MADÈRE, le capitaine

Philippe DEMESOILE, alias MADÈRE : flibustier français.

Il participa au voyage en mer du Sud, entrepris par une partie des flibustiers de Saint-Domingue au début de 1685, sous le commandement des capitaines Cachemarée, Lescuyer, Rose, Le Picard et Desmarais. Il revint aux Antilles en traversant les Honduras en avril 1688, et compta au nombre de la cinquantaine de flibustiers français qui passèrent du cap Gracias a Dios à Port Royal (Jamaïque). Là, Demesoile et ses camarades furent arrêtés par Stephen Lynch, l'agent de sir Robert Holmes, chargé de supprimer la flibuste dans les colonies britanniques. Privé de sa part de butin par Lynch, il parvint à regagner Saint-Domingue d'où il arma un petit vaisseau pour se dédommager aux dépens des Anglais de la perte qu'il avait subi à la Jamaïque. En octobre 1688, il captura ainsi le sloop Friendship, commandé par Robert Tapley. La France et l'Angleterre étant entrées en guerre l'une contre l'autre quelques mois plus tôt, l'action de Demesoile se trouva justifiée. Mais, au printemps 1691, commandant un brigantin de huit canons et de 66 hommes, il fut capturé à la côte de Cuba par une flottille jamaïquaine comprenant les HMS Guernsey et Swan.

MAGGOT, Thomas

Thomas MAGGOT : flibustier anglais.

En décembre 1679, il commandait l'un des six petits bâtiments mouillant à Point Negril, auxquels le gouverneur de la Jamaïque avait accordé la permission d'aller charger du bois de campêche aux Honduras. Mais, à l'exemple des autres capitaines de ces navires, il participa à la prise de Puerto Belo (février 1680) puis garda, à l'île d'Or, avec Allison, les navires des flibustiers passés à la mer du Sud sous la conduite des Sharpe, Coxon, Harris, Cooke et Sawkins. En juin 1680, croisant au large de la Jamaïque avec Coxon et Allison, il dut apparemment abandonner sa barque au HMS Hunter qui leur avait donné la chasse et s'embarquer avec Coxon.

MAINTENON, le marquis de

Charles François d'ANGENNES, marquis de MAINTENON : marin français (Chartres, 5 décembre 1648 - Martinique, avant avril 1691).

Fils de feu Louis marquis de Maintenon et de Marie Le Clerc du Tremblay, il était enseigne de vaisseau à Toulon en 1669 et arriva aux Antilles, l'année suivante, sur le petit navire du roi La Sibylle, qu'il commanda (1672-1673) au décès de son capitaine. En 1673, revenant de l'expédition de Curaçao en compagnie du gouverneur général Baas, il fut envoyé reprendre des bâtiments anglais mouillant à la côte de Saint-Domingue et qu'avaient abandonnés là un flibustier néerlandais. L'année suivante, il était capitaine corsaire et mena quelques prises espagnoles à Saint-Domingue et à la Jamaïque, puis il se retira en France. En octobre 1675, commandant une frégate de 24 canons, il appareillait de Nantes pour un second voyage en course dans la mer des Antilles. Dans la seconde partie de 1676, il réunit à Saint-Domingue une dizaine de bâtiments flibustiers, portant au total 800 hommes. Avec cette flotte, au début de 1677, il attaqua et s'empara de la capitale de l'île Margarita et de Nueva Valencia à la côte de Cumana, ce qu'il fit sans grand profit. Il vint désarmer sa frégate au Petit-Goâve mais son équipage l'y saborda (mai 1677) pour éviter qu'elle tombe aux mains d'une escadre néerlandaise. En 1679, il servit de pilote à l'escadre du comte d'Estrées, et il repassa ensuite en France. La même année, il avait été nommé gouverneur de Marie-Galante. En 1681, il appareillait de France au commandement du navire du roi La Sorcière pour nouer des relations commerciales en Amérique avec les colonies espagnoles, ayant obtenu le monopole du commerce français avec les Espagnols du Venezuela : durant cette croisière, il confisqua les commissions de certains flibustiers relevant de Saint-Domingue. En 1685, il fut démis de son poste de gouverneur de Marie-Galante, où il n'avait résidé que quelques mois en cinq ans, et il se retira ensuite à la Martinique où ils possédaient des terres.

MALHERBE, Abraham

Abraham MALHERBE : flibustier français.

En avril 1665, il commandait une galiote armée d'un canon dans la flotte qui appareilla de la Jamaïque sous les ordres du gouverneur adjoint Edward Morgan pour un expédition contre les colonie néerlandaises des Petites Antilles. Après la prise des îles Saint-Eustache et Saba, il rentra à la Jamaïque. En 1666, il était l'un des deux capitaines français de Saint-Domingue (le second étant Le Gascon) qui servaient les Anglais de la Jamaïque.

