Padrejean

Pedro Juan : esclave africain (mort à Saint-Domingue, 1679), connu en français sous le nom de Padrejean.

Esclave d'un Espagnol de Santo Domingo, il assassina son maître puis il se réfugia à la Tortue. Partant de cette île, il alla s'établir à Pointe Palmiste (future paroisse du Petit Saint-Louis, près du Port-de-Paix). Vers octobre 1679, il débaucha quelque vingt-cinq esclaves noirs avec lesquels il projeta d'égorger tous les blancs. À leur tête, il se rendit jusqu'au Port Margot, pillant et massacrant tout ce qu'il rencontra. S'étant ensuite retiré dans la haute montagne de Tarare, il en partait en expédition contre les Français. Une vingtaine de boucaniers résolurent finalement à le déloger de son repaire, difficile d'accès, et le tuèrent avec six des siens.

PAIN, Pierre

Pierre PAIN : marin français (Le Havre, 1641 - idem, février 1685).

Lieutenant de port au Havre en 1674, ce marin huguenot reçut à la fin de la même année le commandement de la frégate du roi La Bouffonne pour escorter des bâtiments marchands français. Il commanda ensuite le vaisseau du roi Le Capricieux, affrété par la Compagnie du Sénégal, pour servir de garde-côte en Afrique occidentale. Il y fit deux voyages : l'un en 1678 en compagnie de Ducasse, et l'autre l'année suivante. De retour au Havre en juillet 1680, il s'associa avec Isaac Lanson, l'un des armateur de la Compagnie pour un voyage de traite à Cayenne. À cet effet, il obtint le commandant d'un autre vaisseau du roi, nommé La Trompeuse, de 143 tonneaux. Parti du Havre en mars 1681 et arrivé à Cayenne à la mi-mai, il y séjourna environ deux semaines avant d'aller au Cap Vert pour ravitailler la colonie en viande. De retour à Cayenne au début septembre, il en repartait le 26 décembre pour les Antilles où il espérait vendre le reste de sa cargaison. Arrivé à la Barbade, dans les premiers jours de janvier 1682 et informé des persécutions dont étaient victimes les protestants en France, Pain décida de se rendre en Nouvelle-Angleterre et, une fois à destination, de rendre la Trompeuse au roi seulement en échange de sa femme et de leur fille. Avant la fin du mois, il faisait escale à la Jamaïque, où il demanda l'asile religieuse. Sir Henry Morgan, qui y gouvernait alors par intérim, et le conseil de colonie, décidèrent de faire droit à sa requête, d'accepter la naturalisation de Pain comme sujet britannique. À la Jamaïque, Pain traita le reste de sa cargaison, avec l'un des hommes de Morgan. Il fut ensuite convenu que la Trompeuse irait charger du bois de teinture aux Honduras, puis filerait droit à Hambourg où le navire serait livré au représentant de la France dans ce port. En plus de Pain lui-même, deux marchands jamaïquains participèrent au réarmement de la frégate. Faute d'équipage, parce que la majorité des marins de Pain s'étaient dispersés, la Trompeuse ne partit de la Jamaïque qu'à la fin du mois d'avril; une fois aux Honduras, elle devait être prise par le flibustier Grenezé. Entre-temps, cédant aux pressions de l'ambassadeur de France, le roi d'Angleterre ordonna, avant la fin de l'année, que Pain fût livré au gouverneur français de Saint-Domingue. Sous les auspices du nouveau gouverneur Lynch, le conseil de la Jamaïque annula en octobre 1683 la naturalisation de Pain. Il fallut toutefois plus de neuf mois avant que Lynch ne le livrât à Cussy, le gouverneur de Saint-Domingue. Et, en août 1684, celui-ci fit embarquer Pain sur une frégate rochelaise en partance pour la France. Arrivé à Dieppe, en octobre, le marin protestant y fut emprisonné. Transféré au Havre (octobre 1684), il adjura la religion protestante (décembre) avant que les officiers de l'Amirauté ne se prononçassent sur son sort. Condamné à être rompu vif en place publique, Pain vit l'exécution de sa sentence différée de quelques mois. Finalement, le procureur général du parlement de Rouen ordonna son exécution par pendaison.

