CARLISLE, le comte de

Charles HOWARD comte de CARLISLE, vicomte HOWARD of Morpeth et baron DACRE of Gillesland : homme politique anglais (février 1629 - mars 1685).

Fils de Sir William Howard et de Mary Evers, il fut à la fin des années 1640 capitaine des gardes du corps de Cromwell, alors commandant en chef des armées du Parlement. Il devint ensuite membre du Conseil d'État. Créé vicomte de Morpeth (1657) par Cromwell devenu Protecteur du royaume d'Angleterre, il n'en fut pas moins fait comte de Carlisle (1661) par le roi Charles II à la Restoration. En 1663 et 1664, il dirigea une ambassade en Russie et en Scandinavie. À cette occasion, il put observer les moeurs des Cosaques, fort similaires à celles des flibustiers qu'il devait apprendre à connaître une douzaine d'années plus tard. En effet, pressenti dès 1674 pour gouverner la Jamaïque, il n'y arriva qu'en 1678. Son gouvernement de la Grande Antille anglaise fut marqué par un conflit avec la Chambre d'assemblée. Et, malgré ses lettres officielles, Carlisle encouragea discrètement les flibustiers. La menace d'une guerre avec la France et ses ennuis d'argent le poussèrent à adoucir la politique de ses prédécesseurs.

CARY, le colonel Theodore

Theodore CARY : officier anglais (mort à la Jamaïque, 1683).

Officier dans l'un régiment de l'armée de Venables, il participa à la conquête de la Jamaïque où il s'établit. En 1664, il remplit une mission de paix à Santo Domingo par ordre du nouveau gouverneur Modyford. En avril de l'année suivante, il accompagna le colonel Edward Morgan comme second dans l'expédition contre les Petites Antilles néerlandaises. Après la mort de Morgan et la prise des îles Saint-Eustache et Saba, il retourna à la Jamaïque, ayant échoué à rallier les flibustiers pour tenter un raid contre Curaçao. Commandant le fort Charles (vers 1670), il était en cette qualité le commandant en chef des fortifications de Port Royal, fonctions qu'il occupa au moins jusqu'en 1675. Il fut aussi élu à quelques reprises membres de l'assemblée coloniale.

CHAMPAGNE

Jean PICART, alias CHAMPAGNE : flibustier français, originaire de Vitry-le-François, en Champagne, d'où son surnom.

Il fit d'abord la course sur un flibustier qui fréquentait la Jamaïque (à partir de 1659). En 1666, commandant son propre navire, il défit un corsaire anglais nommé Morris. À la fin de cette année-là, mouillant à la Tortue, il obtint du gouverneur Ogeron une commission portugaise pour prendre sur les Espagnols. Commandant la petite frégate La Fortune, il se distingua par ses attaques contre les bâtiments espagnols et anglais, notamment par la capture du Hope, de Londres, qu'il prit (novembre 1667) à la tête de seulement 35 hommes. Selon Exquemelin, Champagne reçut ensuite d'Ogeron le commandement de la Cacaoyère, que l'Olonnais avait prise en se rendant à Maracaïbo. Montant ce bâtiment ou un autre, il fut capturé par les Espagnols (vers 1669) qui le gardèrent prisonnier plus de dix ans à Cartagena d'où le comte d'Estrées obtint finalement son élargissement (juillet 1680). Une fois de retour à Saint-Domingue, d'Estrées l'engagea à passer à France avec lui sans que l'on ne sache s'il le fit ou non.

CHAMPAGNE

CHAMPAGNE : flibustier français (probablement mort à Mexico, en 1680 ou 1681).

