BAAS, Jean-Charles de

Jean-Charles de BAAS : administrateur colonial français (mort à Saint-Pierre, Martinique, 15 janvier 1677).

Originaire de Nay, dans le Béarn, il était le fils du médecin Jean de Baas et de Judith de Laugar, et fut probablement à l'origine de confession protestante. Ayant embrassé la carrière militaire, il servit d'abord comme officier dans le régiment de Persan, le même que celui d'un frère du fameux d'Artagnan, d'où sans doute la confusion entre les deux familles qui ne sont pas apparentées. Lors des guerres de la Fronde, il prit d'abord le parti du prince de Condé, mais le cardinal Mazarin le gagna ensuite à la cause du jeune roi Louis XIV. Il fut ainsi, en 1654, l'envoyé personnel du cardinal en Angleterre auprès de Cromwell, mais, en raison de sa personnalité fantasque, cette mission diplomatique fut un échec. L'année suivante, il n'en remplit pas moins une importante mission en Italie auprès des duc de Modène et de Mantoue. Vers 1660, il devint gouverneur de Mortara, en Italie. Élevé au rang de lieutenant général des armées (1665), il fut nommé gouverneur général des Isles et Terre Ferme de l'Amérique (1667), avec mandat de reprendre l'île Saint-Christophe aux Anglais. Arrivé à la Martinique avec le comte d'Estrées (4 février 1669), il fixa le siège de son gouvernement à Saint-Pierre. Au début de 1673, il monta une expédition contre la colonie néerlandaise de Curaçao. Il envoya ainsi les navires du roi L'Écueil et La Petite-Infante à Saint-Domingue demander des renforts au gouverneur Ogeron. étant sans nouvelle de celui-ci qui s'était embarqué sur l'Écueil, il s'y rendit lui-même, toucha d'abord au Petit-Goâve (mars), puis à la Tortue (avril), où il nomma l'un de ses officiers, le sieur de La Perrière, pour commander la colonie par intérim. Il fut blâmé, tant par Ogeron que par le roi et le ministre Colbert, pour ne pas avoir tout mis en oeuvre pour faire sortir de Puerto Rico les marins du roi et les habitants de Saint-Domingue rescapés du naufrage de l'Écueil.

BALLARD, Thomas

Thomas BALLARD : planteur anglais (mort à la Jamaïque, 21 novembre 1691).

Il Fils de Gregory Ballard, bachelier en droit de l'université d'Oxford, il vint probablement à la Jamaïque comme officier subalterne dans l'armée du général Venables. En juin 1661, il était d'ailleurs capitaine dans l'un des régiments de milice de la colonie et aussi membre du Conseil, sur lequel il siègea presque sans interruption jusqu'à sa mort. Dans les années 1660, il fut promu colonel commandant l'ensemble des troupes de cavalerie-milice de la colonie. Il était un ami personnel de Sir Henry Morgan, qui le nommait comme tel en 1688 dans son testament. En mars 1691, en même temps que Sir Francis Watson, il fut démis du Conseil de la Jamaïque par le gouverneur Inchiquin.

BALTHAZARD, Isabelle

Isabel BALTASAR : esclave noire (Veracruz, vers 1667 - canton de la Charbonnière, Port-au-Prince, 1768), connue en français sous le nom d' Isabelle BALTHAZARD.

Enlevée par les flibustiers lors de la prise de Veracruz (mai 1683), elle fut conduite à Saint-Domingue. Plus tard, affranchie, elle épousa un blanc. Elle mourut trisaïeule, laissant deux mamelouques (filles de sang-mêlés), lesquelles, selon Moreau de Saint-Méry, l'on ne pouvait distinguer des blancs. Elle fut, sans l'ombre d'un doute, la dernière personne vivante à avoir connu les Grammont, De Graffe et autres flibustiers de la grande époque.

BAMFIELD, John

John BAMFIELD : marin anglais.

En avril 1665, il commandait à la Jamaïque le brigantin The Mayflower, armé d'un canon, avec environ 22 hommes d'équipage, qui joignit la flotte qui, sous les ordres du gouverneur adjoint Edward Morgan, appareilla pour attaquer les Petites Antilles néerlandaises. Mais, en juin, alors que leur flotte se rendait de La Havane à la baie de Matanzas, Bamfield et un autre capitaine nommé Cobham en furent séparés. Le premier ne rejoignit les autres flibustiers désormais commandés en chef par le colonel Cary qu'au début d'août, à l'île Saint-Eustache que ceux-ci venaient d'enlever aux Néerlandais. Sur ordre de Cary, Bamfield accueillit alors à son bord 48 soldats commandés par le major Richard Stevens, qu'il transporta à Saba et qui fut prise quelques jours plus tard. En novembre, il fut l'un des capitaines de cette expédition qui rentrèrent à la Jamaïque en compagnie du colonel Cary. Il est possible que John Bamfield y acheta ensuite une plantation, puisqu'en 1670 l'on retrouve un homme de ce nom possédant des terres dans la paroisse de Saint David.

BANNISTER, Joseph

Joseph BANNISTER : marin anglais (mort en mer devant Port Royal, Jamaïque, 7 février 1687).

En avril 1680, capitaine faisant le commerce entre les Antilles, la Nouvelle-Angleterre et la Grande-Bretagne, il vit son navire de 30 canons nommé The Golden Fleece, chavirer à Port Royal (Jamaïque). Il réussit à le remettre à flot avec l'aide de l'équipage du navire du roi The Hunter. Il revint à la Jamaïque en 1681, 1682 ainsi qu'en 1683. Lors de ce dernier voyage, il alla charger du bois de teinture au Honduras, puis il s'engagea, en juin 1684, il arma en guerre son navire à Port Royal pour se joindre aux flibustiers français de Saint-Domingue. Il se rendit alors au Petit-Goâve où il demanda une commission au gouverneur Cussy, qui la lui refusa. Cependant, le sieur de Grammont, qui commandait les flibustiers en mer et qui quitta Saint-Domingue en même temps que l'Anglais, promit à celui-ci de lui en obtenir une. Bannister fut envoyé par Grammont au sud de Cuba avec ordre de pêcher la tortue pour en ravitailler les navires de leur flotte. Là, en août, il fut arrêté par le navire du roi The Ruby sous prétexte avoir pillé un canot espagnol. Conduit prisonnier à Port Royal avec son navire et ses 115 hommes, il y subit le mois suivant un premier procès pour piraterie, mais il fut innocenté. Le colonel Molesworth, gouverneur de la Jamaïque par intérim, ne le fit pas moins placé sous bonne garde, résolu à le ramener devant la justice. Dans l'attente de son second procès, Bannister organisa sa fuite qu'il exécuta une nuit de février 1685, sortant de Port Royal avec sa Golden Fleece. Il alla droit à Saint-Domingue où il joignit la flotte de Grammont. Pour éviter des ennuis à cette recrue, les Français firent rédiger un faux contrat de vente qui faisait du capitaine Duchesne le nouveau commandant de la Golden Fleece. Ce subterfuge fut fort utile lorsque leur flotte rencontra, au large du Panama, le Ruby, dont le capitaine ne put rien tenter contre Bannister. En septembre 1685, au retour de la prise de Campêche à laquelle il participa, Bannister passa par la côte nord de la Jamaïque, puis gagna Saint-Domingue. Il vint mouiller au Petit-Goâve en janvier 1686. Il tenta, sans succès, d'obtenir une commission du gouverneur Cussy, qui y vint aussi en mars, et qui le somma de quitter le port. Ayant pris à son bord plusieurs hommes au Petit-Goâve, il joignit à l'île à Vache un autre pirate, le capitaine Lagarde. Fin avril, au sud de Puerto Rico, il pillait deux navires anglais qu'il mena à la côte de Caracas. Le mois suivant, il retournait à Saint-Domingue, dans la baie de Samana, pour y caréner son navire. Il y joignit une prise faite par des flibustiers français aux côtes d'Afrique. En juin, ils y furent surpris par les navires de guerre anglais The Falcon et The Drake, qu'ils parvinrent à repousser, mais au prix de la perte de la Golden Fleece. La majorité des Français qui accompagnaient alors Bannister se mutinèrent contre lui, puis prirent la mer sur l'autre navire. Avec quelques dizaines de fidèles, Bannister gagna alors le Nicaragua. En étant informé, le gouverneur Molesworth renvoya contre lui le Drake avec ordre à son capitaine Thomas Spragg d'exécuter le pirate s'il le prenait, pour éviter de lui faire un autre procès à Port Royal où les complices des flibustiers étaient nombreux. Spragg captura Bannister et, en arrivant à la Jamaïque, il pendit le pirate avec trois de ses hommes en bout de vergue du Drake.

BARNES, Coon

Coon DEBRAUNCE: flibustier anglais, appelé aussi Coon BARNES.

