂ© avec lâeau du bain, en particulier dans notre rĂ©gion, dont la ville de QuĂ©bec. Sa page 162 fonde mes apprĂ©hensions, jâai annexĂ©e en page 9.
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Essentiellement, le tableau qui sây trouve expose que la population du QuĂ©bec, sans migration, sera de 8,423 millions, 4, 881, 2,843 ou 2,050 en 2086 selon que le taux de fĂ©conditĂ© ou dâengendrement de maintenant Ă cette date se stabiliserait Ă 2,1, 1,8, 1,4 ou 1,2. Au cours des 20 derniĂšres annĂ©es, lâengendrement a Ă©tĂ© dâenviron 1,5 en moyenne au QuĂ©bec, 1,3 Ă QuĂ©bec. Ă ce taux, sans migration, la population du QuĂ©bec commencerait Ă dĂ©cliner dâici une dizaine dâannĂ©es, celle de QuĂ©bec quelques annĂ©es plus tĂŽt. Je parle de dĂ©clin en nombre. En dynamisme et vigueur, la population dĂ©cline dĂ©jĂ sans doute depuis une vingtaine dâannĂ©es au moins.
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TABLEAU 1. Population future du Québec (2008-2108) suivant diverses descendances finales (nombres en milliers) La vie moyenne atteint 79,5 ans en 2010 et reste ensuite à ce niveau. Il n'y a pas de migration. Adaptation du tableau 8 de Jacques Henripin.
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En 1986 la population Ă©tait de 6,754 millions. En 2006 elle serait de 7,650 millions. En gros, lâaugmentation est composĂ©e dâun excĂ©dent de 350 000 naissances sur les dĂ©cĂšs et dâun apport migratoire de 550 000 personnes. Nous approchons de lâannĂ©e ou le nombre des dĂ©cĂšs Ă©galera le nombre des naissances, Ă©liminant du coup un facteur de croissance. De 1986 Ă 2000, lâindice synthĂ©tique de fĂ©conditĂ© a Ă©tĂ© de 1,53 en moyenne.
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Dans ce contexte, que deviendra la population de lâagglomĂ©ration de QuĂ©bec ? En supposant un dĂ©clin un peu plus prononcĂ© que celui de lâensemble de la province, ce que je trouve rĂ©aliste vu ce qui se passe depuis 1850, la population de lâagglomĂ©ration augmentera encore pendant quelques annĂ©es puis dĂ©clinera. En supposant quâelle atteigne 535 mille en 2008 et en adoptant les taux de dĂ©clin dâHenripin Ă©noncĂ©s en annexe, sans migration, nous aurons les populations en derniĂšre colonne:
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TABLEAU 2. Population future de lâagglomĂ©ration de QuĂ©bec (2008-2108) suivant diverses descendances finales (nombres en milliers) La vie moyenne atteint 79,5 ans en 2010 et reste ensuite Ă ce niveau. Il n'y a pas de migration. Adaptation du tableau prĂ©cĂ©dent.
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La population de l'ex-CommunautĂ© urbaine de QuĂ©bec (CUQ) au recensement de 1986 Ă©tait de 465 mille selon un document produit le 18 dĂ©cembre 2001 par l'Institut de la statistique du QuĂ©bec. Le mĂȘme document fournit un deuxiĂšme nombre, 477 mille comme estimation plus exacte de la mĂȘme population.
Lâindice dâengendrement de lâex-CUQ de 1986 Ă 2006 a baissĂ© progressivement dâenviron 1,5 Ă 1,2. La derniĂšre colonne retient donc 1,3 comme indice moyen Ă travers le siĂšcle. Pour un portrait plus rĂ©aliste, il faut ajouter la migration. Ă ce sujet au cours des 20 derniĂšres annĂ©es, il y a eu des hauts et des bas en nombre et en rĂ©tention mais la migration a Ă©tĂ© positive en moyenne de 2000 personnes par annĂ©e, principalement grĂące Ă lâ inter-rĂ©gionale. Câest cette arrivage des rĂ©gions qui masque la rĂ©alitĂ© du sous-engendrement comme fait remarquer le dĂ©mographe Simon Langlois dans Le choc dĂ©mographique.