PAINE, Thomas

Thomas PAINE : flibustier anglais (mort au Rhode Island, 1714).

En 1675, il servait probablement comme officier sous les ordres du flibustier jamaïquain John Bennett. En effet, en décembre de cette année-là, il reçut de Bennett le commandant d'une prise que celui-ci avait faite sur les Espagnols et qui avait été rebaptisé The Saint David. En avril 1676, croisant sous commission française du gouverneur de Saint-Domingue en compagnie de deux autres capitaines anglais, il reprit à des corsaires néerlandais un navire marchands rochelais, entre Curaçao et Antigua. Le mois suivant, avec ses deux associés, il conduisit cette prise à l'île Sainte-Croix, dont le gouverneur la leur adjugea. Commandant toujours le Saint-David, de 14 canons, il rentra vraisemblablement au Petit-Goâve où il pourrait avoir joint la flotte du marquis de Maintenon, qui s'en alla au Venezuela (1676-1677). Peu après le naufrage de la flotte du comte d'Estrées (mai 1678), montant alors un corsaire de six canons, il se rendit aux îles d'Aves et, échappant à un navire de guerre hollandais, il prit un sloop de la même nationalité. En association avec son compatriote William Wright, il pilla des établissements des côtes de Caracas et de Rio Hacha, allant même jusqu'à enlever un petit navire de l'Armada de Barlovento (1679). Paine servit ensuite sous les ordres de Grammont à la descente sur La Guayra (mai 1680). Un an après cette dernière entreprise, il mouillait dans l'archipel de San Blas, en compagnie d'autres corsaires. Quelques semaines plus tard, après la dispersion de leur flotte, il alla caréner à Boca del Toro d'où le chassèrent des bâtiments de guerre espagnols. Ayant fait sa soumission au gouverneur Lynch l'année suivante, il appareilla ensuite (novembre 1682), en compagnie de Coxon et trois autres capitaines pour donner la chasse aux pirates. Mais, en mars 1683, montant le Pearl de huit canons et 60 hommes, il joignit aux Bahamas le flibustier français Bréha et trois autres capitaines anglais, avec lesquels il alla faire descente à San Agustín, en Floride. Mais les Espagnols de cette ville s'étant mis en défense, ils durent tous rembarquer, se contentant de piller quelque petite place voisine. Accompagné de Bréha et Markham, il se rendit à New Providence (Bahamas), où le gouverneur Lilburne essaya de l'arrêter. De là, Paine et ses deux associés se rendirent sur l'épave d'un autre galion espagnol coulés dans les Bahamas. Mais, à l'arrivée d'un vaisseau armé par le gouverneur Lilburne pour les arrêter, ils quittèrent les parages. Paine se rendit ensuite au Rhode Island vers août 1683. Le gouverneur de la petite colonie le protégea des fonctionnaires royaux qui voulait saisir son navire et sa personne, se fixant alors dans cette colonie. En juillet 1690, il mit en déroute le capitaine Picard, venu attaquer cette colonie. À l'été 1693, il arma encore deux sloops au Rhode Island et repoussa une flotte française de sept vaisseaux. En juillet 1699, habitant une île dans la baie de Narragansett, il reçut une partie du butin de William Kidd; mais, lorsque les autorités se présentèrent chez lui, il s'était enfui.

PEDNAU, Jacques

Jacques PEDNAU : flibustier français.

Début 1680, commandant le brigantin Le Diligent, appartenant à Grammont, il fit un voyage de traite de Saint-Christophe à Sainte-Croix en compagnie de son chef, avec lequel il participa peut-être ensuite à la prise de La Guayra. À la fin de 1683, il fit escale à l'île à Vache puis il passa à la côte de Carthagène où il joignit une petite flotte de flibustiers de Saint-Domingue commandée par Laurens De Graff. Après la prise, à cette côte, des navires espagnols El San Francisco et La Paz, Pednau reçut de ses associés le commandement d'une autre prise espagnole, armée d'une quinzaine de canon. Il donna alors le Diligent au capitaine Bréha puis il rentra au Petit-Goâve en passant par l'archipel de San Blas, au Panama. Au début de juillet 1684, il sortit du Petit-Goâve au sein de la flotte du sieur de Grammont, ayant alors à son bord quelque 120 hommes. Quelques mois plus tard, probablement sur ordre de son chef, il se rendit au rendez-vous que celui-ci avait fixé à tous les flibustiers de Saint-Domingue, à l'île Tortuga, à la côte de Caracas. Là, dans les dernières semaines de 1684, il joignit Andresson, Cachemarée et quelques autres. Ayant attendu en vain Grammont, ces capitaines se séparèrent : Pednau alla alors caréner le Chasseur à la côte de Caracas.