À la fin de 1670, capitaine de la flotte du Jamaïquain Henry Morgan, il commandait le Constant Thomas, de 80 tonneaux, dont le précédent capitaine était un certain Christopher Miller qui avait mené ce bâtiment à Port Royal un peu plus tôt dans l'année. À la fin de 1676, ce capitaine joignit apparemment la flotte corsaire commandée par le marquis de Maintenon qui, depuis Saint-Domingue, alla piller au début de l'année suivante la capitale de l'île Margarita puis la ville de Nueva Valencia au Venezuela. En effet, il compta ensuite au nombre des cinq capitaines qui pillèrent le port de Santa Marta en juillet 1677. En compagnie de Lagarde, Coxon et les autres qui avaient participé à cette dernière entreprise, il rentra à la Jamaïque. Il vint mouiller à Port Royal dans les premiers jours du mois d'août, sollicitant et obtenant le pardon du gouverneur Vaughan.

BARRÉ, Charles

Charles BARRÉ : marchand français originaire du Havre (mort à Port Royal, Jamaïque, 1689).

Ce protestant, d'une famille négociante de Normandie, avait émigré en Angleterre où il fut employé au bureau du comte d'Arlington, alors secrétaire d'État. En 1674, en compagnie de sa femme Marie, elle aussi originaire du Havre, il suivit à la Jamaïque, en qualité de secrétaire, Sir Henry Morgan, récemment nommé lieutenant-gouverneur de cette colonie. À son arrivée à Port Royal, il exerça aussi pendant quelques mois les fonctions d'adjoint au secretaire de la Jamaïque, Peter Beckford, jusqu'à ce que son patron Morgan fût écarté de tout emploi par le gouverneur Vaughan. En tant que secrétaire de Morgan, il rédigea deux lettres d'invitation adressées aux flibustiers anglais croisant alors sous commission française. Il agit aussi comme procureur pour le sieur de Cussy, l'un des adjoints du gouverneur de Saint-Domingue, qui vint à la Jamaïque négocier les armements en course des flibustiers anglais. À l'été 1676, il se rendit lui-même à Saint-Domingue puis à Curaçao avec le capitaine Nicolas Esmit, sous prétexte d'un voyage de traite mais en fait pour assister le capitaine Springer dans la vente de marchandises que celui-ci avait prises sur les Espagnols. Par la suite, Barré et son épouse Marie devinrent marchands de vin à Port Royal et y exploitèrent une taverne, qui dans les années 1680 était fort renommée. En 1688, Barré y accueillit notamment plusieurs flibustiers qui revenaient d'une expédition en mer du Sud. De 1679 à 1683, il avait aussi été le député de Richard Powell, le secrétaire de la colonie.

BARRY, le colonel Samuel

Samuel BARRY : soldat et planteur anglais (mort vers 1670).

En 1654, il était major dans le régiment du major-général James Heanes, l'un des cinq formant le corps expéditionnaire du général Venables pour le Western Design. Dès la conquête de la Jamaïque (1655), il fut promu lieutenant-colonel du même régiment, alors commandé par le général Fortescue, et quelques années plus tard, il en devint le commandant avec le grade de colonel. Grand propriétaire terrien à la Jamaïque, il était membre du Conseil depuis au moins 1661 et il fut aussi juge en chef pendant quelque temps. Fin 1662, il reçut du gouverneur adjoint Lyttleton le commandement d'une petite expédition pour reprendre la Tortue sur les Français. Àla suite d'un différend avec le capitaine Munden qui assurait leur transport, Barry et ses hommes furent débarqués à la côte de Saint-Domingue et revinrent (mars 1663) à la Jamaïque à bord d'un sloop. En 1666, il était colonel d'un régiment de milice dans l'armée commandée conjointement par le lieutenant-général Henry Willoughby et le commodore Sir John Harman dans les Petites Antilles. Sous les ordres de ces derniers, il participa à une série de raids contre les établissements français et néerlandais en Guyane. En novembre 1667, Willoughby le nomma gouverneur militaire du Surinam conquis sur les Néerlandais. Après la suite de la paix de Bréda (1668), Barry dut abandonner ce poste, et il retourna ensuite à la Jamaïque.

Barthélémy le Portugais

Barthélémy le Portugais : flibustier portugais (mort à Cuba, probablement en 1672).

Naufragé à l'île Blanco, il fut rescapé par un flibustier jamaïquain qui le mena à Saint-Domingue où il vécut sept ans parmi les boucaniers. Étant repassé en Europe, il revint bientôt en Amérique, comme engagé à Cuba. Lors d'une descente de flibustiers sur cette île, il se joignit à eux et devint capitaine au bout de quelques années. Ayant armé une barque de quatre canons et de trente hommes à la Jamaïque, il s'empara d'un riche navire chargé de cacao. Peu après cette prise, il fut capturé par trois navires espagnols, qui le menèrent à Campêche (probablement vers octobre 1663). Condamné à mort pour piraterie, il s'évada et rejoignit à l'île de Triste quelques Anglais et Français avec lesquels il captura un autre navire que ces flibustiers perdirent cependant à l'île des Pins. De retour à la Jamaïque, Barthélémy joignit la flotte de Morgan et mourut, vraisemblablement, en chassant sur l'île de Cuba. Selon le Mercure américain qui relate pour la première fois ses aventures en français, son véritable nom était Bartolomé de La Cueva.

BAULON, Julien

Julien BAULON : marin français originaire du Nantes.

En janvier 1672, commandant le navire nantais La Vierge, de 180 tonneaux, il reçut un passeport pour aller commercer dans les Antilles françaises. Quelques années plus tard, à la fin de 1675, il s'embarqua à Nantes comme lieutenant à bord de la Fontaine d'Or, commandée par le marquis de Maintenon, qui allait faire la course dans la mer des Antilles. Après un ou deux voyages peu fructueux aux côtes de l'Amérique du Sud, ils vinrent relâcher au Petit-Goâve, à Saint-Domingue. Là, en mai 1677, sur ordre du marquis, Baulon fit caréner la Fontaine d'Or qu'il dut pourtant saborder le même mois pour éviter qu'elle ne tombe entre les mains des Néerlandais qui vinrent attaquer le Petit-Goâve. Par la suite, il semble avoir regagné Nantes à bord d'un navire marchand.

BEARE, John

John BEARE : flibustier anglais (mort aux Antilles, 1696).

En octobre 1684, il reçut à Nevis une commission du gouverneur général Stapleton, pour donner la chasse aux Indiens Caraïbes et aux pirates. Avant la fin de l'année, il fut capturé par les Néerlandais et conduit prisonnier à Curaçao avec son sloop pour avoir lui-même pris un corsaire espagnol. Ayant été libéré, il passa en Angleterre d'où il repartait pour Nevis au début de 1686. Mais, au large des îles Sorlingues, dans la Manche, son navire faisant eau, il choisit de continuer son voyage sur la frégate The James, sur laquelle il rallia Nevis où, en juillet 1686, le gouverneur adjoint Russell et le conseil de la colonie lui renouvelèrent sa commission. Il fut ainsi chargé de donner la chasse à des flibustiers espagnols qui venaient de piller Tortola, l'une des îles Vierges. En route, ils furent attaqués par la Soledad, dont ils se rendirent maîtres, n'ayant pu toutefois mettre la main sur l'équipage qui parvint à s'enfuir. En octobre 1686, Beare ramenait cette prise à Nevis où elle lui fut adjugée et où Russell lui renouvela sa commission pour commander la Soledad, avec ordre d'aller à la colonie danoise de Saint-Thomas (îles Vierges) pour y capturer un autre pirate espagnol. Entre-temps, le capitaine Saint Loe, commandant le navire du roi The Dartmouth, vint à Nevis et obtint du gouverneur Russell un ordre pour arrêter Beare comme pirate et révoquer sa commission. En janvier 1687, après avoir quitté Saint-Thomas, Beare devenait effectivement un forban en capturant notamment un bâtiment de la Nouvelle-Angleterre. Enfin, conduisant ses prises à Cuba, il gagna La Havane où il entra service de l'Espagne. Les Anglais de son équipage refusèrent ce changement d'allégeance, et Beare les remplaça par des mulâtres espagnols. Selon le gouverneur de la Jamaïque, île dont le commerce maritime aura ensuite beaucoup à souffrir des brigandages de Beare, ce dernier se maria à La Havane même devant le gouverneur Munibe, avec une Jamaïquaine, qui avait coutume de l'accompagner en mer, vêtue en homme. Beare poursuivit sa carrière de flibustier au service de l'Espagne dans la mer des Antilles jusqu'au milieu de la guerre de la ligue d'Augsbourg. Cependant, vers la fin de 1695, il changea à nouveau d'allégeance et se rendit au Petit-Goâve (Saint-Domingue), où il se rangea sous pavillon français.

BEAUJEU, le sieur de

Taneguy LE GALLOIS sieur de BEAUJEU : marin français (mort au Havre, 8 octobre 1711).