MANSFIELD, Edward

Edwaert MANSVELDT : flibustier néerlandais (mort à La Havane, 1666) connu en anglais sous le nom d' Edward MANSFIELD.

Il est possible qu'il fréquenta l'île Providence avant 1642 puis celle de la Tortue après cette date, peut-être déjà comme capitaine flibustier. Le 14 décembre 1660, il obtenait un congé du colonel D'Oyley, le gouverneur militaire de la Jamaïque, pour sortir du port Cagway (future Port Royal), avec commission du même officier pour prendre sur les Espagnols. En 1663, commandant un brigantin, il participa à l'expédition de Campêche sous les ordres du capitaine Myngs. En novembre 1665, il commanda lui-même une flottille qui planifiait une attaque contre quelques cités cubaines; des envoyés du gouverneur de la Jamaïque tentèrent de le persuader de porter la guerre contre les colonies néerlandaises, notamment celle de l'île Curaçao, mais en vain puisque, sous commission portugaise, délivrée par le gouverneur de la Tortue, Mansfield, à la tête de quelque 300 hommes, pilla et brûla Cayo et Santo Spirito, dans l'île de Cuba le mois suivant. Au début de l'année suivante, Mansfield fit descente au Costa Rica, prenant, avec 600 hommes, Turrialba mais devant renoncer à son objectif, Cartago (avril 1666). Ayant encore sous ses ordres 200 hommes, il prit l'île Santa Catalina (mai 1666). Il relâcha ensuite à Port Royal (juin) où il offrit sa conquête au gouverneur. Il repartit peu après en course, mais il fut capturé par un navire de guerre cubain d'une force supérieure au sien: ses hommes et lui furent mis à mort par ordre du gouverneur, celui-là même qui, selon un historien, fit exécuter plus de 300 pirates en deux ans. Modyford appelait Mansfield «le vieux bonhomme» ce qui laisse supposer qu'il avait une soixantaine d'années au moment de sa mort.

MARCUSZ, Pieter

Pieter MARCUSZ : marin zélandais originaire de Flessingue.

Croisant de conserve avec son compatriote Constant, il se rendit à la côte Saint-Domingue en 1670 et suscitèrent la révolte des habitants contre M. d'Ogeron et la Compagnie des Indes occidentales. En 1673, il montait le Ram, de 36 canons et 160 hommes, faisant partie de la flotte corsaire de Flessingue qui se trouvait alors aux larges des côtes espagnoles.

MARKHAM, John

John MARKHAM : flibustier anglais (mort à île du Prince, golfe de Guinée, 1687).

En 1680, il fut l'un des 330 flibustiers anglais qui passèrent à la mer du Sud par l'isthme de Panama sous la conduite des capitaines Coxon et Harris. Après cette expédition, il semble s'être retiré en Caroline d'où il arma un petit bâtiment. Ainsi, en mars 1683, il rejoignit aux cayes de la Floride le flibustier français Bréha et quelques autres capitaines anglais, avec lesquels il se rendit ensuite sur l'épave du galion Maravillas dans les Bahamas. De là, il se rendit avec ses associés, sous le commandement de Bréha, tenter une descente contre San Augustin, la capitale de la Floride. Après leur retraite devant cette ville et le pillage de quelque petit bourg de la Floride, il retourna avec son compatriote Thomas Paine et Bréha aux Bahamas, où le gouverneur anglais tenta en vain de les appréhender. L'année suivante, il semble avoir joint la flotte du capitaine Handley, qui appareilla de New Providence au printemps 1684 à destination des côtes de la Floride. En avril 1685, il joignit la flotte de Grammont à l'île à Vache, commandant alors un bateau de six canons et 40 hommes. Ensuite, lors de l'escale à l'île d'Or (Panama), il complota alors avec les capitaines Sharpe et Tristan pour inciter les flibustiers à passer à la mer du Sud. Mais Grammont ayant contrecarré leurs plans, Markham dut participer à la prise de Campêche (1685). Après cette entreprise, il quitta Grammont et alla relâcher en Caroline. En 1686, appareillant de Caroline, il remonta jusque dans les parages de Terre-Neuve où il pilla quelques navires français. Voulant aller piller les Espagnols du Rio de la Plata puis faire la course dans le Pacifique, il se rendit aux côtes d'Afrique. Faisant alors escale à l'île du Prince, il fut tué avec la moitié de ses gens par les Portugais de cette colonie; les survivants se joignirent ensuite à un certain capitaine Eatey, probablement le pirate John Eaton.

MARQUAND, le capitaine

MARQUAND : colon français.