Ă lâintĂ©rieur de lâagglomĂ©ration, que deviendra la population dans chaque arrondissement ? En supposant que lâimplosion les touche Ă©galement, et que St-Augustin et LâAncienne-Lorette reviennent au bercail, selon une estimation fondĂ©e sur les chiffres du site de la ville datant de 2001, augmentĂ©s de 1,053 % pour 2008, voici:
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Il faut comprendre quâen 2008, la population de dĂ©part est de 76 669. 100 ans plus tard, sâil nây a pas eu de migration et que le taux dâengendrement a Ă©tĂ© de 1,2, la population a  sombrĂ© Ă 15 614. Si le taux a Ă©tĂ© de 1,4, elle a chutĂ© Ă 23 518. Si le taux a Ă©tĂ© de 1,8, elle a implosĂ© Ă 45 366. Ă un taux de 2,1, elle a lĂ©gĂšrement augmentĂ© Ă 80 704. Ă un taux moyen de 1,3, celui des 20 derniĂšres annĂ©es, la population aux 500e dans Beauport ne sera que de 19 509 personnes. Pour les 7 tableaux qui suivent, lâinterprĂ©tation de leurs chiffres se fait selon lâexemple du premier.
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Je sens M. le PrĂ©sident que M. Simoneau se demande oĂč je veux en venir et jây arrive.
Si je vous ai bien compris Mme Boucher, le provincial dâune Ă©poque rĂ©volue revendiquait des responsabilitĂ©s et ensuite donnait le travail Ă faire au municipal sans faire suivre de financement. La loi 170 en fournirait un exemple. Son article 72 expose que la ville a des compĂ©tences, obligations et pouvoirs particuliers dont le dĂ©veloppement communautaire, Ă©conomique et social. Ă lâarticle 75 il y est Ă©crit que la ville doit Ă©laborer un plan relatif au dĂ©veloppement de son territoire. Un tel plan prĂ©voit notamment les objectifs poursuivis par la ville en dĂ©veloppement communautaire, Ă©conomique et social. Pour se conformer Ă la loi, lâadministration municipale 2001-2005 a rĂ©alisĂ© un plan directeur dâamĂ©nagement et de dĂ©veloppement (PDAD). Son comitĂ© exĂ©cutif lâa adoptĂ© le 27 mai 2005, le conseil lâa adoptĂ© Ă son tour le 20 juin. Il est entrĂ© en vigueur le 9 aoĂ»t et a Ă©tĂ© publiĂ© le 6 octobre.
Quand on a Ă coeur de: âBĂątir, en un mot, une ville pour âle mondeââ comme câĂ©tait votre programme en 2001 Mme la Mairesse, ainsi que celui de M. Mercier, de Mme Lepage, de M. CĂŽtĂ©, de M. LalibertĂ© et de M. Shoiry, dans une telle entreprise, la population est Ă la fois la ressource et la bĂ©nĂ©ficiaire, son nombre est dĂ©terminant. Si on a Ă coeur comme Mme Bourget de bĂątir âune ville pour le monde et au goĂ»t du mondeâ, la population est encore Ă la fois la ressource et la bĂ©nĂ©ficiaire, son nombre est aussi dĂ©terminant. Avec quelle attention a-t-on examinĂ© ce nombre dans le PDAD ?
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Dans le document qui a Ă©tĂ© distribuĂ© Ă la population pour les consultations publiques sur le PDAD, Construisons aujourdâhui la ville de demain, on parle dâune croissance dĂ©mographique modĂ©rĂ©e; en chiffre, la population passerait de 520 576 en 2001 Ă 543 200 en 2021. Si ce chiffre appartient aux perspectives dĂ©mographiques de lâInstitut de la statistique, Ă©dition 2003, scĂ©nario A, sauf erreur, il est fondĂ© sur un taux dâengendrement de 1,5 plutĂŽt que 1,3 et suppose une migration de 2 000 personnes par annĂ©e. Je trouve alors que la population prĂ©vue est trop Ă©levĂ©e. Je suppose plutĂŽt un retour vers 526 mille Ă 1 700 migrants en moyenne par annĂ©e, sans augmentation du taux de fĂ©conditĂ©.
La loi 170 prĂ©voit par ailleurs en annexe VI, chapitre III, article 119, alinĂ©a 1, que âle schĂ©ma mĂ©tropolitain dâamĂ©nagement et de dĂ©veloppement (SMAD), ..., Ă©nonce pour lâavenir, une vision stratĂ©gique du dĂ©veloppement Ă©conomique, social et environnemental visant Ă faciliter lâexercice cohĂ©rent des compĂ©tences de la CommunautĂ©. La loi prĂ©voit au mĂȘme article, alinĂ©a 3, que âle schĂ©ma mĂ©tropolitain dĂ©termine la densitĂ© approximative dâoccupation du sol pour les diffĂ©rentes parties du territoire de la communautĂ©. LâalinĂ©a 6 de son cĂŽtĂ© stipule que le schĂ©ma mĂ©tropolitain dâamĂ©nagement et de dĂ©veloppement dĂ©finit les potentiels dâaccueil des secteurs rĂ©sidentiels, commerciaux et industriels quâil prĂ©voit compte tenu de la croissance prĂ©vue sur le territoire de la CommunautĂ© et de la planification du transport.