Officier de la marine royale, il fut successivement lieutenant de vaisseau (janvier 1667), capitaine de frégate (février 1671) puis capitaine de vaisseau (février 1672). En 1671, en Méditerranée, il commandait la Boufonne dans l'escadre de M. d'Alméras, puis en 1675, aux Antilles, le Galant de 40 canons, dans l'escadre de M. de Grancey. Au retour de cette campagne, il fut emprisonné à la tour de La Rochelle en compagnie de ses collègues La Clochetterie et Larson pour avoir ramené en contrebande du sucre et de l'indigo. En mai 1676, il fut libéré pourtant libéré, mais en août suivant il fut à nouveau emprisonné et cassé de la marine pour avoir contrevenu au règlement qui interdisait aux capitaines de coucher hors de leur navire. Gracié par le Roi, Beaujeu poursuivit sa carrière dans la Marine, notamment en Méditerranée, étant toutefois capturé (1681) par les corsaires d'Alger. Ayant reçu le commandement du vaisseau Le Joli, qui devait accompagner La Salle dans son expédition au Mississippi, il arriva à Rochefort le 19 mai 1684. Durant les préparatifs de l'expédition, l'incompatibilité de caractère entre Beaujeu et La Salle se manifesta et ne fit que s'aggraver au cours du voyage. En mars 1685, ne pouvant rejoindre La Salle dans le golfe du Mexique, Beaujeu alla en Virginie et repassa en France où il arriva le 5 juillet 1685. Il fut ensuite nommé (février 1686) capitaine du port du Havre. En 1692, lors du désastre de La Hougue, il commanda le vaisseau L'Admirable, qu'il perdit à cette occasion.

BEAULIEU, Augustin

Jérôme Augustin BEAULIEU : marin français originaire de Rouen (San Lucar de Barrameda, Espagne, décembre 1633 - Toulon, 28 mai 1703).

Fils de l'armateur rouennais Jérôme Beaulieu et d'Isabel Suárez y Gómez, il commanda des bâtiments corsaires dans la mer des Antilles à partir de 1652, année où il fit escale à l'île de la Tortue, alors commandée par le chevalier de Fontenay. En 1656, il commandait la frégate Le Saint-Pierre armée de 20 canons. En mai 1657, il se présentait à Nieuw Amsterdam (future New York) avec une prise espagnole. Il y resta au moins jusqu'en septembre suivant avec la permission des autorités coloniales. En avril 1658, commandant toujours le Saint-Pierre, il reçut une commission du duc de Vendôme pour faire la guerre contre les Espagnols aux Antilles. Durant ce voyage, il fit escale dans une autre colonie néerlandaise, l'île de Curaçao. Nommé officier de la marine du roi en janvier 1665, il obtint ensuite le commandement du vaisseau L'Écureuil pour donner la chasse aux Anglais et aux navires qui trafiquaient avec les Barbaresques. En poste successivement à Rochefort puis à Dunkerque, il commandait en 1668 le vaisseau L'infante, dans l'escadre qui appareilla pour les Antilles sous le commandement du sieur de La Rabesnières-Treillebois. Au retour de cette expédition, il reçut du roi (novembre 1669) une commission de capitaine entretenu. Au début de 1671, il armait à Rochefort le vaisseau-amiral du comte d'Estrées pour aller contre les Barbaresques. Il fut alors assigné au commandement du vaisseau L'Alsace, puis l'année suivante à celui de l'Admirable. En 1674 et 1675, il commanda le vaisseau Le Grand, dans l'escadre de Gabaret. En 1676, il revint aux Antilles sur la frégate Le Sultan. En 1678, il commanda le Cheval-Marin armé à Toulon, joignant avec ce navire l'escadre commandée par Job Forant qui avait succédé à Gabaret. Commandant le Triton, il alla avec Forant tenter de récupérer une partie des canons de la flotte du comte d'Estrées perdus à l'île d'Avés. Au retour de cette expédition (1679), il reçut l'ordre de désarmer à Brest le Triton, L'Étoile et deux caïches. Avant la fin de l'année, il fut affecté au port de Dunkerque, et non plus à celui de Rochefort. En 1681, il fut nommé capitaine de port à Toulon, où il épousa (1690) Thérèse Cambis de Velleron. Enfin, en mai 1694, il fut fait chevalier de Saint-Louis, ayant alors 28 ans de service dans la marine royale.

François BEAULIEU

François BEAULIEU : marin français originaire de Rouen (San Lucar de Barrameda, Espagne, 1631 - Indes, 1670?).

Fils de l'armateur rouennais Jérôme Beaulieu et d'Isabel Suárez y Gómez et frère d'Augustin (voir ci-dessus), il est vraisemblablement ce capitaine Beaulieu de Rouen qui, en 1652, captura, au large de l'île de la Tortue, une prise anglaise faite par des Français de la Grenade sous prétexte que ceux-ci n'avaient pas de commission; et qui mena ensuite cette prise à la Tortue où elle lui fut adjugée par le gouverneur Fontenay. En 1658, il commandait un bâtiment qui faisait la course aux Antilles, en compagnie d'un autre commandé par son frère Augustin. En 1665, il faisait la course aux Antilles, et récidivait trois ans plus tard. En effet, en 1668, il y montait une petite frégate sous commission délivrée, en France, par le duc de Beaufort. Le 19 novembre de cette année-là, il appareillait de la côte de Saint-Domingue pour prendre sur Espagnols. Le 25 du même mois, il croisait en mer la frégate du chevalier du Plessis et une prise que celui-ci avait faite à Cuba et que le flibustier Vauquelin menait à l'île de la Tortue. En janvier 1669, il entreprenait une nouvelle croisière et était de retour au Petit-Goâve (côte de Saint-Domingue) en mai ou en juin de la même année, où l'escadre commandée par le comte d'Estrées trouva son navire à l'ancre. Promu officier de la marine du roi, il commandait en 1670 un vaisseau à destination des Indes orientales et mourut probablement au cours de ce voyage.

BEAUREGARD, le sieur de

Jean LE GOFF sieur de BEAUREGARD : planteur français natif de Brest (mort à l'île à Vache, novembre 1699).

Il s'établit à Saint-Domingue avec le futur gouverneur Ogeron en 1664, et participa ensuite à plusieurs expéditions de flibuste. En 1677, il fut nommé capitaine des milices de la Grande-Anse (Jérémie) puis il fut envoyé cette même année par le sieur de Cussy pour commander la plaine du fond de l'île à Vache. Il dirigea ce petit établissement en qualité de major de milice et chassa de l'île à Vache les Anglais qui venait y pêcher. En 1682, il y accueillit plusieurs flibustiers dont Tristan, Yankey, Grenezé et Laurens De Graffe, avec lequel il était d'ailleurs copropriétaire d'une habitation à la Grande-Anse, que trois galères espagnoles pillèrent, au début de 1683, enlevant tous leurs esclaves. En novembre 1683, il fut choisi pour commander à terre les flibustiers de la flotte de son partenaire De Graffe, laquelle avait pour dessein d'aller attaquer la ville de Santiago de Cuba, mais il se querella avec des flibustiers, et cette entreprise fut abandonnée. En 1685, il devint membre du Conseil souverain de Saint-Domingue et, en 1691, il fut nommé major pour le roi au Petit-Goâve. En juin 1694, il fut l'un des officiers du gouverneur Ducasse lors de l'expédition contre la Jamaïque, au cours de laquelle il perdit une jambe. Promu lieutenant de roi au Port-de-Paix, il rassembla une centaine d'hommes lors du raid anglais contre le Petit-Goâve en juillet 1697. L'année suivante, il obtint de Ducasse la concession du fond de l'île à Vache, où, dès le mois de mai, il commanda en qualité de lieutenant de roi : il y introduisit un millier de moutons et installa 45 colons dans la baie de Saint-Louis (l'ancienne baie de Cromwell, qu'il avait lui-même rebaptisée ainsi en 1677), puis 60 autres à la plaine des Cayes.

BECKFORD, Peter

Peter BECKFORD : marchand anglais (mort à Port Royal, Jamaïque, 1710).

Issu d'une famille de négociants, il s'établit à Cagway (future Port Royal), à la Jamaïque en 1660. Il y exerça d'abord le métier de marchand de chevaux et devint capitaine dans la milice coloniale. En 1670, il possédait aussi une grosse plantation dans la paroisse de Clarendon; l'un de ses parents, Richard Beckford, quant à lui, en avait une dans celle de Saint Katherine. En 1674, il acheta pour trois ans la charge de secrétaire de la colonie de celui qui en détenait les droits, exerçant de fait cette charge durant l'administration du gouverneur Vaughan, dont il bénéficia de l'amitié et de la protection. Durant cette période, il fut un correspond assidu du secrétaire d'État Sir Joseph Williamson, son protecteur en Angleterre. Il dut ensuite résigner cet emploi en faveur de Richard Powell. Ses relations avec le comte de Carlisle, le successeur de Vaughan, furent orageuses, Beckford prenant le parti de l'Assemblée de la colonie, dont il avait été élu membre pour Port Royal. En juin 1680, il accompagna en Angleterre les colonels Samuel Long, William Beeston et quelques autres membres dissidents de l'Assemblée, qui allaient se plaindre au roi de l'administration de Carlisle, à l'invitation de celui-ci qui les y suivit. De retour à la Jamaïque en 1681, il y est qualifié de marchand résidant à Saint Jago de la Vega. En octobre 1682, il fut promu major du régiment de milice de Port Royal et commandant des fortifications de cette place en remplacement du capitaine Charles Morgan, démis par le nouveau gouverneur Lynch, dont il était le neveu. En 1690, il devint membre du Conseil de la Jamaïque sous le gouverneur Inchiquin. De 1702 à 1704, il gouverna la colonie par intérim en qualité de lieutenant-gouverneur. Il mourut en tentant de ramener à l'ordre les membres de l'Assemblée de colonie qui s'étaient révoltés. À ses héritiers, il laissa une vingtaine de plantations et 4000 esclaves.