Capitaine de milice au Cap depuis 1680, il devint membre du Conseil supérieur de Léogane (1686). En 1680, il avait été le chargé de pouvoir de la veuve du calviniste Gobin, lequel s'était établi au Cap, l'un des premiers, avec le flibustier Pierre Lelong (1670).

MARTIN, David

David MARTEN : flibustier néerlandais.

Depuis au moins 1651, il servit sur des bâtiments corsaires ou marchands croisant dans la mer des Antilles. Il obtint probablement son premier commandement comme flibustier quelques années après la conquête de la Jamaïque par les Anglais. En effet, en 1663, il reçut du gouverneur de cette île une commission pour prendre sur les Espagnols montant alors la barque The Charity. Sur ce petit bâtiment de 25 tonneaux avec 43 hommes d'équipage, il s'associa (vers janvier 1665) à Henry Morgan et quelques autres capitaines anglais, avec lesquels il pilla deux bourgs sur la rivière Tabasco, la ville de Trujillo (Honduras) et enfin celle de Granada (au lac de Nicaragua). Après cette expédition (vers août 1665), ayant à son bord quelques Indiens du Nicaragua qui s'étaient alliés aux flibustiers, Marten jugea préférable de ne pas rentrer à la Jamaïque, où il croyait être mal reçu en raison de l'état de guerre régnant alors entre l'Angleterre et les Provinces Unies. Il préféra se retirer à l'île de la Tortue chez les Français. Mais, avant le mois de novembre 1665, il se trouvait à la Guadeloupe où il fournit des informations sur le Yucatán et les Honduras au gouverneur du Lion. Toutefois, dès le début de l'année suivante, il pourrait avoir joint la flotte de son compatriote Mansfield qui fit descente au Costa Rica puis reprit l'île Providence aux Espagnols. Il relevait alors bel et bien de la Tortue, puisque en août 1666, alors qu'il commandait deux navires montés par 160 hommes, il faisait savoir au gouverneur de la Jamaïque qu'il était disposé à mener ceux-ci à Port Royal et passer lui-même au service de l'Angleterre. Ce fut apparemment le cas. En 1668, Marten semble avoir participé à la prise de San Augustin (Floride) en compagnie du capitaine Searles. En 1670, il avait abandonné la course, trafiquant alors dans la baie de Campêche pour y charger du bois de teinture qu'il portait à la Jamaïque: à cette époque, il commandait toujours la Charity. Mais, lorsque les hostilités reprirent entre les Jamaïquains et les Espagnols en 1670, Marten prit une commission du gouverneur Modyford pour prendre sur les seconds. Mais, avant la fin de 1671, l'arrivée d'un nouveau gouverneur à la Jamaïque renversa cette politique, et Marten refusa de se soumettre et continua à pirater dans la baie de Campêche. Là, il fut arrêté par le HMS Assistance, dont le capitaine saisit sa barque et sa cargaison de bois. Il rentra ensuite à Port Royal où, en 1672, il était encore recensé parmi les marins résidant dans ce port.

MARTIN, Robert

Robert MARTIN : flibustier français originaire de Honfleur.

À la fin de 1648, ce corsaire vint vendre à La Rochelle une cargaison de cacao provenant de deux prises espagnoles faites aux Antilles sous la commission du gouverneur de la Tortue. En 1652, il est signalé comme allant en course sur une frégate tous les ans aux côtes de Campêche où il capturait des Indiens pour les vendre à la Tortue. Ce capitaine Martin est sans l'ombre d'un doute l'un des assassins du gouverneur Levasseur. Après la défaite du chevalier de Fontenay contre les Espagnols (janvier 1654), avec son complice et associé Thibault, il courut encore le bon bord dans la mer des Antilles.

MARTIN, le capitaine

MARTIN : marin français.

Commandant un navire de Honfleur, Le Roi David, il perdit un bras lorsque l'amiral hollandais Binckes attaqua les bâtiments marchands français mouillant au Petit-Goâve en juillet 1676.

MASSERTIE, François

François MASSERTIE : flibustier français originaire de Bordeaux.

En 1686, dans la baie de Samana (Hispaniola), il fut probablement au nombre des 80 flibustiers qui s'embarquèrent sur le Saint-Nicolas, une prise flessinguaise faite par le capitaine Lesage. Il se trouva ainsi à participer à un voyage de pillage contre les Espagnols en mer du Sud (1687-1693). Au retour de cette expédition, il fut élu capitaine après l'escale à Cayenne, jusqu'à son arrivée dans le port de La Rochelle en septembre 1694. Massertie se rendit ensuite à Bordeaux où, par l'entremise de M. Lombard, l'intendant Bégon tenta d'obtenir copie du journal qu'il avait tenu durant son voyage à la mer du Sud.