PENALOSA, le comte de

Diego de PEÑALOSA comte de SANTA FÉ : aventurier créole (Lima, 1624 - Paris, 1687).

Appartenant à la noblesse, il occupa de nombreuses fonctions au Pérou et au Mexique à partir de 1639. Nommé gouverneur et capitaine général du Nouveau-Mexique en 1660, il s'y brouilla avec l'Inquisition. En 1664, lors d'un séjour à Mexico, où il proposa au vice-roi la conquête de nouveaux pays qu'il avait découverts, il fut arrêté sur ordre de l'Inquisition, laquelle saisit ses biens et le fit destituer de son gouvernement. Après 32 mois de captivité, il passa à la Veracruz (1668) puis en Espagne pour qu'on lui rende justice. Il gagna les Canaries où il s'embarqua avec la flotte anglaise. À Londres, il fut reçu par le roi Charles II et le duc d'York. Mais les ambassadeurs espagnols à Londres prirent ombrage de sa présence et le persécutèrent. Puis, en 1678, il se réfugia en France. Par la suite, il offrit à Louis XIV de faire la conquête de la province de la Nouvelle-Biscaye, réputée pour ses mines d'argent. Ce projet fut sérieusement envisagé par Seigneley, en concurrence avec celui de M. de La Salle, lors de la guerre avec l'Espagne (1683-84). Ce projet de conquête passait d'abord par la prise de Panuco (Nouvelle-Biscaye): on proposait au ministre de faire exécuter l'entreprise par 1000 flibustiers sous les ordres de Grammont et d'en confier le commandement général au comte de Peñalossa. Lors de son séjour à Saint-Domingue, Bégon étudia cette possibilité. La trêve de Ratisbonne conclue, le projet fut oublié.

PENN, l'amiral William

William PENN : marin anglais (Bristol, 3 mai 1621 - Wanstand, Essex, 26 septembre 1670), fait chevalier (v. 1661) par le roi Charles II : Sir William Penn.

En 1652, il fut le vice-amiral de Robert Blake lors de la bataille des Dunes contre la flotte néerlandaise et se signala par son courage. En 1654, il fut choisi comme amiral de la flotte équipée pour le Western Design, devant partager le commandement de l'expédition avec le général Venables. Mais, dès le départ, il entretint de mauvaises relations avec de dernier, lesquelles devaient s'envenimer au fil des mois. Quelques mois après la prise de la Jamaïque (juillet 1655) avec une partie de sa flotte. À son retour en Angleterre, il fut emprisonné à la Tour de Londres, probablement tant pour la déconfiture de sa flotte devant Santo Domingo que pour ses sympathies royalistes. Par la suite, Penn participa ensuite à plusieurs batailles navales lors de la seconde guerre contre les Provinces Unies (1665-66). Son fils William, un quaker, fut le fondateur de la colonie de Pennsylvanie.

PENNANT, Jeffrey

Jeffrey PENNANT : flibustier anglais.

À la fin de 1668, il commandait un bâtiment corsaire au sein de la flotte jamaïquaine de Henry Morgan qui se réunit à l'île à Vache. Au printemps 1669, il participa ensuite, sous les ordres de Morgan, à la descente contre les établissements espagnols du lac de Maracaïbo.

PERON, François

François PERON : flibustier français (mort à Cuba, avril 1663).

Associé du capitaine Riou, il était vraisemblablement un marchand impliqué dans la contrebande. Lorsque Riou prit une commission à la Jamaïque à la fin de 1662, le futur gouverneur Lynch se portant garant pour les deux Français. Il fut tué avec Riou par les Espagnols de Cuba.