BEESTON, William

William BEESTON : marchand, planteur et administrateur colonial anglais (v. 1636 - Jamaïque, 1702), fait chevalier par le roi William III (v. 1690) : Sir William Beeston.

Il arriva à la Jamaïque en 1655 sans doute comme officier subalterne dans l'armée du général Venables. En 1660, il était établi comme marchand à Port Royal, étant alors associé à la famille Pinhorne, de Southampton (Angleterre). Il occupa ensuite dans la colonie diverses fonctions militaires et civiles. En 1662, lors de l'adjudication des prises faites à Santiago de Cuba, il était l'un des commissaires priseurs de la Cour de l'Amirauté. En 1664, il fut élu membre de l'Assemblée coloniale pour Port Royal, et il fut par la suite plusieurs fois réélu. En 1665, étant alors major de l'un des régiments de la milice coloniale, il fut mandaté par le gouverneur Modyford pour négocier avec le capitaine Mansfield, commandant une partie de la flotte corsaire jamaïquaine. À la fin de 1671, il fut nommé commandant du navire du roi The Assistance par le gouverneur Lynch, capturant à ce titre les flibustiers Dumangle et Witherborn qu'il mena prisonniers à Port Royal. L'année suivante, il conduisit l'Assistance en Angleterre. En avril 1675, il fut nommé par le gouverneur Vaughan l'un des trois commissaires de l'Amirauté de la colonie. Il fut ensuite élu membre de l'Assemblée pour la paroisse Saint David. Il était toujours officier de milice, étant alors lieutenant-colonel du régiment de milice de Port Royal, dont Sir Henry Morgan était alors colonel. En avril 1677, il fut choisi orateur de l'Assemblée et tenta à ce titre de s'opposer à Vaughan lorsque celui-ci voulut faire exécuter le pirate Browne. Beeston, allié à Samuel Long et d'autres marchands jamaïquains mécontents, s'opposa aussi au gouverneur Carlisle, le successeur de Vaughan. En mai 1680, ses partisans et lui quittèrent la colonie pour aller à Londres défendre leurs positions. Au cours des années suivantes, il demeura en Angleterre et fut l'un des deux agents officiels de la colonie à Londres. En 1692, il fut nommé lieutenant-gouverneur de la Jamaïque, prenant possession de son poste au début de l'année suivante. Sous son administration, les Français de Saint-Domingue envahirent l'île. En 1700, il fut promu gouverneur général de la Jamaïque. Il avait épousé une certaine Anne Hopegood.

BÉGON, Michel

Michel BÉGON : administrateur français (Blois, 1638 - Rochefort, 1710).

Apparenté à la femme du ministre Colbert, il fut successivement commis du trésorier de la Marine à Toulon (1677), commissaire à Brest (1680), puis au Havre (1681). Nommé intendant des Isles d'Amérique (1682), il arriva à la Martinique en février 1683. Avec le chevalier de Saint-Laurent, il effectua une tournée d'inspection à la côte Saint-Domingue (1er août au 1er décembre 1684). De retour à la Martinique (janvier 1685), Bégon repartit pour la France le printemps venu. Par la suite, il fut intendant de marine à Marseille (1685), à Rochefort (1688) puis, jusqu'à sa mort, de la généralité d'Aunis et Saintonge. À l'instar de M. de Cussy, il considérait les flibustiers comme des alliés précieux, dont il fallait seulement chercher à diriger les actions. Il s'opposait sur ce point au comte de Blénac et d'autres (dont le marquis de Seigneley lui-même), qui voyaient surtout les inconvénients de la flibuste et voulaient décider les flibustiers à se fixer à Saint-Domingue ou ailleurs en Amérique.

BENNETT, John

John BENNETT : flibustier anglais (mort dans le golfe des Honduras, décembre 1676).

En 1669, il commandait à la Jamaïque une petite barque de 15 tonneaux, The Faithfull Mary. Avec ce même bâtiment ou un autre (The Virgin Queen) et 30 hommes d'équipage, il joignit, dans les derniers mois de 1670, la flotte de l'amiral Henry Morgan, sous les ordres duquel il participa à l'expédition de Panama. La paix ayant été conclue entre l'Angleterre et l'Espagne, Bennett compta au nombre des flibustiers jamaïquains qui se réfugièrent dans la colonie française de Saint-Domingue. En novembre 1674, il y obtenait d'ailleurs le commandement du brigantin The Fortune, avec une commission du gouverneur Ogeron pour prendre tant sur les Néerlandais que sur les Espagnols. En mars 1675, il pillait avec ses hommes une plantation dans la partie espagnole de Saint-Domingue, puis devant le port de Santo Domingo, il se rendait maître du Buen Jesus de las Almas, chargé d'environ 46 500 pièces de huit, prise qu'il conduisit au Petit-Goâve le mois suivant et qui lui fut adjugée par Ogeron. En avril, il obtint une nouvelle commission de ce gouverneur pour sa prise qu'il rebaptisa The Saint David. Vers le même temps, il reçut de son ancien chef Morgan, revenu à la Jamaïque comme gouverneur adjoint, une lettre l'invitant lui et les autres corsaires à venir à Port Royal liquider leurs prises comme par le passé. Il y revint peu de temps après et, ayant entrepris une autre course comme capitaine sous pavillon français, il confia le commandement du Saint David à Thomas Paine. En mai 1676, Bennett s'embarqua comme maître bord d'un flibustier français qui allait aux Honduras. Là, au cours d'un combat contre le Gran San Pablo, une hourque commandée par Mateo Pérez de Garay, il trouva la mort.

BEQUEL, Philippe

Philippe BEQUEL : flibustier français probablement originaire de La Rochelle.

Depuis environ 1650, il faisait la course contre les Espagnols dans les Antilles, ayant peut-être servi sous les ordres de capitaines tels que Gabaret ou Beaulieu. Devenu capitaine lui-même à la fin de la décennie, il fut l'un des premiers flibustiers à recevoir une commission en guerre du gouverneur de la Jamaïque, conquise quelques années plus tôt par les Anglais. En effet, le 13 décembre 1659, il obtenait un congé du gouverneur D'Oyley pour sortir du port Cagway (future Port Royal), à dessein de prendre sur les Espagnols. Par la suite, il fréquenta l'île de la Tortue commandée par Deschamps du Rausset. Il continua cependant à armer depuis de la Jamaïque, puisqu'à la fin de 1663 il figurait parmi les corsaires de la Tortue en possession de commission du nouveau gouverneur Windsor. À une date inconnue, il repassa en France, et le 27 février 1667, étant alors à Dieppe, il se préparait à retourner aux Antilles, signant à cette date une reconnaissance de dette de 33 pièces de huit pour un fusil et des munitions. À son retour à Saint-Domingue, il s'embarqua comme volontaire, en avril suivant, dans la flotte de l'Olonnais et participa à la désastreuse expédition de celui-ci aux Honduras et au Nicaragua (1667-1668), lors de la guerre de Dévolution. Probablement lors de cette expédition, il perdit son bâtiment et s'embarqua alors avec le capitaine Vauquelin. Il semble s'être établi soit à la Tortue soit à la côte de Saint-Domingue, où l'on présume qu'il se maria. Dans la seconde partie de 1669, son associé Vauquelin et lui servirent de pilote au comte d'Estrées, chef d'une escadre de la marine royale en croisière aux Antilles. L'année suivante, il rédigea un mémoire détaillé pour servir à la conquête des Honduras et du Yucatán, mémoire auquel il associa le nom de son camarade Vauquelin. Dans ce document, Bequel demandait un grade dans la marine royale, ce qui ne lui fut apparemment pas accordé.

BERNANOS, Jean

Jean BERNANOS, alias LASSONDE : flibustier français (Metz, 6 mars 1648 - Port-de-Paix, 13 juillet 1695).