MATHIEU, le capitaine

MATHIEU : flibustier français(?).

Ce capitaine commandait l'un des bâtiments de la flotte de Grammont au retour de l'entreprise de Maracaïbo (1678).

MINGUET, le chirurgien

André MINGUET : chirurgien et flibustier français (vers 1640 - Dondon, Saint-Domingue, 1722).

Après avoir participé à la prise de Carthagène, il obtint du gouverneur Ducasse une concession (11 septembre 1698) au trou du Dondon dont il devint le premier habitant. Sur son habitation, il entretint un hôpital où il recevait indifféremment Français et Espagnols.

MITCHELL, Adrian

Adrian MITCHELL : flibustier probablement d'origine néerlandaise.

Ce capitaine prit en 1662 une commission en guerre à la Jamaïque. En mars 1663, montant le Blessing, il porta, à Port Royal, la nouvelle du succès de la descente du capitaine Myngs à Campêche, entreprise à laquelle il avait participé. En 1670, il commandait un bâtiment jamaïquain chargeant du bois de teinture dans la baie de Campêche.

MODYFORD, Sir James

James MODYFORD : marchand et administrateur anglais (London, Middlesex, v. 1625 - Saint Andrews, Jamaïque, 23 janvier 1673), créé baronet MODYFORD of London en février 1661.

Fils de John Modyford et de Maria Walker, il obtint, en février 1667, une commission de lieutenant-gouverneur de la Jamaïque, comme adjoint de son frère Sir Thomas. À son arrivée à Port Royal (juillet), il fut nommé premier juge de la Cour de l'amirauté de la colonie. Intéressé comme son frère dans les armements des flibustiers, il fut désigné pour aller gouverner l'île Providence, reconquise par Henry Morgan en 1670, mais il y envoya l'un de ses adjoints. Sa commission fut révoquée en même temps que celle de son frère.

MODYFORD, Sir Thomas

Thomas MODYFORD : juriste, marchand et administrateur anglais (Lincoln's Inn, Middlessex, v. 1618 - Spanish Town, Jamaïque, 11 septembre 1679), créé baronet MODYFORD of Lincoln's Inn en mars 1664.

Fils de John Modyford et de Maria Walker, il épousa en 1640 Elizabeth Plamer. Cousin du général George Monk, il combattit pour le roi durant la guerre civile. En 1647, il émigra à la Barbade où il devint un riche planteur. Cependant il entra (1651) en négociation avec le commodore sir George Ayscue, commandant une escadre du Commonwealth, et lui amena le régiment dont il était colonel. Il fut ainsi appelé à donner son avis au protecteur Cromwell sur le Western Design, mais il ne fut pas suivi. Il aida cependant le général Venables à recruter des hommes lors de son passage à la Barbade. Peu de temps avant la Restauration, il fut gouverneur de la Barbade (1660) en sa qualité de président du Conseil de la colonie. Il se trouvait toujours à la Barbade lors que sa commission de gouverneur général de la Jamaïque et son élévation au rang de chevalier lui parvinrent. Une fois en poste à Port Royal, il tenta d'interdire la course et de promouvoir le commerce avec les Espagnols. Mais il dut bientôt renverser complètement cette politique et devint un grand promoteur de la guerre de course. En 1670, avant même la nouvelle de la prise de Panama, la Couronne décida de le rappeler notamment pour calmer les récriminations espagnoles. En 1675, il revint à la Jamaïque avec Henry Morgan. Il y fut nommé juge en chef, poste qu'il dut résigné dès l'année suivante, à la suite d'une plainte l'accusant de trahison.

MOLESWORTH, Hender

Hender MOLESWORTH : marchand et administrateur colonial anglais (v. 1638 - Angleterre, 6 août 1689), créé baronet MOLESWORTH of Pencarrow en juillet 1689.

Il était le fils d'Hender Molesworth et de Mary Sparks. Négociant à la Jamaïque dès 1660, il fut aussi capitaine puis lieutenant-colonel de milice. Vers le milieu des années 1670, il se rendit en Angleterre en compagnie de l'ancien gouverneur Sir Thomas Lynch. De retour à la Jamaïque, il fut membre du conseil de la colonie. En octobre 1683, il fut promu colonel commandant le régiment de milice de Port Royal, dont il était lieutenant-colonel, à la place de Sir Henry Morgan. En 1684, il reçut une commission de lieutenant-gouverneur de la Jamaïque et assura ainsi l'intérim du gouvernement au décès du général Lynch. Intéressé dans le commerce avec les colonies espagnoles, il poursuivit sa politique de lutte aux flibustiers. En 1687, il fut rappelé en Angleterre où il épousa en seconde noces (février 1689) Mary Temple, veuve de Sir Thomas Lynch. Il fut nommé gouverneur général de la Jamaïque suite au décès du duc d'Albemarle, mais il mourut avant son départ.