Portant une commission en guerre contre les Espagnols et les Néerlandais délivrée par le gouverneur de Saint-Domingue, il perdit son petit bâtiment dans la baie de Campêche au début de 1680. Sa quarantaine d'hommes et lui trouvèrent refuge sur une petite île dans la lagune de Términos. Vers avril ou mai, ils y furent pris par la petite armée commandée par Felipe de La Barrera y Villegas, lieutenant de roi de la ville de Campêche. À l'exemple de ce qu'il fit pour les bûcherons et les marins anglais qu'il captura vers le même temps, celui-ci leur promit de les mener à l'île de la Tortue ou une autre colonie française s'ils se rendaient et lui remettaient leurs armes. Champagne et ses hommes s'exécutèrent et furent d'abord conduits à Campêche où ils demeurèrent prisonniers une vingtaine de jours et où sept des leurs périrent. Contre la promesse que les Espagnols leur avaient faite, il furent ensuite mener prisonnier à la Vera Cruz où ils travaillèrent aux fortifications puis à Mexico où ils furent littéralement vendu comme esclaves. Cependant Champagne et quelques uns de ses hommes furent jetés en prison et leurs compagnons présumèrent qu'ils furent empoisonnées. Au moins un des hommes de Champagne parvint à s'échapper, mais après mai 1681 date à laquelle ses camarades et lui adressèrent de Mexico une pétition au consul de France à Cadix pour obtenir leur libération.

CHAPMAN

CHAPMAN : flibustier anglais.

En 1685, il fut accueilli avec un certain Holloway par des habitants de la colonie anglaise de la Caroline. Deux ans plus tard, les seigneurs propriétaires de cette colonie se plaignirent de l'accueil que leurs administrés avaient réservé à ces pirates. Cependant, Chapman et Holloway pourraient être des surnoms utilisés respectivement par les capitaines Sharpe et Markham qui firent escale en Caroline au retour de la prise de Campêche, cette même année.

Charles

Charles : flibustier français.

Commandant la barque Le Lion, armée de trois canons, avec 40 hommes d'équipage, il joignit à l'île à Vache, à la fin de 1670, la flotte de l'amiral jamaïquain Henry Morgan, sous les ordres duquel il participa à l'entreprise de Panama. Il pourrait être identifié à Charles Lemaire, ancien flibustier, qui devint planteur et mourut à Saint-Domingue en 1694. Certains auteurs assurent cependant que son nom véritable était Charles Lolive et qu'il fut tué par les Espagnols de Saint-Domingue en 1673.

CHEVALLIER, Pierre

Pierre CHEVALLIER : marin français (mort au Petit-Goâve, 16 juillet 1676).

Capitaine du navire nantais Le Saint-René, il trouva la mort lors du raid de l'escadre de Binckes dans la rade du Petit-Goâve.

CLARKE, Thomas

Thomas CLARKE : marchand et marin anglais.

Vers 1665, ce capitaine marchand résidait à la Jamaïque et fit quelques voyages de contrebande à la côte de Carthagène. Au début de 1667, il se trouvait à l'île de la Tortue, ayant été chargé par le gouverneur de la Jamaïque d'essayer d'attirer discrètement au service de l'Angleterre certains flibustiers français, dont le fameux François l'Olonnais. L'affaire fut découverte par le gouverneur de la Tortue qui ne sévit cependant pas contre Clarke, lequel put rentrer paisiblement à la Jamaïque. L'année suivante, reconverti lui-même en corsaire, il compta parmi les capitaines qui appareillèrent de la Jamaïque sous les ordres de Henry Morgan, participant ensuite aux prises de Puerto Principe (Cuba) et Puerto Belo. En 1669, il commandait à la Jamaïque un petit bâtiment de traite ou de pêche nommé The Betty. En 1682, vivant toujours à Port Royal, il négocia le retour du capitaine flibustier Thomas Paine à la Jamaïque, intervenant auprès du gouverneur Lynch en faveur de ce flibustier.

CLOSTRÉE

CLOSTRÉE : flibustier français.

À la fin de 1663, ce capitaine, dont l'île de la Tortue était le port d'attache, croisait avec une commission française et une autre du gouverneur de la Jamaïque.

COBHAM, Nathaniel

Nathaniel COBHAM : marin anglais.

En avril 1665, il commandait le brigantin The Susanna, de deux canons, avec une trentaine d'hommes d'équipage, dans la flotte qui appareilla de la Jamaïque sous les ordres du gouverneur adjoint Edward Morgan en prévision d'une expédition contre les colonies néerlandaises des petites Antilles. Au début de juin, après le départ de cette flotte de son rendez-vous de l'île des Pins, en se rendant dans la baie de Matanzas (Cuba), Cobham et le capitaine Bamfield furent séparés de leurs associés devant La Havane. À la différence de Bamfield, le capitaine Cobham ne semble pas avoir rejoint le reste de la flotte dans les Petites Antilles. Toutefois, il était de retour à la Jamaïque avant la fin de l'année.