Son arrière-grand-père était sans doute un émigré espagnol venu s'établir en Lorraine. Lui-même était petit-fils d'un vigneron et fils d'un boucher. Il avait un frère qui fut curé de Varize, en Moselle. Il aurait été capitaine de cavalerie avant de s'établir à la côte de Saint-Domingue dans les années 1670. Il apparaît comme capitaine flibustier dans cette colonie en 1677, commandant alors un petit bâtiment qui croisait aux côtes de Cuba et revint bredouille de cette expédition. Au début de l'année suivante, il fut vraisemblablement l'un des capitaines qui furent réquisitionnés par le gouverneur Pouancey pour prendre part à l'expédition contre Curaçao sous les ordres du comte d'Estrées, et il fut sans doute aussi l'un des trois flibustiers qui perdirent leurs navires lors du naufrage de l'île d'Avés (mai 1678). Cette même année ou la suivante, il s'embarqua vraisemblablement avec le capitaine William Wright à l'occasion d'un voyage que celui-ci fit à l'archipel de San Blas (Panama). De retour au Petit-Goâve, il obtint le commandement d'un petit navire de 86 tonneaux et de 6 canons et il retourna aux San Blas, où avec une centaine de flibustiers et l'aide des Indiens Kunas, il marcha contre la cité panaméenne de Chepo (décembre 1679), d'où les Espagnols le forcèrent à se retirer. Au retour de cette expédition, il rencontra dans les San Blas une petite flotte anglaise commandée par Coxon, à laquelle ses hommes et lui se joignirent pour piller les faubourgs de Puerto Belo. Après ce raid (février 1680), il accompagna les Anglais au Costa Rica puis revint avec eux aux San Blas, mais il refusa de les suivre (avril 1680) dans leur marche à travers Panama pour passer à la mer du Sud. Au début des années 1680, il vivait apparemment sur sa plantation au Petit-Goâve. Bernanos réapparaît comme capitaine flibustier au début de mars 1684 : il commandait alors un petit bâtiment de six canons avec 60 hommes d'équipage. Ce même mois, il appareillait de Saint-Domingue, comme chef d'une flotte comptant quatre autres bâtiments, à destination du Venezuela, pour y piller la principale place espagnole sur l'Orénoque, par où disait-on transitait une importante quantité d'or. En route, Bernanos fit escale à Sainte-Croix, où certains de ses capitaines, voire lui-même, reçurent du gouverneur une commission pour prendre sur les Espagnols et les Néerlandais, ce que leur avait refusé le sieur de Franquesney à leur départ de Saint-Domingue. S'étant alliés à des Indiens Caraïbes, Bernanos et ses associés se rendirent maîtres (30 mai 1684) de Santo Tomé sur l'Orénoque où ils ne firent pas grand butin. Ils demeurèrent toutefois jusque vers la fin du mois d'août dans les parages des îles Trinidad et Margarita. Peu avant cette expédition ou au retour de celle-ci, Bernanos épousa (1684) au Port-de-Paix une certaine Marguerite Bastard. Selon certains, en revenant de son entreprise sur l'Orénoque, il aurait fait escale dans l'archipel de San Blas où il aurait renouvelé son amitié avec les Kunas. En 1687, il était retiré comme planteur au Port-de-Paix et, en octobre de cette année-là, à la requête du gouverneur Cussy, il accompagna le sieur de Franquesney à bord du vaisseau du roi Le Marin, à la tête de 15 hommes, pour aller arrêter un navire forban revenant de Guinée, dont le commandement lui fut ensuite donné en récompense. Dès le début de la guerre de la ligue d'Augsbourg, il reprit du service comme corsaire. Vers le mois de septembre 1689, il repartit en course avec une commission pour prendre sur les Anglais. Il revint de cette croisière l'année suivante. Le 16 juillet 1690, Cussy le trouva ainsi à l'ancre au Cap Français. Bernanos se vit renouveler sa commission et repartit en course dès septembre suivant, ayant alors dessein de faire descente à Santiago de Cuba, mais il ne fit que quelques prises sur les Anglais en chemin. En 1692, il participa à un raid contre des plantations à la Jamaïque. Nommé major pour le roi au Port-de-Paix l'année suivante, il prit part à l'expédition de la Jamaïque (1694) commandée par le nouveau gouverneur Ducasse. L'année suivante, il mourut en défendant la colonie lors de l'invasion des établissements français de la côte nord de Saint-Domingue par des troupes anglo-espagnoles venant d'Angleterre, de la Jamaïque et de Santo Domingo. De son mariage avec Marguerite Bastard, il avait eu trois enfants, dont une fille prénommée Emmanuelle qui épousa (au Port-de-Paix, en 1697) Théophile Gautreau. De plus, un Claude Bernanos, peut-être son fils ou un parent, fut aussi capitaine flibustier à Saint-Domingue au début du siècle suivant.

BERNARDSON, Albert

Aelbert BERNARDSEN : marin néerlandais connu en anglais sous le nom d' Albert BERNARDSON.

En avril 1665, il commandait le Trueman, de six canons, dans la flotte corsaire qui appareilla de la Jamaïque sous les ordres du gouverneur adjoint Edward Morgan pour aller porter la guerre contre les colonies néerlandaises des Petites Antilles. À la fin juillet, il arriva au rendez-vous de Montserrat en compagnie des capitaines Williams et Malherbe, étant tous trois bientôt rejoints par la majeure partie des autres capitaines de la flotte. Il participa ensuite à la prise de l'île Saint-Eustache et revint à la Jamaïque en novembre en compagnie du colonel Cary, qui avait succédé à Morgan comme général des flibustiers dans ce voyage.

BIGFORD

BIGFORD : flibustier anglais (mort à l'île à Vache, 12 janvier 1669).

À la fin de 1668, il commandait l'un des bâtiments corsaires de la Jamaïque qui se réunirent à l'île à Vache sous le commandement de Henry Morgan. Il y périt lors de l'explosion de l'Oxford.

BINCKES, Jacob

J. Binckes par N. Maes

Jakob BINCKES : marin frison (mort à l'île Tobago, 12 décembre 1677).

Officier de la marine des Provinces-Unies des Pays-Bas, il reçut, à la fin de 1672, le commandement d'une escadre avec laquelle il se rendit aux Antilles. Ayant joint ses forces à celles de son compatriote Cornelis Evertsen en mai 1673, il reprit l'île Saint-Eustache (8 juin) puis New York (9 août) aux Anglais. En 1675, à titre de vice-amiral, il assista le Danemark dans sa guerre contre la Suède. En 1676, lors d'une seconde croisière aux Caraïbes, il s'empara des possessions françaises de Cayenne, Marie-Galante et Saint-Martin. Après cette dernière victoire, il divisa sa flotte en deux : lui-même, à la tête de cinq vaisseaux, alla brûler ou prendre sept bâtiments français mouillant au Petit-Goâve (15 juillet). Arrivé à l'île Tobago le 1er septembre 1676, il en organisa la défense en faisant ériger le fort Sterreschans à Klip Bay. Le 3 mars 1677, il fut battu par le comte d'Estrées, commandant une escadre la marine française, à Tobago après un combat sanglant au cours duquel sa flotte fut presqu'entièrement détruite. Mais les Français ne purent s'emparer de l'île que d'Estrées revint bombarder à la fin de l'année. À cette occasion, Binckes trouva la mort lors de l'explosion de la poudrière du fort Sterreschans.

BLUEFIELD, William

Willem Albertsen BLAUVELT : flibustier néerlandais originaire de Monnikendam, près d'Amsterdam (Hollande), plus connu sous le nom anglais de William BLUEFIELD.

À partir de la fin des années 1620, en compagnie de son frère Albertus, il commerça au Honduras avec les Indiens Mosquitos du Nicaragua et du cap Gracias a Dios, tous deux utilisant alors l'île inhabitée de Santa Catalina comme rendez-vous. Lorsque le comte de Warwick et d'autres notables anglais fondèrent la Providence Island Company à dessein de coloniser Santa Catalina et l'île voisine de San Andrés, les frères Blauvelt n'en cessèrent pas moins leur négoce avec les Indiens. Willem s'établit à Santa Catalina même, rebaptisée Providence par les Anglais. Ainsi vers le début de 1637, sur son bateau, il vint mouiller dans le port de l'île à la barbe des sentinelles et rentra tranquillement jusque chez lui sans être inquiété. Dès cette époque il devait être marié puisqu'en 1644, sa femme Dorothy et leur fils Anthonie vivaient à Londres pendant qu'il faisait la course contre les Espagnols. Après la reprise de Providence par les Espagnols (1641), Blauvelt entra au service de la Compagnie de la Nouvelle-Suède, financée par des capitaux suédois et néerlandais pour coloniser le Delaware. Mais il ne demeura pas longtemps à cet emploi. Dès 1643, il adoptait comme port de relâche Niew Amsterdam (future New York), la capitale des Nouveaux Pays-Bas, où, en octobre de cette année son navire de six canons et 50 hommes d'équipage nommée La Garce, était prêt à appareiller pour la mer des Antilles avec une commission de la Westindische Compagnie pour prendre sur les Espagnols. En avril de l'année suivante, il y ramena deux prises espagnols chargée de tabac, de sucre et de vin. Une deuxième (1645-1646) et une troisième (1647-1649) campagnes depuis Nieuw Amsterdam vers les Antilles furent toutes aussi fructueuses. Au retour de cette dernière, au cours de laquelle il avait pillé (1648) Bacalar, au Yucatán, il eut des démêlés avec la justice tant aux Nouveaux-Pays que devant les États généraux des Provinces Unies à propos d'une prise espagnole faite à Cuba en temps de paix. Mais cette dernière, conclue entre l'Espagne et les Provinces Unies, n'empêcha pas Blauvelt de réarmer pour les Antilles. En 1652, toujours sur la Garce, il mettait à sac, une seconde fois Bacalar et probablement le bourg d'Alvarado (Mexique). À partir de cette année-là, il se mit à écumer la mer des Caraïbes sous pavillon français, avec commission du gouverneur de la Tortue, car ses jours à Niew Amsterdam étaient comptés. En effet, pendant presque quinze ans, Blauvelt avait résidé entre ses expéditions dans la colonie néerlandaise où, entre autres, il s'était signalé, par d'honnêtes actions, comme être parrain lors d'un baptême et, ce qui est moins noble mais bien digne d'un corsaire, être impliqué dans une bagarre l'opposant à certains de ses hommes, allant jusqu'à tirer le sabre contre eux, ou encore en se montrant mauvais débiteur. À partir de 1656, il n'est plus mention de lui à Niew Amsterdam. Lors de ses courses précédentes, Blauvelt avait utilisé comme base un havre au sud-est de la Jamaïque, connu encore aujourd'hui sous le nom de Blewfield's Bay, qu'il continua de fréquenter après la conquête de cette île par les Anglais (1655). Mais son lieu de résidence était le cap Gracias a Dios où il vivait maintenant parmi ses amis indiens; une rivière du Nicaragua porte d'ailleurs encore son nom. C'est probablement là qu'il s'était retiré en quittant définitivement Nieuw Amsterdam. À la fin de 1663, commandant une petite barque, il est recensé parmi les flibustiers relevant de la Jamaïque et portant une commission du gouverneur de cette île.