Ă ce sujet, sur le site de la CommunautĂ© mĂ©tropolitaine de QuĂ©bec, BĂątir Dans un mĂȘme esprit, jâai lu quâon retenait 530 mille pour population de lâagglomĂ©ration de QuĂ©bec en 2021. Le SchĂ©ma mĂ©tropolitain dâamĂ©nagement et de dĂ©veloppement (SMAD), serait mieux fondĂ©. Il nâest plus question de croissance modĂ©rĂ©e ou lente sur 15 ans mais de dĂ©passement dâun sommet et dâamorce dâune dĂ©croissance, non seulement en vigueur et dynamisme mais nombre.
Breaking news. Jean-François Cliche nous apprend dans Le Soleil du 26 septembre que de 2001 Ă 2021 la population de la CMQ passera de 698 Ă 738 mille. Pour lâagglomĂ©ration de QuĂ©bec, sur le site de la CMQ, septembre 2006, les derniers chiffres sont de 518 518 en 2001, 536 953 en 2011 et de 540 704 en 2021 suite Ă une actualisation de lâInstitut mais toujours avec le scĂ©nario A, 2003.
Dans le document prĂ©alable au PDAD, Portrait du territoire, on peut lire en page 28 et 29 les points saillants retenus en matiĂšre dĂ©mographique. Le paragraphe suivant mâa Ă©tonnĂ©: "Le rĂ©gime dĂ©mographique de croissance lente qui sera vraisemblablement celui de lâagglomĂ©ration de QuĂ©bec au cours des prochaines dĂ©cennies permettra de mettre davantage lâaccent sur des objectifs de qualitĂ© de lâenvironnement, dâautant plus que cette croissance lente est accompagnĂ©e dâune scolarisation accrue de la population. Une politique dâamĂ©nagement qui rĂ©ussit Ă conjuguer efficacitĂ©, Ă©quitĂ© et qualitĂ© de lâenvironnement contribue Ă faire croĂźtre lâespĂ©rance de vie en bonne santĂ©, la bonne santĂ© Ă©tant peut-ĂȘtre le meilleur indicateur de qualitĂ© de vie."
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On y parle de croissance lente plutĂŽt que modĂ©rĂ© aux cours des prochaines dĂ©cennies. Compte tenu de ce que jâai exposĂ©, je ne crois pas Ă une croissance pour plus dâune ou deux dĂ©cennies Ă moins de migration internationale intense. Pour les autres dĂ©cennies, câest lâimplosion assurĂ©e. Le bassin oĂč sâapprovisionne QuĂ©bec est en dĂ©clin, la concurrence sera plus forte. Ă lâinstitut de la statistique, si on propose maintenant un scĂ©nario de relance des rĂ©gions, câest quâon y oeuvre.
En passant, cĂŽtĂ© objectifs, quel charabia ! La qualitĂ© de lâenvironnement comme objectif municipal, ça va. Pour le reste, comprenez-vous comme moi que lâespĂ©rance de vie en bonne santĂ© serait lâobjectif oĂč que la qualitĂ© de vie serait lâobjectif ? Pour avoir lu la Loi 170, je nâai pas retenu que le provincial sâĂ©tait dĂ©chargĂ© de ces matiĂšres sur le municipal. Si on a retenu la longĂ©vitĂ© comme facteur de peuplement, jâaurais prĂ©fĂ©rĂ© que lâon retienne le nombre. Autrement, on est loin de â... une sĂ©rie de principes devront guider lâaction de ceux qui seront Ă©lus aux prochaines Ă©lections, le plus important de ces principes consistant Ă reconnaĂźtre, une fois pour toutes, que lâimpĂŽt foncier a Ă©tĂ© instituĂ© pour nulle autre chose que pour offrir des services rattachĂ©s Ă la propriĂ©tĂ©...â Un programme, 14 thĂšmes, 56 engagements, pour bĂątir une ville Ă la mesure des citoyens, ACQ 2001.