COLBERT, le ministre Jean-Baptiste

Jean-Baptiste COLBERT : homme d'État français (Reims, 29 août 1619 - Paris, 6 septembre 1683).

Fils de Nicolas Colbert sieur de Vandières, un drapier anobli en 1595, il exerça diverses fonctions auprès des grands commis du royaume dans les années 1640. À partir de 1651, il servit comme intendant le cardinal Mazarin, dont il géra la fortune personnelle et qui, à sa mort, le recommanda personnellement au roi Louis XIV. Colbert devint ainsi intendant des Finances (1661) puis de la Marine (1663). Il se hissa ensuite à la tête de l'administration royale, y cumulant les emplois : surintendant des bâtiments du Roi (1664) et contrôleur général des Finances (1665), il fut nommé en 1669 secrétaire d'État à la maison du Roi et à la Marine, laquelle il réforma. De plus, depuis 1661, il était ministre au Conseil d'État. En 1657, Colbert avait acheté la baronnie de Seigneley que le roi érigea en marquisat en 1668. Mais Colbert refusa toujours de porter le titre de «marquis de Seigneley», lequel fut toutefois porté du vivant du ministre par son fils aîné et homonyme.

COLLIER, le major Anthony

Anthony COLLIER : officier et planteur anglais.

Ce capitaine d'infanterie ou de milice, reçut en décembre 1660 un terrain à Port Royal qu'il partagea avec le lieutenant John Edgoose. Quelques années plus tard, il devint capitaine corsaire à la Jamaïque. RENDU ICI.

COLLIER, Edward

Edward COLLIER : flibustier anglais.

Commandant la frégate The Relief, il mena, en septembre 1667, à Port Royal une prise espagnole, La Nuestra Señora de la Concepcion y San Jose. L'année suivante, il fut l'un des capitaines de la flotte de Henry Morgan laquelle s'empara de Puerto Principe à Cuba puis de Puerto Belo. En octobre 1668, il se vit confier le commandement de la frégate Oxford, armée 34 canons, par le gouverneur Modyford. Avec environ 180 hommes d'équipage, il se rendit à l'île à Vache, où il se saisit du Cerf-Volant, un corsaire français. Après cette capture et un conseil de guerre tenu à bord de l'Oxford tenu par l'amiral Morgan et ses capitaines, dont Collier, ce vaisseau explosa (janvier 1669), entraînant dans la mort la majorité de son équipage. Après cette tragédie, Collier retourna à la Jamaïque au commandement de sa prise française qui fut rebaptisé The Satisfaction. Dès février, avec ce navire, Collier repartait en course aux côtes de la péninsule du Yucatan. De retour à Port Royal (août 1670) après une croisière de 18 mois, il joignit la flotte de Morgan, qui fit de la Satisfaction son navire-amiral. Durant le séjour de la flotte à l'île à Vache, Collier alla piller La Rancheria et Rio Hacha. Mais il perdit la Satisfaction sur un récif à l'entrée de la rivière Chagres (janvier 1671). Lors de la bataille de Panama, il aurait tué un religieux espagnol qui lui avait demandé quartier. En avril 1672, craignant de partager le sort de Morgan, il vendit tous ses biens puis il quitta la Jamaïque : en 1670, il était pourtant l'un des plus importants planteurs de la paroisse Clarendon avec 1020 acres de terre; la même année, le major Anthony Collier, probablement un parent, siégeait sur le Conseil de cette île.

CONSTANT, Pieter

Pieter CONSTANT : marin zélandais originaire de Flessingue.