BLÉNAC, le comte de

Charles de COURBON comte de BLÉNAC : administrateur français (Saintonge, 1622 - Fort Royal, Martinique, 10 juin 1696).

Successivement sénéchal de Saintonge, conseiller du roi (1649), capitaine de chevau-légers (1651), maréchal de camp (1656), maître de camp (1658), il poursuivit sa carrière militaire dans la marine royale où il fut nommé (1670) capitaine de vaisseau à Rochefort. Sous les ordres d'Estrées, il fit les campagnes de Tobago, Cayenne et Gorée. Enfin, le 9 mai 1677, il fut été nommé gouverneur général des Isles d'Amérique, fonction dont il prit possession seulement à la fin de l'année. En 1682, il obtint un congé et repassa en France à l'arrivée de l'intendant Bégon, étant de retour à la Martinique deux ans plus tard. À la suite des pressions de l'ingénieur Gémosat et de l'intendant Dumaitz de Goimpy, le Roi lui nomma un successeur (mai 1690) qui n'arriva aux Antilles que l'année suivante. Rétabli dans ses fonctions (novembre 1691), Blénac fut un administrateur actif et entreprenant et, contrairement à ce qu'il avait fait lors de son premier mandat, favorisa les armements de flibustiers de Saint-Domingue, tels que Montauban et Desmaretz. Ses terres avaient été érigées en comté en 1659. Sa femme Angélique de La Rochefoucauld lui donna cinq enfants, dont Louis, deuxième comte de Blénac, qui devint gouverneur général de Saint-Domingue au début du XVIIIe siècle.

BLONDEL, François

François BLONDEL, seigneur des Croisettes : mathématicien, ingénieur et diplomate français (Ribemont, 1618 - Paris, 1686).

Il fit de solides études littéraires et scientifiques et voyagea beaucoup en Europe. Il fut chargé de missions diplomatiques notamment en Égypte et en Turquie. À l'été 1666, il appareilla de La Rochelle dans la flotte du chevalier de Saint-Léon avec mission d'inspecter les fortifications aux Antilles. En avril 1667, il vint à la Tortue où il dressa les plans d'un nouveau fort, plan qui fut mal exécuté. Protégé de Colbert, il entra à l'Académie des sciences et contribua à la création de l'Académie royale d'architecture (1671).

BLOT, le capitaine

Jean BLOT : flibustier français (probablement mort sur l'Orénoque, mai 1684).

Au début de 1679, il commandait une petite frégate de deux canons, avec 44 hommes d'équipage, sous la commission du gouverneur de Saint-Domingue. Croisant devant La Havane, il y rejoignit le capitaine Bréha en compagnie duquel il se rendit aux Bahamas. Là, il captura deux bâtiments espagnols, commandés par Martín de Melgar, lesquels repêchaient les trésors du galion Maravillas qui y avait sombré une vingtaine d'années auparavant. Grâce au pilote et aux plongeurs indiens de Melgar, Blot, son associé et leurs hommes sortirent de l'épave pour 200 000 pièces de huit en barres d'argent. De retour à Saint-Domingue avant la fin de l'année, il fut renvoyé travailler sur l'épave de la Maravillas par le gouverneur Pouancey. Montant désormais l'ancienne frégate de Melgar, La Trinitaria, de deux canons et 80 hommes, il retourna en effet sur l'épave où on le retrouve en avril 1680. Rentré à Saint-Domingue vers septembre de la même année pour y chercher des vivres, il retourna ensuite sur le site de la Maravillas, où en mai 1681 il se trouvait avec sa frégate et trois autres petits bâtiments. Dans la seconde partie de 1682, il échangea son navire La Trinitaria avec celui du capitaine Grogniet nommé La Paloma, puis il fit ensuite la course aux côtes de Cuba et à celles du Honduras, capturant un navire espagnol nommé La Cagona, qu'il échangea contre le sien. Au début de l'année suivante, il se rendit aux îles Caïman où il s'associa avec le capitaine Yankey : les deux se rendirent ensuite au Honduras où il joignirent Van Hoorn et De Graffe, sous les ordres desquels ils participèrent à la prise de Veracruz (mai 1683). Passant par la Jamaïque, Blot rentra ensuite à Saint-Domingue d'où il repartait à la fin de l'année au sein d'une flotte commandée par De Graffe, qui devait aller contre Santiago de Cuba. Mais ce dessein ayant été abandonné, Blot ne semble pas avoir suivi De Graffe à la côte de Carthagène. En tout cas, il retourna à Saint-Domingue, car, dès mars 1684, il en appareillait à nouveau au sein de la flottille commandée par Bernanos, sous les ordres duquel, en mai suivant, il participa à la prise de Santo Tomé, sur l'Orénoque. Il est possible qu'il périt lors de cette descente. En effet, quatre ans plus tard, le gouverneur de Saint-Domingue dira de Blot qu'il était mort. D'autres sources laissent supposer qu'après l'expédition de l'Orénoque il gagna l'île Tortuga, à la côte de Caracas, en compagnie de ses associés Grogniet et Vigneron, et qu'ensuite avec le premier il prit le parti de passer à la mer du Sud par l'isthme de Panama.

BOISSYRAIMÉ, le comte de

comte de BOISSYRAIMÉ : officier français (mort à Saint-Domingue, 15 février 1698).

Lieutenant de vaisseau (1682), il fut nommé gouverneur de Sainte-Croix (1695) puis, lorsque la colonie de cette île fut transférée à Saint-Domingue où il arriva en février 1696, il reçut le titre de gouverneur de Sainte-Croix et du Cap. Durant l'absence de Ducasse en 1697, il commanda toute la partie nord de Saint-Domingue.

BOND, George

George BOND : marin anglais originaire de Bristol (golfe de Panama, 1685?).

Commandant un navire armé à Londres, The Summer Island, il alla acheter (1682) à l'île Saint-Thomas un vaisseau néerlandais qu'il arma en course. Après avoir fait plusieurs prises, dont le Gideon qu'il envoya à Saint-Thomas, Bond se rendit au Cap Vert (1683) où il commit quelques pirateries contre les Portugais. Passant à la côte de Guinée, il s'associa avec le pirate Eaton et se rendit au Brésil à dessein de passer à la mer du Sud par le détroit de Magellan. Son pilote Morton l'ayant quitté pour Eaton, Bond retourna aux Antilles, puis il fit sa soumission aux Espagnols à Puerto Belo. Il monta ensuite un brûlot que ces derniers envoyèrent contre les capitaines Edward Davis et Charles Swan (mars 1685), trouvant probablement la mort lors de son explosion.

BONIDEL

BONIDEL : flibustier français.

Le 4 décembre 1659, ce capitaine obtenait un congé du colonel D'Oyley, le gouverneur militaire de la Jamaïque, pour sortir du port Cagway (future Port Royal), avec commission du même officier pour prendre sur les Espagnols.

BOURDEN, John

John BOURDEN : marchand et planteur anglais.

Établi à la Jamaïque depuis la conquête de l'île sur les Espagnols, il possédait (1670) plus de 2000 acres dans la paroisse Saint Katherine. À ce titre, il fut élu à plusieurs reprises membre de l'Assemblée de la colonie. Capitaine de milice dès la fin des années 1660, il parvint au grade de major puis de lieutenant-colonel. Dans les années 1680, il fut choisi comme membre du Conseil de la Jamaïque. À la suite du tremblement de terre qui dévasta Port Royal, le colonel Bourden succéda à John White comme président du Conseil de la colonie qu'il gouverna à ce titre par intérim (1692-93) jusqu'à l'arrivée de Sir William Beeston.

BRADLEY, Joseph

Joseph BRADLEY : flibustier anglais (mort à Chagres, vers le 16 janvier 1671).