MONTBARD l'Exterminateur

MONTBARD : flibustier français.

Selon Exquemelin, ce Gascon, d'une bonne famille du Languedoc, apprit à détester les Espagnols en lisant le récit de leurs cruautés contre les Indiens. Quelque part au cours de la guerre entre la France et l'Espagne (entre 1635 et 1659), il s'embarqua au Havre-de-Grâce sur un bâtiment corsaire commandé par son oncle. Ce dernier ayant péri lors d'un combat contre un bâtiment espagnol, Montbard lui succéda comme capitaine, prenant à son bord des boucaniers qu'il avait auparavant aidé lors d'un affrontement contre les Espagnols de Santo Domingo. Toujours selon Exquemelin, qui dit l'avoir vu un jour en passant aux Honduras (vers 1668-1672), il était un bon ami de l'Olonnais. Plusieurs spécialistes ont mis en doute son existence, car il n'a laissé aucune trace dans les archives.

MOREAU, Jean

Jean MOREAU : flibustier français (mort à Saint-Domingue, février 1665).

Commandant la frégate Le Saint-Louis, il prit à la Jamaïque, dans les derniers jours de 1663, une commission du gouverneur adjoint Lyttelton pour prendre sur les Espagnols par droit de représailles: deux de ses compatriotes établis à la Jamaïque nommé Jean Grandmaison et Élie Filliot se portèrent garants pour lui. L'année suivante, il captura cependant un bateau anglais dont il vendit la cargaison à l'île de la Tortue. Considéré dès lors comme forban, il fut tué avec plusieurs de ses hommes lors d'un combat contre le capitaine jamaïquain Robert Ensome, commandant le ketch Swallow. Le reste de son équipage fut jugé pour piraterie à Port Royal où quelques uns furent pendus.

MORGAN, le capitaine

MORGAN : flibustier anglais.

En 1682, il faisait parti de l'équipage de La Trompeuse, commandée par Hamelin. Mais, lors du voyage de ce vaisseau aux côtes de Guinée, l'année suivante, il fut élu comme capitaine par une partie de leur compagnie qui continua la course sous ses ordres à bord d'une prise. Il est possible que ce nom ne soit en fait qu'un pseudonyme.

MORGAN, le colonel Bledry

Bledry MORGAN : officier anglais.

Au début de 1671, ce colonel fut envoyé par le gouverneur Modyford vers la flotte de Henry Morgan, probablement son parent. Il arriva à Chagres comme passager sur le sloop de William Curson, puis il commanda l'arrière-garde des troupes jamaïquaines lors de la bataille de la plaine de Panama. En 1671, il fut envoyé par sir James Modyford pour gouverner l'île Providence en son nom.

MORGAN, le colonel Edward

Edward MORGAN : officier anglais (mort à Saint-Eustache, 2 août 1665).

Il servit d'abord comme mercenaire en Allemagne durant la guerre de Trente ans. Il épousa ainsi la fille du baron von Pöllnitz, gouverneur de Lippstadt. Fervent royaliste, il combattit les armées du Commonwealth en qualité de colonel général sous les ordres du comte de Carbery (père d'un futur gouverneur de la Jamaïque) au pays de Galles, puis s'exila en Allemagne auprès de ses beaux-parents. Après la Restauration, l'influence de son frère Thomas auprès du duc d'Albemarle lui fallut d'être nommé gouverneur adjoint de la Jamaïque. Arrivé dans l'île avec le gouverneur général Modyford en juin 1664, il obtint le commandement d'une flotte corsaire dans une expédition contre l'île hollandaise de Saint-Eustache où il mourut en débarquant. Il avait amené avec lui en Amérique ses deux fils et ses quatre filles. L'une de ces dernières, Mary Elizabeth, épousa (en 1665 ou 1666) son cousin germain Henry Morgan et l'aînée (1665) Robert Byndloss.

MORGANH, Sir Henry

Henry MORGAN : aventurier anglais (Tredeggar Castle, Pays de Galles, 1635 - Port Royal, 4 septembre 1688), fait chevalier (1674) par le roi Charles II : Sir Henry Morgan.