PETERSON, John

Jan PETERSEN : flibustier danois originaire de Colding.

Commandant la frégate The Castle, de quatre canons, avec environ 30 hommes d'équipage, il prit à la Jamaïque, en 1659, une commission du gouverneur D'Oyley. Croisant vers l'île Bonaire, il s'empara, en novembre de cette année-là, d'une barque envoyée par le gouverneur de Curaçao pour rescaper environ 80 esclaves noirs du naufrage d'un négrier néerlandais. Prennant à son bord les esclaves comme butin, il croisa ensuite à la côte de Caracas où il fit une prise espagnole. De retour à la Jamaïque quelques semaines plus tard, il en repartait bientôt, le 10 janvier 1660, toujours avec l'autorisation de D'Oyley, en même temps qu'un certain capitaine Laques.

PETERSON, George

George PETERSON : flibustier anglais.

Il compta au nombre des hommes des capitaine Yankey et Evertsen. Après la prise de la hourque des Honduras suivie de la mort de Yankey au début de 1688, il devint capitaine d'une partie de cette compagnie sur une barque longue de 90 à 100 tonneaux et armée de 10 canons, laquelle était probablement montée par Evertsen auparavant. Avec environ 70 hommes, Peterson se rendit avec cette barque en Nouvelle-Angleterre, à Boston et Rhode Island plus précisément. Là avec des complicité locale, il réarma et augmenta son équipage jusqu'à 120 hommes. En août 1688, il se rendit en Acadie où il pilla un petit établissement et quelques bâtiments français. Par la suite, il semble avoir fait voile vers les côtes de Guinée.

À propos de la principale action de ce capitaine, voir le texte Descente d'un flibustier anglais en Acadie (1688).

PETIT, le capitaine

PETIT : flibustier français.

En 1684, il commandait un bâtiment dans la petite flotte qui appareilla de la côte de Saint-Domingue sous les ordres du capitaine Bernanos pour aller faire descente au golfe de Paria. Vers 1695, un capitaine corsaire protestant nommé Gilles Petit fut embastillé pour avoir croiser à l'embouchure de la Gironde et de la Loire avec un navire hollandais qui aidaient des huguenots à fuir la France. Ce Petit donna au ministre Pontchartrain l'idée de la prise de Cartagena, et lui fournit, semble-t-il, les plans de cette ville.

Par ailleurs au début des années 1680, deux frères Petit, de La Rochelle, faisait la traite entre les Petites Antilles et Saint-Domingue. Ainsi l'un des deux commandant leur brigantin nommé Les Deux Frères sortit de la Martinique à la fin de 1682 avec une cargaison d'eau-de-vie, de vin, toiles de coton, etc. Il vint vendre ces marchandises à Jacmel (côte sud de Saint-Domingue) aux flibustiers montant la Trompeuse. Après ce négoce, Petit se rendit à l'île à Vache où il débarqua l'un des garçons de l'équipage originel de la Trompeuse. Ensuite il rencontra le HMS Guernsey, commandé par le capitaine Tennant lequel le mena avec lui à la Jamaïque où le Français informa le gouverneur Lynch des complicités qu'avaient les forbans de la Trompeuse à l'île à Vache. En février, Petit fut renvoyé par Lynch au Petit-Goâve, avec une lettre à son homologue français Pouancey pour se plaindre de tout cela.

Picard, Pierre le

Pierre HANTOT, alias PICARD : flibustier français originaire de Picardie, d'où son surnom.

Commandant un brigantin. il participa à la première entreprise de Maracaïbo (1666) sous les ordres de l'Olonnais. En 1667, il suivit ce dernier aux Honduras, mais l'abandonna après la prise de la hourque du même nom, faisant ensuite une descente au bourg de Veragua (1668) qu'il dut quitter presqu'aussitôt après l'avoir pris devant l'arrivée d'une forte troupe espagnole. Au printemps 1669, il joignit la flotte de Henry Morgan qu'il guida dans lac de Maracaïbo. En 1670, il commandait un vaisseau dans la flotte du même Morgan qui l'appréciait beaucoup car il parlait très bien anglais et sous les ordres duquel il participa à l'entreprise de Panama.