À la fin de 1665, il commandait un bâtiment jamaïquain dans la flotte d'Edward Mansfield et participa, sous les ordres de ce dernier, aux descentes contre Cayo à Cuba (en décembre) et contre Turrialba au Costa Rica (avril 1666) puis à la reconquête de l'île Santa Catalina (Providence) sur les Espagnols. En septembre 1670, accompagné de deux autres corsaires, il ramena, à Port Royal, un ketch anglais, qu'il venait de reprendre aux Espagnols. Le gouverneur Modyford l'envoya ensuite rejoindre Morgan à l'île à Vache où il figura au sein du conseil qui décida, en décembre, de la descente sur Panama. Après la prise de l'île Santa Catalina, il fut envoyé, à la tête de 470 hommes, prendre Chagres. Au cours de l'attaque du fort San Lorenzo, il eut les deux jambes cassées par un boulet, blessure dont il devait mourir quelques jours plus tard.

BRANDT, Bartel

Bartel BRANDT : corsaire zélandais.

Lors de la première guerre anglo-néerlandaise (1652-1654), il commanda en course, de même que son frère Leijn Brandt, contre les Anglais, sous commission de la chambre de Zélande de la Westindische Compagnie. À nouveau, lors du conflit suivant entre les Provinces-Unies et l'Angleterre (1665-1667), il fut capitaine corsaire. Commandant un vaisseau de 34 canons et 150 hommes armé à Flessingue, il vint vers le mois d'avril 1667 faire escale à l'île de la Tortue, où gouverneur Ogeron lui en donna une pour prendre sur les Espagnols. En juin, il croisa entre la Jamaïque et la côte nord de Cuba, où il captura neuf bâtiments anglais, dont deux pinques chargée de marchandises et de 150 000 pièces d'or et d'argent; les sept autres prises étaient des flibustiers anglais, parmi lesquels se trouvait l'ancienne frégate espagnole Nuestra Señora del Carmen montée de 22 canons. Brandt se rendit ensuite au port de Matanzas (nord de Cuba), où il brûla sept de ses prises, donna les deux plus petites à ses prisonniers anglais et reprit la route de l'Europe avec les deux dernières, les plus riches. Il mena celles-ci à Flessingue, son port d'attache, où elles furent vendue le 23 août 1667.

Alexandre Brasdefer

Alexandre Brasdefer : flibustier, probablement espagnol.

Cet aventurier, ainsi surnommé en raison de la force de son bras, montait le Phénix. Il fit une fois naufrage à Boca del Toro (Costa Rica). Son authenticité historique a été mis en doute, car il n'a apparemment pas laissé de trace dans les archives. Or, il est certain qu'il n'était pas Français, puisqu'il s'entretenait en espagnol avec Exquemelin qui a rapporté ce que l'on sait de lui et qui l'aurait guéri d'une blessure considérable.

BRAYNE, William

William BRAYNE : officier anglais (mort à la Jamaïque, 12 septembre 1657).

Il fut envoyé à la Jamaïque pour commander à la Jamaïque avec le grade lieutenant-général. Il fut apparemment le premier gouverneur de l'île à donner des commissions contre les Espagnols aux flibustiers, mais il mourut neuf mois après son arrivée. Ce fut lui qui donna à Elias Watts sa commission pour commander à l'île de la Tortue, que les Espagnols avaient évacuée.

BRÉHA, Pierre

Pierre BRÉHA : flibustier français (Vanes, Bretagne, vers 1650 - Vera Cruz, décembre 1685).

Marin sur le vaisseau du roi Le Bourbon lorsque celui-ci se perdit sur les récifs de l'île d'Avés (mai 1678), avec d'autres navires de l'escadre du comte d'Estrées, il s'embarqua alors avec Grammont qui se rendit piller les établissement espagnols du lac de Maracaïbo. Au retour de cette expédition, il s'établit au Petit-Goâve où il obtint le commandement d'une petite barque pour pêcher la tortue au sud de Cuba, mais il fut attaqué par les Espagnols, qui le blessèrent gravement. Promu capitaine flibustier à Saint-Domingue, dans les premiers mois de 1679, il commandait la frégate Le Saint-François, de deux canons, avec 70 hommes d'équipage avec laquelle il alla croiser devant La Havane. Là, il y rencontra son compatriote Blot, avec lequel il se rendit aux Bahamas et qu'il aida ensuite à repêcher une importante quantité d'argent de l'épave de la Maravillas. Après cette première course, il se fit habitant au Petit-Goâve. En février 1681, il repartait en expédition, commandant cette fois la barque longue La Fortune : il avait dessein de joindre Blot et d'autres flibustiers pour attaquer la capitale de la Floride. Mais, en août, sortant du cap San Antonio (Cuba), il fut arrêté par le marquis de Maintenon qui lui confisqua sa commission, le priva de la majeure partie de ses hommes et ne le relâcha que dans le canal des Bahamas. L'année suivante, il retourna pêcher sur l'épave de la Maravillas et s'associa avec deux capitaines anglais de la colonie des Bahamas, avec lesquels, en janvier 1683, il tenta de retrouver une autre épave se trouvant à l'est de La Havane. Sa flotte étant renforcée aux côtes de Floride par Thomas Paine et deux autres capitaines anglais, Bréha fit descente, en mars, aux environs de la capitale de la Floride, mais il fut repoussé par les Espagnols. À la suite de cet échec, il rentra à Saint-Domingue, d'où il en ressortait en novembre 1683 au sein d'une flotte commandée par Laurens De Graffe qu'il suivit à la côte de Carthagène. Là, après la capture de trois vaisseaux de guerre espagnol, Bréha reçut le commandement de la Diligente, une ancienne prise espagnole faites au Honduras. Bréha se retira ensuite au Petit-Goâve où il joignit une flotte commandée par Grammont qui en appareilla en juillet 1684 à destination de la côte nord de Cuba. Séparé de son chef après plusieurs semaines d'une course infructueuse, Bréha et le capitaine Tocard prirent à leur bord à l'équipage d'un petit bâtiment de leur flotte qui s'était échoué à Cuba. Ensuite, Bréha se rendit aux cayes du sud de cette île, où, par manque de vivres, il pilla des Anglais qui y pêchaient la tortue. Peu après, il s'emparait, après un rude combat, de la Nuestra Señora de Regla, prise qu'il mena au Petit-Goâve en décembre 1684 et dont il fit son nouveau navire de course. En mars suivant, apparemment contre sa volonté, Bréha en appareilla avec à son bord le gouverneur Cussy qu'il mena à l'île à Vache et qui, une fois là, lui ordonna de se placer, à nouveau, sous les ordres de Grammont qui y réunissait une autre flotte. Bréha participa ainsi à la prise de Campêche, en juillet et août 1685. Après cette expédition, il compta au nombre des capitaines qui abandonnèrent ce chef. Mais, au large du cap Catoche, il fut capturé en septembre par l'Armada de Barlovento. Conduit prisonnier avec son équipage à Veracruz, il y fut pendu avec une dizaine de ses hommes.

BREWER, Adam

Adam BREWER : flibustier anglais.

En 1668, il était probablement maître ou officier sur l'un des bâtiments jamaïquains qui participèrent, sous les ordres de Henry Morgan, à la prise de Puerto Belo. À la fin de cette même année, il fut l'un des capitaines qui joignirent le même Morgan à l'île à Vache où, en janvier 1669, il se trouvait à bord de l'Oxford lors de l'explosion de ce navire. Ayant été l'un de ceux qui échappèrent à cette tragédie, il accompagna Morgan dans son expédition contre les établissements espagnols du lac de Maracaïbo. En 1670, il était maître d'un petit bâtiment jamaïquain d'une douzaine de tonneaux, nommé The Intelligence, avec lequel il était probablement engagé dans le commerce du bois de teinture dans la baie de Campêche ou dans la pêche à la tortue à la côte sud de Cuba. En décembre 1671, qualifié de fabricant de voiles à Port Royal, il vendit une partie d'un sloop nommé The Jamaica au lieutenant-colonel Robert Freeman. En 1673, il est recensé encore parmi les habitants de cette ville, cette fois comme marin.

BRIGAUT, Nicolas

Nicolas BRIGAUT : flibustier français (île de Ré, vers 1653 - San Augustin, Floride, juin 1686).

En 1678, ce marin protestant vint aux Antilles à bord d'un navire marchand qui fit naufrage aux environs de Puerto Rico. De là, il gagna Saint-Domingue et s'embarqua sur l'un des navires qui devait la même année participer au pillage des établissements espagnols du lac de Maracaïbo. À une date indéterminée, il joignit la compagnie du capitaine Andresson dont il devint l'un des quartiers-maîtres à bord de la Mutine (1683-1684). Lors de l'escale de ce vaisseau à Boston (août à novembre 1684), il acheta une barque de 40 tonneaux dont il devint le capitaine et sur laquelle il se rendit, en compagnie de son chef Andresson, à l'île Tortuga, à la côte de Caracas. De là. il rentra ensuite à Saint-Domingue d'où il sortit au sein de la flotte de Grammont, qu'il suivit Campêche. Il reçut alors de Grammont le commandement d'une galiote espagnole prise à Campêche, avec 50 hommes d'équipage. Son chef lui ayant ordonné de rentrer à Saint-Domingue pour faire rapport au gouverneur Cussy de leurs dernières aventures, Brigaut vint plutôt rejoindre à l'île de Roatan, aux Honduras. Il suivit ensuite son chef aux côtes de la Floride. Là, au sud de la capitale San Augustin, il échoua sa galiote et fut obligé de l'abandonner. Ses hommes et lui tentèrent d'aller rejoindre Grammont (lequel devait les prendre plus au sud sur la côte), mais ils furent surpris et presque tous massacrés par les Espagnols. Brigaut lui-même et un flibustier noir furent conduits devant le gouverneur Márquez Cabrera à San Augustin, où ils furent jugés puis exécutés pour piraterie.