Passé en Amérique soit comme engagé à la Barbade soit avec la flotte de l'amiral Penn, il s'installa ensuite à la Jamaïque après sa conquête par les Anglais (1655). Il devint capitaine corsaire à l'occasion des raids de Myngs (1662-63). Après la prise de Campêche, il pilla Villahermosa, Tabasco et Granada (1665) avec d'autres capitaines. À son retour, il épousa Mary Elizabeth Morgan, fille de son défunt oncle Edward, et devint capitaine puis colonel du régiment de milice de Port Royal. En 1668, il reprit la mer avec une flotte corsaire, se signalant par les prises de Puerto Principe (Cuba) et Porto Belo. L'année suivante, il faisait descente au lac de Maracaïbo. En 1670, il réunit, à l'île à Vache, une impressionnante flotte de flibustiers, qui se rendirent maître de l'île Santa Catalina, du fort Chagres et, surtout, de Panama (janvier 1671). Après cette expédition, abandonné par plusieurs capitaines insatisfaits de la façon dont il avait partagé le butin, il rentra à Port Royal. En avril 1672, par ordre du nouveau gouverneur Lynch, il fut embarqué sur le HMS Welcome, à destination de l'Angleterre, pour aller répondre de ses actions contre les Espagnols à Panama et ailleurs. Étant entré dans les bonnes grâces de la Cour, il fut fait chevalier renvoyé à la Jamaïque en qualité de lieutenant-gouverneur (1675). Sous l'administration du gouverneur général Vaughan (1675-1678), il fut accusé, non sans raison, de favoriser les flibustiers. Ayant assuré l'intérim du gouvernement au départ de Vaughan, il fut favorisé par le successeur de celui-ci le comte de Carlisle. Après le départ de ce dernier, il gouverna pendant environ deux ans (1680-1682) la Jamaïque, se montrant hostile en public envers les flibustiers anglais, faisant notamment procédé à des arrestations, des saisies et, même des exécutions. Au retour de Lynch comme gouverneur général, Morgan et son beau-frère Byndloss furent néanmoins exclus du Conseil de la Jamaïque (octobre 1683). Morgan n'en continua pas moins de s'opposer à Lynch et à son successeur Molesworth, représentant la faction favorable au commerce avec les Espagnols, par l'entremise d'agents comme l'avocat Roger Elleston. Morgan mourut alors que le duc d'Albemarle venait d'obtenir sa réintégration sur le Conseil de la Jamaïque.

MORGAN, le lieutenant-colonel Thomas

Thomas MORGAN : officier anglais (mort à Nevis, mai 1666).

Capitaine de milice à la Jamaïque en 1662, il accompagna l'année suivante Christopher Myngs à l'occasion de la prise de Campêche, ayant alors le grade de capitaine. En 1665, alors lieutenant-colonel de milice, il accompagna son oncle, ou du moins son parent, le gouverneur adjoint Edward Morgan dans l'expédition contre les Antilles néerlandaises. Laissé comme commandant militaire de Saint-Eustache avec le capitaine Maurice Williams et quelques autres flibustiers par le colonel Theodore Cary, il passa ensuite avec ses hommes à Saint-Christophe où il fut blessé en combattant les Français. Il mourut quelques semaines plus tard des suites de ses blessures.

MORRIS, le capitaine John

John MORRIS : flibustier anglais (mort à île à Vache, 12 janvier 1669).

Il participa aux raids de Henry Morgan sur Cuba et Porto Belo (1668) en compagnie de son homonyme, dont était apparemment le cadet en terme d'âge ou de service comme flibustier. Il compta au nombre des capitaines qui périrent lors de l'explosion de la frégate Oxford.

MORRIS, le capitaine John

John MORRIS : flibustier anglais (mort à Puerto Rico, 1675).