LE PICARD, capitaine

LE PICARD : flibustier français.

Il servit comme lieutenant sous les ordres du capitaine anglais Thomas Paine, lorsque celui-ci croisait sous commission française du gouverneur de Saint-Domingue. En 1684, il faisait probablement parti de la compagnie du capitaine Laurens De Graff. En effet, en février 1685, il prit la tête de 87 flibustiers qui quittèrent l'équipage De Graff pour continuer la course à leur propre compte sur la Cascarille, une prise faite par leur ancien capitaine. Il croisa ensuite quelques jours en compagnie des capitaines Andresson et Rose. Puis, à l'île d'Or, il se débarqua avec ses hommes pour tenter le voyage à la mer du Sud, en traversant l'isthme de Panama, avec les capitaines Rose et Desmarais, et leurs gens. Une fois dans le golfe de Panama, Le Picard se plaça sous les ordres de Cachemarée, à bord de la Sainte-Rose. Mais il se sépara de celui-ci en mai 1686 et forma une association avec le flibustier anglais Townley. Ayant réunis ses forces avec celles de Cachemarée, Le Picard participa à la prise de Guayaquil (avril 1687). Après cette expédition, il fut l'un des chefs qui ramenèrent les flibustiers français dans la mer des Antilles, en traversant les Honduras. De retour à Saint-Domingue, en mai 1688, il y fit devant le gouverneur Cussy une déclaration, conjointement avec d'autres, racontant leurs aventures en mer du Sud. Le Picard se retira ensuite en Acadie au début de la guerre de la ligue d'Augsbourg (1689-1697). Sa dernière action fut, semble-t-il, sa participation à une descente au Rhode Island (juil. 1690), étant repoussé par son ancien chef, Thomas Paine, puis contraint de se retirer avec plusieurs pertes.

PIMONT, Jean

Jean PIMONT : marin français (mort au Petit-Goâve, juillet 1676).

Commandant le navire dieppois L'Alcyon, il fut tué lorsque l'amiral hollandais Binckes attaqua le Petit-Goâve.

PLENNEVILLE, Clément de

Clément de PLENNEVILLE : marchand français.

Ce huguenot vécut d'abord dans les petites Antilles, notamment à la Martinique où il aurait eu des fonctions militaires dans les années 1650. Passé à la Jamaïque, il servit d'agent à Ogeron, futur gouverneur de la Tortue, qu'il aurait d'ailleurs escroqué. En 1663, il accompagna le colonel Barry dans sa vaine expédition pour reprendre la Tortue sur les Français. Il retourna ensuite à Port Royal.

PLESSIS, le chevalier du

Philippe du PLESSIS : marin français (mort au large de Cuba, automne 1668).

Chevalier de l'ordre de Malte, il commandait une frégate de 30 canons armée en France sous la commission du duc de Beaufort pour prendre sur les Espagnols en Amérique. Il se rendit ainsi à Saint-Domingue puis dans les Honduras où il prit à son bord le flibustier Vauquelin et les hommes de celui-ci, qui avaient échoué leur bâtiment sur un récif. Peu de temps après, avant novembre 1668, le chevalier du Plessis périt en mer lors d'un combat contre navire espagnol, au large des côtes de Cuba. Son corps fut ramené à la Tortue par Vauquelin qui avait hérité le commandement de sa frégate.

POINCY, le commandeur de

Philippe de LONGVILLIERS, seigneur de POINCY : administrateur colonial français (1584 - Saint-Christophe, 1660), commandeur d'Oysemont pour l'ordre de Malte.

Chevalier de Malte (1605), il obtint ensuite la commanderie d'Oysemont. Chef d'escadre de Bretagne, il perdit son poste à la suite d'un conflit avec Mgr de Sourdis, l'archevêque de Bordeaux. Pour le dédommager, le cardinal de Richelieu le nomma gouverneur général des Isles d'Amérique. Installé à Saint-Christophe, il y deviendra le champion de la cause des Jésuites. En 1642, après avoir maté une petite sédition, il perdra l'affection d'une grande partie des colons antillais par ses taxes et prohibitions concernant le commerce avec les Hollandais. En 1646, il refusa de reconnaître le sieur de Thoisy que lui avait donné comme successeur la Reine régente. Il en résulta de graves troubles politiques dans les Antilles. En 1651, lorsque l'Ordre de Malte acheta l'île de Saint-Christophe et dépendances, Poincy y fut confirmé comme gouverneur avec le titre de bailli. Son neveu Lonvilliers lui succéda comme sieur de Poincy et commandeur d'Oysemont pour l'ordre de Malte.