Je conclus. Le PDAD a Ă©tĂ© Ă©laborĂ© en vertu de statistiques dĂ©mographiques optimistes et pour une pĂ©riode trop courte. Il y a eu de lâinformation de livrĂ©e aux citoyens mais lâexistence du trou dĂ©mographique a Ă©tĂ© escamotĂ©. Il nây a pas eu de comprĂ©hension, dâapprĂ©hension ni de dĂ©bat entre citoyens volontaires sur notre rĂ©alitĂ© dĂ©mographique. Quand il sâagit des actifs et de la dette qui seront laissĂ©s Ă la gĂ©nĂ©ration suivante ainsi que du nombre de celle-ci, ne prĂ©voir que 20 ans dâavance, câest trop court. Henripin suggĂšre 30 ou 40 ans. Câest sans tenir compte du retard Ă intervenir qui dure depuis 20 ans.
En novembre dernier, les Ă©lecteurs se sont donnĂ©s 25 nouveaux conseillers sur 37 et vous Mme la Mairesse. Bien que tout juste adoptĂ©, le PDAD mâapparaĂźt devoir ĂȘtre rĂ©visĂ© pour manque de fondement et de portĂ©e dâabord mais pour revirement politique de lâACQ au RMQ aux derniĂšres Ă©lections ensuite.
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La population doit ĂȘtre imputĂ©e Ă titre de ressource et de bĂ©nĂ©ficiaire. La question de son dĂ©clin en nombre Ă moyen et long terme nâa pas Ă©tĂ© portĂ©e largement Ă sa connaissance ni dĂ©battue lors de la rĂ©cente Ă©lection. La population nâa pas eu lâoccasion de faire un choix Ă©clairĂ© sur ses ambitions dĂ©mographiques Ă termes et moyennant un aperçu coĂ»ts/bĂ©nĂ©fices. Je ne parle pas de signature de registre mais de rĂ©fĂ©rendum. LâĂ©lection doit demeurer en prioritĂ© pour le choix dâun reprĂ©sentant par district et dâun ou une mairesse.
Robert Lachance
2 0ctobre 2006
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Annexe A
Jacques Henripin, NaĂźtre ou ne pas ĂȘtre, 1989, page 66 et 67, version PDF.
Si l'on suppose que les migrations sont nulles (ou plutĂŽt que lâimmigration est exactement compensĂ©e par l'Ă©migration) et si l'on se donne une hypothĂšse vraisemblable concernant la mortalitĂ© future, on peut estimer ce que sera la population, d'ici une centaine d'annĂ©es, selon que la fĂ©conditĂ© future sera plus ou moins forte. C'est ce qu'ont fait les dĂ©mographes du Bureau de la statistique du QuĂ©bec, Ă l'occasion d'un exercice dont ils ont bien voulu nous communiquer les rĂ©sultats. Attention: ce ne sont pas lĂ des prĂ©visions; il s'agit de calculs permettant de savoir de façon trĂšs prĂ©cise ce qui arriverait si telle ou telle
hypothÚse se réalisait.
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AprĂšs la trĂȘve? On a supposĂ© que la mortalitĂ© continuerait de baisser, lentement, jusqu'en 2010. La vie moyenne Ă la naissance serait alors de 76,2 ans pour les hommes et 82,7 ans pour les femmes, soit une moyenne de 79,5 ans. Cela est plutĂŽt conservateur, les dĂ©mographes le sont presque toujours dans ce domaine, mais tout Ă fait vraisemblable. Quatre niveaux de fĂ©conditĂ© ont Ă©tĂ© retenus, qui correspondent aux descendances suivantes: 1,2, 1,4, 1,8 et 2,1 enfants. Ces niveaux sont atteints entre 1986 et 2000 suivant le cas, mais cela importe assez peu quant aux rĂ©sultats Ă long terme, qui intĂ©ressent ici.
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Que deviendrait alors la population du Québec? Les résultats apparaissent au tableau
8.2. Ceux de la derniÚre colonne sont presque sans surprise: un niveau de fécondité
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TABLEAU 8.2. Population future du Québec (1986-2086) suivant diverses descendances finales (nombres en milliers) N.B.: - La vie moyenne atteint 79,5 ans en 2010 et reste ensuite à ce niveau. Il n'y a pas de migration.
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Source. Bureau de la statistique du Québec, résultats non encore publiés.
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correspondant Ă 2,1 enfants par femme fait passer la population de 6,8 Ă 8,3 millions vers
2020, grùce à l'inertie des mécanismes démographiques, dont nous venons de parler. En-
suite, les effectifs sont stables.