En octobre 1662, il reçut du gouverneur de la Jamaïque une commission pour prendre sur les Espagnols par droit de réprésailles, le capitaine Robert Searles ainsi que le lieutenant-colonel Thomas Morgan se portèrent alors garants pour lui. Il commandait alors la frégate The Virgin Queen, avec laquelle il participa à la prise de Campêche sous les ordres du capitaine Myngs. Après cette expédition, il repartit en course et en janvier 1664 il captura le Blue Dove, qui se rendait aux côtes sud de Cuba, sous prétexte que celui-ci voyageait avec un passeport néerlandais pour ravitailler les Espagnols de Cuba. Il conduisit le Blue Dove à Port Royal, mais la Cour de la vice-amirauté jugea le navire de mauvaise prise. Par la suite, il s'associa avec Henry Morgan, Jacob Fackman et David Martin qui mirent à sac Villahermosa et Granada (1665). Il participa ensuite, sous les ordres de Morgan, aux prises de Puerto Principe, Puerto Belo et Maracaïbo. En août 1670, il commandait The Dolphin, une frégate de 60 tonneaux armée de 10 canons, avec un équipage de 60 hommes. Il appareilla alors de Port Royal au sein de la flotte commandée par son vieil associé Henry Morgan. Ayant reçu l'ordre de celui-ci de demeurer en garde à la côte de Cuba, Morris y défit et tua le corsaire portugais Rivero Pardal (octobre 1670). Avec comme prise le navire de celui-ci, il rejoignit ensuite Morgan à l'île à Vache. Avec le grade de major, il commanda avec Prince l'avant-garde des flibustiers lors de la prise de Panama (février 1671). Au retour de cette expédition, il abandonna le Dolphin aux îles Caïmans, où il prit le commandement du Lilly, une frégate de 50 tonneaux et 10 canons, échouée là aussi par le capitaine Norman qui l'avait montée jusqu'alors: sir James Modyford, gouverneur adjoint de la Jamaïque et agissant comme procureur pour les propriétaires du Lily donna alors la moitié des parts de cette frégate à Morris. Avec 30 à 40 flibustiers, ce dernier se rendit ensuite dans les cayes du sud de Cuba où ils capturèrent (août 1671) une pirogue espagnole dont ils volèrent la cargaison de tabac. Ensuite, Morris alla vers les côtes de Saint-Domingue. Ayant refusé de s'attaquer à un bâtiment richement chargé, Morris fut alors abandonné par la plupart de ses hommes, qui le quittèrent à l'île à Vache. De retour à Port Royal en décembre 1671, il y fut arrêté et jugé pour piraterie par le nouveau gouverneur Sir Thomas Lynch, lequel lui accorda toutefois son pardon et lui rendit sa frégate. Avec celle-ci, sous une commission spéciale de Lynch Morris se trouva donc engagé dans la lutte contre les pirates. Avec le Lily et un autre bâtiment, il quitta donc la Jamaïque en février 1672 pour tenter de capturer le capitaine Yallahs dans la baie de Campêche. Mais, contrairement aux ordres reçus, Morris y chargea le Lily de bois de teinture. Le Lily rentra en Angleterre en décembre 1673. Il n'est pas certain que Morris en était encore le capitaine, puisque, dès 1674, il se voyait confier par le gouverneur Lynch la mission de ramener à la Jamaïque un certain Jones, un pirate qui s'est réfugié chez les Français à Saint-Domingue. Cependant, en juillet 1675, Morris obtenait le commandement d'un petit bâtiment et un congé du nouveau gouverneur Vaughan, par l'entremise de son ancien chef Morgan, pour reconduire le sieur de Cussy, un officier français de Saint-Domingue venu à la Jamaïque pour y recruter des flibustiers. En fait, Morris se trouva engager dans une expédition contre les Espagnols de Puerto Rico, que commandait en chef Cussy qui finança en partie l'armement de Morris au Petit-Goâve en septembre 1675. Morris trouva la mort lors de cette expédition.

MORTON, Richard

Richard MORTON : flibustier anglais (mort dans le détroit de Magellan, février 1684).

Il compta au nombre des 330 flibustiers anglais qui passèrent à la mer du Sud par l'isthme de Panama, en avril 1680. Revenu aux Antilles, par le détroit de Magellan, sur la Santisíma Trinidad avec le capitaine Sharpe, il semble avoir suivi ce dernier en Angleterre (mars 1682), étant acquitté d'accusations de piraterie en même temps que son chef. Il s'embarqua ensuite à Londres avec le capitaine Bond comme pilote pour les Antilles, les îles du Cap Vert puis le Brésil. À cette côte, il passa avec le capitaine Eaton, sur le Nicholas, recevant alors le commandement d'une barque portugaise. Il entra ensuite dans le détroit de Magellan en compagnie d'Eaton (fin 1683), tous deux joignant ensuite le capitaine Swan. Ayant pris huit des hommes de ce dernier à son bord, Morton disparut dans une tempête.

MUGFORD, Milner

Milner MUGFORD : flibustier anglais.

En 1663, il commandait un ketch dans la flotte jamaïquaine qui sous les ordres du capitaine Myngs alla piller Campêche. Au retour de cette expédition, il s'empara d'une barque dont il mena la cargaison en fraude à la Jamaïque à l'insu de Myngs. Pour cette affaire, il fut jugé par la Cour de la Vice-Amirauté de la Jamaïque en mai de la même année.

MUNDEN, Robert

Robert MUNDEN : marin anglais.

Commandant la frégate The Charles, armée en course par des marchands londoniens, il arriva à la Jamaïque en 1662, peu de temps avant le départ du gouverneur Windsor, qui lui délivra une commission pour prendre sur les Espagnols. En décembre de cette même année, le gouverneur adjoint Lyttleton lui ordonna de transporter le colonel Barry et ses gens à l'île de la Tortue pour s'en emparer. Mais, voyant les Français prendre les armes à son approche, Munden refusa de tirer sur eux et se rendit à Corydon où il débarqua ses passagers et continua à croiser dans la mer des Antilles quelque temps avant de rentrer en Angleterre. Il semble avoir fait escale aux Bermudes à la fin d'avril 1664 et en être reparti au début d'octobre de la même année.