BRIMACAIN, George

George BRIMACAIN : flibustier et planteur anglais.

Commandant la frégate The Fortune, il reçut le 28 septembre 1662 une commission de lord Windsor, le gouverneur de la Jamaïque, pour prendre sur les Espagnols par droit de représailles. Il fit ainsi partie de la flotte du capitaine Christopher Myngs qui appareilla de Port Royal quelques jours plus tard et qui pilla le mois suivant Santiago de Cuba. Il est possible qu'il participa ensuite, toujours sous les ordres de Myngs, à la prise de San Francisco de Campeche en février 1663. Au mois d'août suivant, il obtenait une deuxième commission du gouverneur de la Jamaïque pour le même navire, armé de six canons, avec un équipage de 70 hommes. Enfin, en février 1664, il recevait sa troisième et dernière commission en course des autorités jamaïquaines, cette fois pour la frégate The Resolution. À chacun des voyages que Brimacain fit en course, le futur gouverneur Thomas Lynch se porta caution pour lui. Ses activités de corsaires semblent l'avoir enrichi puisqu'en 1666 Brimacain est mentionné parmi les flibustiers jamaïquains ayant acquis de belles plantations. Quatre ans plus tard, il était d'ailleurs retiré comme planteur dans la paroisse de Saint Andrew. Le 18 août 1675, il reçut un pardon royal pour le meurtre d'un certain James Furleigh, qu'il avait tué accidentellement à la Jamaïque plus tôt cette même année.

BROUAGE

BROUAGE : flibustier français.

Cet officier était maître à bord du Neptune, le vaisseau de Laurens De Graffe, probablement dès la capture de ce bâtiment par ce capitaine à la côte de Carthagène en décembre 1683. En avril de l'année suivante, vers l'îles des Pins (côte sud de Cuba), il reçut de De Graffe, qui rentra à Saint-Domingue à bord d'une nouvelle prise, le commandement du Neptune, à titre temporaire. Sur ce grand vaisseau de 48 canons, il alla croiser devant La Havane, de conserve avec le capitaine Andresson, commandant la Mutine. Là, en mai 1684, ils capturèrent deux bâtiments de la Westindische Compagnie, De Elisabeth et De Stad Rotterdam, sortis de Curaçao avec 100 000 pièces de huit provenant de la vente d'esclaves à Cartagena et une somme équivalente appartenant aux Espagnols. Brouage et Andresson reçurent ensuite l'ordre de Grammont qui vint croiser aussi devant La Havane, d'aller le rejoindre à l'île Tortuga, à la côte de Caracas. Pendant qu'Andresson allait en Nouvelle-Angleterre, Brouage fit route jusqu'à la hauteur des Bermudes, puis il rentra dans la mer des Antilles. Démâté par un ouragan, il fut obligé de relâcher à Saint-Thomas (l'une des îles Vierges). Le gouverneur de cette colonie danoise, Gabriel Milan, lui vendit chèrement des mâts et le priva même de la rançon d'un religieux espagnol, qui s'était trouvé à bord de l'un des deux vaisseaux néerlandais, en gardant cet hommes auprès de lui. Par la suite, Brouage se rendit à Tortuga où il trouva quelques petits bâtiments revenant d'une expédition sur l'Orénoque et où il fut rejoint par Andresson. Enfin, en janvier 1685, Brouage quitta cette île en compagnie des capitaines Andresson, Lagarde, Rose et Vigneron pour la côte de Caracas. Quelques jours plus tard, De Graffe, sorti récemment du Petit-Goâve sur sa prise, les y rejoignit et reprit le commandement du Neptune.

BROWNE, James

James BROWNE : flibustier écossais (mort à Port Royal, Jamaïque, 5 août 1677).

Vers la seconde moitié de 1675, il appareilla de la Jamaïque comme capitaine d'une navire flibustier sous la commission d'Ogeron, le gouverneur français de Saint-Domingue. Au début de 1677, à la côte de Carthagène, il captura le Gouden Zon, un négrier hollandais, de la cargaison duquel il alla vendre une centaine d'esclaves à des planteurs de la Jamaïque. Mais le gouverneur Vaughan fut informé de la présence de Browne aux côtes de la Jamaïque, et le flibustier dut prendre le large, abandonnant la majorité de ses esclaves. Cependant, en juillet 1677, un flibustier français ramena à Port Royal Browne et huit de ses hommes, lesquels demandèrent à bénéficier de l'amnistie prévue à la nouvelle loi votée par l'assemblée coloniale pour contrer la flibuste. Le gouverneur Vaughan pardonna alors à tous les hommes de Browne, sauf à celui-ci. Le capitaine écossais en appela alors à l'Assemblée, mais le gouverneur demeura ferme dans son refus et il fit exécuter le pirate.

BULL, John

John BULL : marin anglais.

Commandant la frégate The John and Mary, il reçut à la fin septembre 1662 une commission de lord Windsor, le gouverneur de la Jamaïque, pour prendre sur les Espagnols par droit de représailles. Ainsi, il compta sûrement parmi les capitaines qui appareillèrent de Port Royal quelques jours plus tard sous les ordres de Christopher Myngs, qui alla ensuite piller Santiago de Cuba. La commission de Bull étant valide pour six mois, il est possible qu'il participa aussi à la seconde entreprise du capitaine Myngs qui se termina par la prise de San Francisco de Campeche au début de l'année suivante.

BYNDLOSS, le colonel Robert

Robert BYNDLOSS : marchand et planteur anglais (Angleterre, v. 1636 - Jamaïque, 26 juin 1687).

Il arriva, semble-t-il, à la Jamaïque dès 1655 comme chirurgien à bord de l'un des vaisseaux de la flotte de l'amiral Penn. Il est d'ailleurs qualifié de «docteur» en 1660, alors qu'il obtenait un certificat d'exportation de tabac vers l'Angleterre. En effet, très tôt, il vécut à Port Royal principalement de ses activités de marchand. Il devint aussi un grand propriétaire terrien, possédant (en 1670) près de 2000 acres de terre dans la paroisse Saint Catherine et 250 autres dans celle de Clarendon. En 1663, il fut élu membre de la première Assemblée de la colonie. L'année suivante, il fut nommé juge en chef de la colonie par le gouverneur Modyford. Major dans la milice coloniale, il fut aussi promu (1665) commandant des fortifications de Port Royal La même année, il épousa Anna Petronella Morgan, fille du colonel Edward Morgan, gouverneur adjoint de la colonie. Par cette union, il allait devenir (1667) le beau-frère par alliance de Henry Morgan. À partir de 1668, étant devenu lieutenant-colonel de milice, il fut membre du Conseil de la Jamaïque et le demeura pendant une quinzaine d'années. Utilisé par le gouverneur Modyford pour négocier avec les flibustiers (pour certains desquels il s'était naguère porté caution), le colonel Byndloss conserva par la suite des liens étroits avec ces derniers. Sous l'administration du gouverneur Lynch, il participa ainsi à l'armement du capitaine Reeves. Au retour de son beau-frère Morgan comme gouverneur adjoint de la Jamaïque (1675), sa participation dans la flibuste connut un véritable essor. D'une part, en association avec un autre marchand de Port Royal, il devint l'un des armateurs de fameux capitaines tels que Springer et Coxon. D'une autre, il négocia pour ces flibustiers et d'autres pour obtenir commissions françaises, recevant même du gouverneur de Saint-Domingue une procuration pour percevoir auprès des flibustiers qui relâcheraient avec leurs prises à la Jamaïque les droits dus au roi de France. À l'été 1676, accusés d'encourager les flibustiers, Morgan et lui furent interrogés devant le Conseil par le gouverneur Vaughan, qui souhaitait leur destitution. Mais les accusations contre les deux beaux-frères tombèrent, et ils revinrent en grâce auprès du comte de Carlisle qui succéda à Vaughan. Ainsi, en décembre 1679, il fut à nouveau juge en chef de la colonie, et ce jusqu'en 1682. Cependant, en octobre 1683, sous la seconde administration Lynch, il fut destitué du Conseil en même temps que Morgan. Par la suite, il demeura très impliqué dans la contrebande jusqu'à la fin de sa vie. Il mourut avant que le duc d'Albemarle n'ait obtenu du roi sa réintégration sur le Conseil de la Jamaïque.

Figures de Proue : un dictionnaire biographique de la flibuste

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