POUANCEY, le sieur de

Jacques NEPVEU, sieur de POUANCEY : administrateur français (mort à Saint-Domingue, 1683).

Fils de Thomas Nepveu sieur de Pouancey et de Jeanne Ogeron, il arriva à la Tortue, dont son oncle maternel était le gouverneur, en 1666 et participa à l'expédition de Maracaïbo. Dès le 30 décembre 1667, il recevait de cet oncle, Bertand Ogeron, une commission de gouverneur adjoint de la colonie durant l'absence de celui-ci. Le 9 octobre 1669, ce dernier lui concéda un terrain situé dans la future paroisse de l'Ester. En 1673, il compta au nombre des officiers de Saint-Domingue qui s'embarquèrent dans deux navires du roi pour l'expédition contre Curaçao. Il se retrouva ainsi prisonniers des Espagnols lorsque le navire sur lequel il prennait place en compagnie de son oncle s'échoua à Puerto Rico, où il demeura captif pendant presque deux ans. Au début de 1675, il fut libéré par le capitaine Bennett qui s'empara du navire sur lequel on l'envoyait à Cuba. La même année, il reçut de son oncle le gouvernement du Petit-Goâve et des autres établissements français de la côte ouest et sud de Saint-Domingue. En mars 1676, il fut nommé officiellement gouverneur de la colonie. En 1678, il joignit, à la tête des flibustiers, la flotte du comte d'Estrées. Son administration vit les premières négociations pour délimiter la frontière entre les colonies française et espagnole d'Hispaniola. Son matelot Galichon, notable habitant et futur membre du Conseil souverain de Saint-Domingue, hérita de tous ses biens, dont le morne et les terrains de la veuve Gobin, qu'il avait acheté «huit milliers de tabac» (1680).

POWELL, Richard

Richard POWELL : marin anglais.

En août 1670, il commandait la barque jamaïquaine The Lamb de 30 tonneaux et 4 canons qui croisait vers Santiago de Cuba. Il joignit en octobre suivant la flotte de Henry Morgan à l'île à Vache. Il reçut alors le commandement du navire du corsaire espagnol Rivera Pardal qui venait d'être capturé par John Morris. Sous les ordres de Morgan, il participa à l'expédition de Panama (1671).

PRINCE, Lawrence

Laurens PRINS : flibustier néerlandais (Amsterdam, 16?? - Jamaïque, vers 1680), plus connu en anglais sous le nom de Lawrence PRINCE.

En novembre 1662, il se porta caution pour son compatriote Harmenson, lorsque celui-ci prit une commission du gouverneur de la Jamaïque pour prendre sur les Espagnols par droit de représailles. Il était sûrement l'un des officiers, sinon l'un des hommes, de la compagnie d'Harmenson. Vers la fin de 1664 ou au début de l'année suivante, il reçut du nouveau gouverneur de la Jamaïque, Sir Thomas Modyford, le commandement de la frégate The Cagway qui avait appartenue naguère au capitaine Searle. Porteur d'une commission de Modyford pour prendre sur les Néerlandais, Prince se rendit à l'île Bonaire où il fit descente le 11 février 1665, action pour laquelle le gouverneur de Curaçao ordonna son arrestation, sans effet apparemment. En juillet 1670, commandant le Pearl de 50 tonneaux et 12 canons, Prince compta au nombre des capitaines qui furent envoyés par le gouverneur Modyford au fleuve Magdalena pour assister les Indiens du Monpos en révolte contre les Espagnols. Après l'échec de cette mission, il pilla (septembre) Granada en compagnie de Ludbury et Thomas Harris. De retour à la Jamaïque (fin octobre), il alla rejoindre la flotte de l'amiral Henry Morgan à la l'île à Vache, ayant alors 70 hommes à bord du Pearl. Prince, avec le grade de lieutenant-colonel, commanda l'avant-garde des troupes de Morgan lors de la bataille de Panama (janvier 1670). En décembre 1671, le nouveau gouverneur Lynch le choisit pour être l'un de ses officiers; et l'année suivante il acquit une belle plantation dans la plaine de Liguaena. En 1680, son ancien chef Morgan était devenu propriétaire de cette plantation nommée Lawrencefield; ce qui laisse croire que Prince était mort ou qu'il avait alors quitté la Jamaïque.