MYNGS, le capitaine Christopher

Christopher MYNGS : marin anglais (dans le Norfolk, 1625 - au large des Downs, juin 1666), fait chevalier par le roi Charles II (1665) : Sir Christopher Myngs.

Fils d'un cordonnier selon Pepys, il commença très jeune sa carrière de marin. En 1648, il était déjà officier de la Royal Navy, et en 1653, il obtenait son premier commandement dans la marine du Commonwealth, étant nommé capitaine du S.S. Elizabeth. Chargé d'escorter un convoi de navires marchands, il se distingua par la capture de deux vaisseaux de guerre néerlandais. En octobre 1654, il reçut le commandement du S.S. Marston Moor, un vaisseau de 44 canons, avec lequel il fut affecté à la flotte de l'amiral Penn qui appareilla pour les Antilles en prévision du Western Design. Peu de temps après la conquête de la Jamaïque, Myngs appareilla (juillet 1655) pour l'Angleterre, ayant comme passager le général Venables, le commandant militaire de l'expédition. De retour à la Jamaïque dès l'année suivante, il participa notamment, au sein de l'escadre de l'amiral Goodson, à la prise de Rio de la Hacha (mai 1656), puis à une croisière sans lendemain aux côtes de Cuba en quête de la flotte de la Nouvelle-Espagne. En juillet 1657, il partit à nouveau pour l'Angleterre, mais dès le début de l'année suivante, il revenait aux Antilles. En passant par la Barbade, il saisit quelques navires marchands néerlandais sous prétexte que ceux-ci trafiquaient avec les colons. À son retour à Cagway (le principal port de la Jamaïque), en mars 1658, son navire The Marston Moor fut réquisitionné, ainsi que cinq autres, par le gouverneur D'Oyley pour une expédition contre une troupe d'Espagnols débarquée à Rio Nuevo, à la côte nord de l'île. Les Espagnols ayant été défaits (juillet 1658), Myngs, avec cinq vaisseaux, attaqua Tolu et Santa Marta, deux cités portuaires de la côte de Terre Ferme. De retour à Cagway (décembre 1658), il en ressortait bientôt avec les S.S. Marston Moor, Hector et Cagway, avec plus de 300 hommes pour une nouvelle expédition. Il pilla ainsi Cumana, puis Puerto Caballo et Coro. À cette dernière place, il mit la main sur vingt-deux sacs contenant chacun 400 livres d'argent, le meilleur de son butin au cours de cette expédition, laquelle rapporta environ un demi-million de pièces de huit, soit 300 000 livres, qu'il portait à la Jamaïque le 3 mai 1659. Dès son arrivée, Myngs fut suspendu de son commandement par D'Oyley pour certaines irrégularités concernant le partage de ce butin, et un mois plus tard, il repartait en Angleterre pour répondre des accusations portées contre lui. À la Restoration, le capitaine Myngs retourna à la Jamaïque en 1662, avec le nouveau gouverneur lord Windsor, commandant cette fois le Centurion, une frégate royale de 46 canons, avec un équipage de 146 hommes. En octobre 1662, il reçut de Windsor l'ordre d'attaquer Santiago de Cuba, qu'il prit et pilla le même mois à la tête de onze bâtiments (en majorité des flibustiers) et 1300 hommes. Au retour de cette prise, bientôt suivie par le départ de Windsor, Myngs fut assermentée comme membre du Conseil de la Jamaïque par le gouverneur adjoint Lyttleton. Dès janvier 1663, il reprenait la mer, appareillant de l'ancienne Cagway, devenue Port Royal, avec cette fois 12 bâtiments flibustiers et 1500 hommes. Avec cette force, il s'emparait, le 19 février, de San Francisco de Campeche, puis il rentrait à la Jamaïque en avril. Appareillant alors pour l'Angleterre, il ne devait plus revenir aux Antilles. En 1664, Myngs fut promu vice-amiral de l'escadre blanche de la Royal Navy, sous les ordres du prince Rupert. À ce titre, il participa à la bataille navale de Lowestoft (juin 1665) contre la flotte des Provinces Unies, à la suite de laquelle il fut fait chevalier par le roi. L'année suivante, il devint vice-amiral de l'escadre bleue, commandée par le comte de Sandwich. Lors de la bataille des Dunes (dite aussi bataille des Quatre jours), qui opposa une nouvelle fois les Anglais aux Néerlandais, il fut blessé à la jambe, blessure dont il mourut quelques jours plus tard.

Figures de Proue : un dictionnaire biographique de la flibuste

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