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Les trois autres niveaux de fécondité produisent d'abord une légÚre augmentation; un
sommet est atteint entre 1998 et 2013, suivi d'une certaine stabilité temporaire. Ce n'est
qu'à partir de 2020 que la baisse est nettement engagée (ou 2010 si la descendance est 1,2 enfant). Le rythme de croisiÚre, si l'on peut dire, est bien établi à partir de 2040: en dix
ans, la population diminue de 7% si la fécondité se fixe à 1,8 enfant, 13% si elle se stabilise à 1,4 enfant et 17% si la descendance est de 1,2 enfant. Ces taux se maintiennent par la suite.
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Ces évolutions conduisent à des effectifs fort réduits par rapport à ceux d'aujourd'hui, sauf évidemment si le nombre d'enfants par femme se maintient à prÚs de deux. En 2086, la population du Québec ne serait plus que de 28 à 70% de ce qu'elle est maintenant: deux à cinq millions d'habitants.
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Ces calculs ignorent le rÎle possible des migrations. Si la «tradition» québécoise se
maintenait, c'est-Ă -dire si le QuĂ©bec continuait Ă ĂȘtre perdant dans ses Ă©changes avec l'extĂ©rieur, les rĂ©sultats rapportĂ©s plus haut seraient plus faibles. Nous n'allons pas augurer de l'Ă©volution future des courants migratoires et de leurs effets Ă long terme sur les effectifs, mais nous pouvons donner une idĂ©e de l'effet d'une migration nette (positive ou nĂ©gative) de 10 000 par an, soutenue de façon constante pendant une pĂ©riode indĂ©finie, en faisant des hypothĂšses raisonnables sur la mortalitĂ© et la fĂ©conditĂ©. Voici l'effet approximatif de cette migration nette annuelle de 10 000:
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Au bout de 10 ans: 150 000
Au bout de 25 ans: 350 000
Au bout de 50 ans: 710 000
Au bout de 75 ans: 1 050 000
Au bout de 100 ans: 1 370 000
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Ces nombres sont à ajouter ou à retrancher des résultats du tableau 8.2, suivant le
sens de la migration nette. L'effet n'est pas négligeable. Pour combler ou prévenir un «déficit» de trois millions d'habitants au bout d'un siÚcle, il faut une migration nette positive de
22 000 par an. Mais il s'agit bien de migration nette. Le nombre d'immigrants nécessaires
pour obtenir ce solde peut ĂȘtre cinq fois plus grand, si la propension Ă Ă©migrer est forte,
chez les immigrĂ©s eux-mĂȘmes, leurs descendants ou chez les personnes Ă©tablies depuis
longtemps.
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On voit donc qu'à long terme, une faible fécondité a des conséquences importantes.
Il y faut du temps, cependant: trente ou quarante ans au QuĂ©bec. Une rĂ©duction de la population de 1% par an (donc de 25% environ tous les quarts de siĂšcle) est-elle un dĂ©sastre? Ătre quatre millions en voie de dĂ©croissance dans 70 ans, ce n'est pas la mĂȘme chose que le mĂȘme nombre en voie de croissance il y a 40 ans. Deux aspects doivent ĂȘtre distinguĂ©s: le nombre des habitants et la vitesse de croissance.
L'importance du nombre
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Le nombre des habitants d'un territoire détermine en partie la dimension des marchés, dont dépend l'efficacité de la production, du moins pour une part. Le libre-échange, plus facile à proposer qu'à implanter, peut compenser pour la petitesse des marchés intérieurs, mais difficilement pour les produits associés à la langue ou à la culture. Et il n'y a pas que l'aspect économique: la qualité des productions intellectuelles dépend grandement de la densité des artisans qui les produisent. Cela vaut pour les découvertes scientifique comme pour la littérature, le théùtre ou la musique. Il y a cependant un avantage au petit
nombre: la nature est plus accessible Ă chacun.
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L'intĂ©rĂȘt de la croissance
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La plupart des économistes qui ont réfléchi au lien possible entre taux de croissance
démographique et vigueur économique, croient qu'il y a probablement un lien positif entre
les deux. La croissance du nombre des consommateurs assure mieux l'expansion des marchés, encourage la formation du capital dans les secteurs publics ou privés, rajeunit l'ùge moyen de ce capital, bref entretient un climat propice aux affaires. L'économiste québécois Georges Mathews (1984) a fait de ces questions l'essentiel de son plaidoyer en faveur du redressement de la fécondité et il y a certainement une grande part de vérité dans cette position. On pourrait ajouter que dans une perspective de réduction de la population, il devient encore plus malséant pour un gouvernement de faire porter aux générations futures le poids des dettes accumulées.
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Tout compte fait, on ne voit pas quel avantage net une société peut tirer de sa dé-
croissance démographique. Elle risque au contraire de perdre un précieux stimulant.
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