PRINIER, John

Jean SPRINGER : flibustier français, mieux connu en anglais sous le nom de John PRINIER.

Établi à la Jamaïque depuis au moins 1670, il vivait aux Antilles avec les Anglais depuis de nombreuses années déjà. En 1674, il reçut du gouverneur de la Tortue, Bertrand Ogeron, une commission pour prendre sur les Espagnol et les Néerlandais. Avec son brigantin armé de deux canons, avec trente hommes d'équipage, il alla croiser à la côte de Carthagène puis, en compagnie d'autre corsaires, il alla vers Rio de la Hacha où, en juin ou juillet de cette même année, il s'empara d'une frégate espagnole sortie de Santa Marta. Il échangea probablement cette prise contre son brigantin, puisque l'année suivante il montait une petite frégate de huit canon avec environ 60 hommes. En avril 1675, il compta au nombre des flibustiers de la Jamaïque croisant sous pavillon français que Sir Henry Morgan, devenu gouverneur adjoint de l'île, invita à venir liquider leurs prises à Port Royal comme par le passé. En juin, il vint d'ailleurs à la Jamaïque en compagnie de Cussy, l'un des lieutenants d'Ogeron, et visita tant Morgan et que le beau-frère de celui-ci le colonel Byndloss qui était l'un de ses armateurs. En septembre, Prinier, associé à un autre capitaine, fit quelques bonnes prises sur les Espagnols aux côtes de Carthagène et de Puerto Belo. Il revint ensuite à la Jamaïque vers le mois de décembre, étant toujours accompagné de Cussy. Reprenant la mer, il croisa encore à la côte de Carthagène, continuant ses pillages contre les Espagnols. En mars 1676, il carénait sa frégate The Dolphin à Boca del Toro, et en juin il se présentait aux cayes au sud de Port Royal, d'où il dut précipitamment partir, le gouverneur de la Jamaïque l'ayant déclaré forban. Il passa alors au Petit-Goâve (à la côte de Saint-Domingue) où il vendit une partie des marchandises qu'il avait prise sur des navires espagnols. L'année suivante, il servait encore les Français de Saint-Domingue. En mai 1680, selon la relation de Basil Ringrose, il aurait participé à la bataille de Perico dans le golfe de Panama en compagnie de Coxon, Harris et Sawkins, commandant alors l'un des canots des flibustiers. Au cours de sa carrière, il avait fréquenté assidûment les petites îles de l'archipel de San Blas, à la côte nord-est de l'isthme de Panama, puisque l'une d'elles portait son nom (Springer's Key) au début des années 1680.

PURDUE, John

John PURDUE : marin anglais.

Commandant une frégate nommée The Purdue, il obtint à la Jamaïque à la fin septembre 1662 une commission du gouverneur Windsor pour prendre sur les Espagnols par droit de représailles. Il compta vraisemblablement au nombre des flibustiers jamaïquains qui suivirent ensuite le capitaine Myngs dans sa descente contre Santiago de Cuba. Il participa à la seconde entreprise de Myngs, la prise de Campêche au début de 1663. À la fin de la même année, étant encore au nombre des flibustiers de la Jamaïque, il montait une frégate enlevée aux Espagnols (peut-être la Purdue), armée de quatre canons, avec 40 hommes d'équipage.

PYNE, John

John PYNE : marin anglais.

En 1670, il commandait le John, navire marchand de 70 tonneaux et 6 canons armé à Youghal (Irlande) et qui fut incorporé à la flotte de l'amiral jamaïquain Henry Morgan, sous les ordres duquel, avec 60 hommes d'équipage, il participa à l'entreprise de Panama.

Figures de Proue : un dictionnaire biographique de la flibuste

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