En compagnie de son compatriote Marcusz, il vint mouiller (mai 1670) au Petit-Goâve sur des bâtiments appartenant à la famille Lampsin. Marcusz et lui proposèrent aux colons français de s'affranchir de la tutelle de la Compagnie des Indes occidentales qui leur refusait le commerce avec les étrangers. Après que les deux capitaines zélandais eurent vendu leurs marchandises à très bas prix, les habitants (à la Tortue, à Nippes, au Rochelois et au Petit-Goâve) se révoltèrent; et ce fut à bord du navire de Constant que fut brièvement détenu Renou, l'un des adjoints du gouverneur Ogeron. En décembre 1672, Constant gouvernait la colonie hollandaise de l'île Tobago, qu'il dut alors remettre à une troupe anglaise venue de la Barbade qui y fit descente. En décembre 1673, montant alors la Salamander, il comptait au nombre des corsaires de Flessingue croisant au large de Cadix. Les 15 et 16 juillet 1676, il commanda les cinq vaisseaux de la flotte de l'amiral Binckes qui prirent et détruisirent des navires français mouillant dans la rade du Petit-Goâve. Lors de l'attaque du comte d'Estrées contre Tobago en mars 1677, Constant montait le Zeelandia, de 44 canons et 118 hommes. Sérieusement blessé après la bataille, il fut envoyé par Binckes en Hollande pour demander du renfort.

CONWAY, Edward

Edward CONWAY : marin anglais.

Commandant le navire marchand The Prosperous, il quitta l'Angleterre à destination de la colonie de Pennsylvanie en 1685. Faisant escale aux Bermudes, il aida le capitaine Sharpe à venir à bout d'une sédition des habitants contre le gouverneur Cony au début de l'année suivante.

CONWAY, Jeremiah

Jeremiah CONWAY : marin anglais.

En janvier 1683, il commandait une petite frégate de six canons, avec une trentaine d'hommes d'équipage, qu'il avait armé à l'île New Providence, aux Bahamas, dont il était un résident. Il en était d'ailleurs sorti ce même mois en compagnie de son compatriote George Young et du flibustier français Bréha à dessein d'aller repêcher l'argent de l'épave d'un vaisseau espagnol qui avait sombré à l'ouest de La Havane, à la côte nord de Cuba. Cette entreprise ayant échoué, il participa en mars suivant à la descente manquée contre San Agustín, en Floride, sous les ordres de Bréha.

CONY, le colonel Richard

Richard CONY : administrateur colonial anglais.

Premier lieutenant-gouverneur aux Bermudes pour le roi d'Angleterre (1684), le colonel Cony dut affronter, dès juin 1685, une sédition de son Conseil et d'une partie des habitants, qui voulaient le destituer. Grâce à l'aide des capitaines Bartholomew Sharpe, John England et Edward Conway, il réussit provisoirement à contrôler la situation (fin 1685 et début 1686). En 1687, il fut remplacé par sir Robert Robinson.

COOK, John

John COOK : flibustier anglais natif de l'île Saint-Christophe (mort dans le golfe de Nicoya, juillet 1684).

D'abord maître d'un petit bâtiment marchand, il dut abandonner celui-ci, en 1679, à l'île Bonaire pour échapper aux Espagnols. Il joignit ensuite l'équipage d'un flibustier qui se retrouva ensuite au rendez-vous de l'île d'Or en avril 1680. Cook fut ainsi l'un des quelque 330 flibustiers anglais qui passèrent à la mer du Sud, par l'isthme de Panama. En avril 1681, il fut toutefois l'un de ceux qui se séparèrent de leur chef, Bartholomew Sharpe pour retourner aux Antilles par l'isthme de Panama. À son retour, il navigua successivement sous les ordres des capitaines Wright et Yankey dont il devint le quartier-maître. À l'île à Vache, ce dernier lui donna le commandement d'une prise, mais les Français de Saint-Domingue la lui enlevèrent sous prétexte qu'il n'avait pas de commission. Avec une dizaine des siens, Cook s'embarqua avec le flibustier français Tristan, dont ils volèrent la barque lors d'une escale à Nippes, à la côte ouest de Saint-Domingue. Ayant repris le reste de ses gens à l'île à Vache, il captura deux bâtiments français dont il en conserva un qu'il rebaptisa the Revenge. Arrivé en Virginie en avril 1683, il en repartait quelques mois plus tard à la tête de 70 hommes puis mettait le cap vers l'Afrique. À l'embouchure de la rivière de Sierra Leone, en novembre, il prit un grand navire danois qu'il échangea contre le Revenge et rebaptisa Batchelor's Delight. Le mois suivant, il appareilla pour la mer du Sud, où il entra en mars 1684, par le détroit de Magellan. Il s'associa ensuite avec le pirate Eaton, avec lequel alla à l'île Juan-Fernández. Cook toucha ensuite aux îles Lobos et aux Galapagos. Déjà malade, il mourut à bord du Batchelor's Delight, près du cap Blanco, dans le golfe de Nicoya.

COOKE, Edmond

Edmond COOKE : marin anglais.

Maître de la pinque Virgin commerçant entre la Jamaïque et l'Angleterre, il fut pris en mai 1673 par trois corsaires espagnols au large de Cuba. Au cours des années suivantes, il tenta, tant en Angleterre qu'en Espagne, d'obtenir réparation pour la perte de son navire, mais en vain. En 1679, il retourna à la Jamaïque et devint flibustier : il pilla alors une barque chargée de cacao à la côte de Cuba. Au début de 1680, Cooke fut séparé d'une flotte de son compatriote Coxon, à laquelle il s'était joint, qui alla, sans lui, piller Puerto Belo. Il retrouva cependant ses associés quelque temps après. Ensemble, ils allèrent caréner leurs navires à Boca del Toro, puis revinrent à la côte de Panama. Ainsi, en avril 1680, Cooke fut l'un des chefs de la première expédition des flibustiers en mer du Sud, qui y passèrent en traversant l'isthme de Panama. Après la bataille de l'île Perico, le mois suivant, à laquelle il ne participa pas, il reçut le commandement de l'un des navires pris à cette occasion. Cependant son équipage le lui enleva peu après. Cooke n'obtint plus jamais ne commandement parmi les flibustiers. Il retourna aux Antilles par l'isthme de Panama au sein d'un petit groupe qui se sépara du capitaine Sharpe en avril 1681. Par la suite, il revint piller les Espagnols au Chili et au Pérou et sur les côtes pacifiques de l'Amérique centrale et du Mexique, à bord du Batchelor's Delight, commandé par John Cook puis par Edward Davis.

CORNELISSON, John

Jan CORNELISSEN : marin néerlandais.

Au début de 1683, commandant le brigantin Delaware Merchant armé à New York et appartenant à l'armateur Frederick Philipps, il pêchait sur l'épave de la Maravillas (dans les Mimbres, au Bahamas) en compagnie d'autres bâtiments de la Nouvelle-Angleterre. Lorsque le flibustier Bréha et quelques autres bâtiments armés à New Providence vinrent se joindre à eux, Cornelissen décida de se joindre à eux et les accompagna dans leur entreprise contre la capitale de la Floride qui se solda par un échec. Il se retira ensuite à New York où son armateur lui intenta une poursuite.

COSTING, Henry

Henry COSTING : flibustier anglais.

En 1664, ce capitaine, portant commission de l'ancien gouverneur de la Jamaïque, lord Windsor, captura le San Miguel y Santo Domingo. Il mena cette prise à Port Royal où, en juillet de cette année-là, elle lui fut adjugée par le nouveau gouverneur Modyford. Quelques années plus tard, commandant un petit bâtiment de deux ou trois canons, il captura un autre navire espagnol de 200 tonneaux, transportant pour quarante à cinquante mille livres en marchandises, prise qu'il mena à Port Royal en novembre 1668.

COURT, Rudolph

Rudolph COURT : flibustier néerlandais originaire de Flessingue.

Portant en 1668 commission du gouverneur de l'île de la Tortue pour prendre sur les Espagnols, ce capitaine joignit ensuite la flotte du jamaïquain Henry Morgan, sous les ordres duquel il participa à la prise de Puerto Belo.

COUSTARD, Guy

Guy COUSTARD : aventurier français (Angers, 1653 - Saint-Domingue, 1698).

Fils de Jean Coustard, un échevin d'Angers, il passa à Saint-Domingue à l'âge de douze ans. Devenu flibustier, il fit fortune à ce métier, mais y perdit la main gauche. Capitaine de milice (1685), il siégea également au Conseil Supérieur du Petit-Goâve dès sa création. En 1691, il épousa Jeanne Bertrand, native de la Tortue. Habitant la paroisse de l'Ester, il s'y illustra en aidant à repousser un raid anglais (octobre 1694). Par la suite, il participa à la prise de Cartagena en 1697.

COX, John

John COX : flibustier anglais originaire de la Nouvelle-Angleterre.

Matelot de Bartholomew Sharpe, lorsque celui-ci devint général des flibustiers en mer du Sud (juin 1680), il fut nommé capitaine d'une prise espagnole de 100 tonneaux, rebaptisée The Mayflower, au commandement de laquelle il succéda à Edmund Cooke et qui fut perdue quelques mois plus tard. En janvier 1681, il fut à l'origine de la destitution de Sharpe et de la nomination de Waitling comme capitaine de la Holy Trinity. Cox retourna néanmoins aux Antilles, via le détroit de Magellan, puis en Angleterre avec Sharpe. Il écrivit une relation de leurs aventures en mer du Sud.

COXON, John

John COXON : flibustier anglais (mort après 1695).

Il vécut probablement aux Bermudes avant de s'établir à la Jamaïque dans les années qui suivirent la conquête de cette île par les Anglais. Il travailla, de 1669 à 1674, dans le commerce du bois de teinture, commandant de petits navires faisant la navette entre la baie de Campêche et la Jamaïque, son port d'attache. En novembre 1675, il devint capitaine corsaire croisant sous commission française du gouverneur de Saint-Domingue pour prendre sur les Espagnols et les Néerlandais : son principal armateur était alors le colonel Byndloss, membre du conseil de la Jamaïque. En juin 1676, en compagnie de quatre autres flibustiers, il pilla la petite cité côtière de Maracaïbo, puis il rallia la Jamaïque, d'où il dut aussitôt repartir car le gouverneur Vaughan lui fit donner la chasse comme pirate. Il passa alors à Saint-Domingue où il joignit probablement la flotte du marquis de Maintenon, qu'il dut accompagner lors de son expédition au Venezuela. S'étant séparé de la flotte du marquis, il pilla en juillet 1677 le port de Santa Marta, avec quatre autres capitaines. Le mois suivant cet exploit, il rentra avec ses associés à la Jamaïque où il fit sa soumission au gouverneur Vaughan, auquel il livra même l'évêque de Santa Marta que ses associés et lui avaient fait prisonnier pour obtenir une rançon. En dépit de l'aministie que lui accorda Vaughan, Coxon n'en revint pas moins à la flibuste. Ainsi, à l'été 1679, il participa au pillage des entrepôts espagnols des Honduras et revint à la Jamaïque où il ne fut apparemment pas inquiété par le nouveau gouverneur Carlisle. Appareillant de Port Morant (partie orientale de la Jamaïque) dans les premiers jours de l'année suivante à la tête d'une petite flotte de flibustiers anglais, il alla faire descente à Puerto Belo, dont il pilla les faubourgs en février 1680. Après cette entreprise, il s'empara d'un vaisseau espagnol qu'il échangea ensuite contre la barque qu'il montait alors. En avril, il conduisit une troupe d'environ 300 flibustiers à travers l'isthme de Panama, pour aller piller les Espagnols en mer du Sud, sur la côte pacifique de l'Amérique du Sud. Mais, après la bataille de l'île Perico contre une petite flotte espagnole, critiqué par plusieurs et lui-même déçu de cette expédition, il retourna aux Antilles par le Panama. Chassé au large de la Jamaïque par le HMS Hunter et déclaré hors-la-loi, Coxon fut éloigné de la colonie pendant deux ans, qu'il passa en croisières peu fructueuses aux côtes de Panama et de la Floride. En juin 1682, il fit cependant sa soumission à Sir Thomas Lynch, le nouveau gouverneur de la Jamaïque. De celui-ci, il reçut alors une commission pour donner la chasse aux pirates, tant anglais que français, qui troublaient alors le commerce maritime de la colonie. Mais, dès novembre 1683, Coxon était redevenu un pirate lui-même : en association avec son vieil associé Sharpe et le capitaine Yankey, il s'attaqua à la navigation espagnole aux côtes orientales du Yucatan et aux Honduras. En janvier 1686, il se rendit au gouverneur Molesworth et fut jugé pour piraterie, ayant alors quelques sympathisants au sein du jury. Emprisonné à Port Royal, il parvint à s'en évader en mars suivant. Alors qu'il était établi parmi les bûcherons anglais de la baie de Campêche, un autre mandat d'arrestation fut émis contre lui en novembre. S'étant rendu aux autorités jamaïquaines en septembre 1688 et ayant été relâché avec assez de butin, il acheta apparemment un sloop pour aller commercer avec les Mosquitos. Durant la guerre de la ligue d'Augsbourg (1688-1697), Coxon fut employé tantôt comme pilote tantôt comme corsaire par le gouverneur de la Jamaïque, participant notamment à deux descentes contre la colonie française de Saint-Domingue (1691 et 1695). Il semble avoir fini ses jours au Honduras, parmi les Indiens.

CURSON, William

William CURSON : marin anglais.

Commandant un sloop lors de l'expédition de Panama (1670), il fut renvoyé à la Jamaïque après la prise de Chagres et en revint avec le colonel Bledry Morgan à son bord.

CUSSY, le sieur de

Pierre Paul TARIN sieur de CUSSY : officier français originaire de Beaufort-en-Vallée (mort à Limonade, 21 janvier 1691).

Fils de l'écrivain Jean Tarin qui fut lecteur du roi Louis XIII, il partit pour l'île de la Tortue et Saint-Domingue vers le milieu des années 1660 en compagnie de Bertrand Ogeron, dont il devint l'un des proches collaborateurs. Il compta rapidement parmi les officiers de celui-ci à Saint-Domingue puisqu'en septembre 1670, lors d'un séjour à Corné (Anjou), il est dit «commandant pour le roi» dans cette colonie. En avril 1675, il reçut d'Ogeron le commandement en chef des flibustiers de Saint-Domingue pour une expédition contre Puerto Rico, à dessein d'y délivrer des Français prisonniers des Espagnols, laquelle se révéla un échec. Après et avant cette entreprise, Cussy alla à la Jamaïque en compagnie du capitaine Springer et négocia avec le gouverneur adjoint Henry Morgan et le colonel Byndloss la participation des flibustiers anglais croisant sous pavillon français. Entretemps, Ogeron qui repartait en France lui avait donné le gouvernement par intérim de l'île de la Tortue. À la mort d'Ogeron, le neveu de celui-ci, le sieur de Pouancey, fut pourtant préféré à Cussy comme gouverneur de la colonie. Le navire qui porta cette nomination à Saint-Domingue en juin 1676 avait aussi la commission faisant Cussy l'adjoint de Pouancey avec le titre de lieutenant. Parent du comte de Frontenac, ancien gouverneur du Canada, Cussy obtint finalement le gouvernement de Saint-Domingue (septembre 1683) à la suite du décès de Pouancey. Débarqué au Petit-Goâve au printemps 1684, en provenance de France, il travailla à ramener dans la colonie les flibustiers qui en avaient été chassés par les mesures de son prédécesseur Franquesney : il attira, entre autres, le fameux Laurens De Graff au service de la France. Mais, dès juillet 1685, à l'occasion de la saisie du navire de Michel Andresson, il publiait une ordonnance qui défendait à tout Français de la colonie de faire la course, sous peine de punition corporelle et de confiscation des biens, puis une autre interdisant aux officiers du roi et de milice de laisser sortir tout bâtiment sur lequel se trouvera plus de huit hommes. De nouvelles instructions royales obligèrent, en effet, Cussy à donner la chasse aux flibustiers (1687-1690). À l'annonce de la guerre avec l'Angleterre et l'Espagne, il se plaignait que l'efficacité de sa politique le prive du concours de ces gens de guerre. En 1690, il commanda personnellement la prise de la ville de Santiago de los Caballeros. L'année suivante, en représailles, 3000 Espagnols se présentèrent dans la plaine de Limonade. Au cours du combat qui s'en suivit, Cussy trouva la mort, partageant le sort de 300 autres Français. De son vivant et après sa mort, il fut vivement critiqué pour l'appui qu'il donna aux marchands malouins qui venaient traiter directement avec les Espagnols de Santo Domingo au détriment des plus pauvres des colons français qui survivaient de ce négoce. Son cadavre et celui de Franquesney, à demi-putréfiés, furent inhumés à la chapelle de Limonade le 5 février 1691 par le major La Boulaye.

Figures de Proue : un dictionnaire biographique de la flibuste

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