SAINT-LAURENT, le chevalier de

Claude de ROUX, sieur de SAINT-LAURENT : administrateur colonial français (mort à la Martinique, 31 mars 1689).

Chevalier de Malte, il assuma le gouvernement de la partie française de Saint-Christophe dès la mort de son collègue Charles de Sales (22 avril 1666), obtenant ensuite le rang de commandeur dans l'ordre de Malte. En février 1682, au départ du comte de Blénac pour la France, il assura l'intérim du gouvernement général des Isles d'Amérique. En 1684, il accompagna l'intendant Bégon dans sa tournée d'inspection à Saint-Domingue: tous deux retournèrent aux Isles du Vent en décembre 1684, à bord du Victorieux. Le 19 février 1689, il fut nommé gouverneur de la Martinique.

SALTER, Thomas

Thomas SALTER : flibustier anglais.

En 1667, il commandait la frégate The George, armée en course à la Jamaïque, avec laquelle, aux côtes de Campêche, il s'empara d'un navire espagnol. Il confia le commandement de cette prise à son maître William Smith avec ordre de la conduire à la Jamaïque. Mais Smith se rendit avec ce navire en Nouvelle-Angleterre. En étant informé, Salter donna au capitaine Samuel Mosely, de Boston, une procuration pour recouvrer son dû: l'affaire fut jugée à New York, en avril 1668, devant une cour présidée par le gouverneur Richard Nicolls. Entre-temps, au tout début de 1668, Salter appareillait de Port Royal au sein de la petite flotte commandée par Henry Morgan, sous les ordres duquel il participa aux descente contre Puerto Principe de Cuba et Puerto Belo. En septembre de la même, il rentra avec son chef à la Jamaïque.

SAWKINS, Richard

Richard SAWKINS : flibustier anglais (mort à Pueblo Nuevo, juin 1680).

En 1677, il participa à la prise de Santa Marta, sans doute déjà comme capitaine, étant alors l'un des nombreux flibustiers jamaïquains à faire la guerre aux Espagnols sous commission française du gouverneur de Saint-Domingue. Vers septembre de l'année suivante, il partait en course avec 40 hommes à destination des côtes de Cumana et de Caracas, où il s'empara d'un navire néerlandais, qu'il échangea contre le sien lors d'une escale à l'île de la Tortille. Vers l'île d'Orchilla, il s'empara ensuite de la bélandre El Tigre appartenant à l'Armada de Barlovento, qu'il mena à Saint-Domingue vers octobre 1679. Avec une petite barque longue, il se rendit ensuite à la côte nord de la Jamaïque, où il fut accueilli avec ses 50 hommes à la plantation du capitaine Benjamin Smith, alors membre de l'Assemblée coloniale. En novembre 1679, étant à Point Negril (Jamaïque) il fut toutefois capturé par la frégate royale Success, puis emprisonné, pour piraterie, à Port Royal, d'où il s'évada assez facilement dès le mois suivant au cours duquel il fut affronté un navire espagnol. Mouillant à Boca del Toro en compagnie de Peter Harris, il fut rejoint par Coxon, Sharpe et d'autres flibustiers qui revenaient de la prise de Puerto Belo. Tous ensemble, ils projetèrent d'aller attaquer les Espagnols dans la mer du Sud. Commandant l'une des sept compagnies qui franchirent le Darien, il participa à la prise de Santa María, puis à la bataille de Perico. Reconnu pour sa bravoure malgré sa jeunesse, il succéda à Coxon après la défection de celui-ci (mai 1680) comme général des flibustiers en mer du Sud. À leur tête, il croisa dans le golfe de Panama, pillant les navires espagnols et revendant parfois une partie des cargaisons prises aux habitants. Mais, ces activités lui rapportant peu, il quitta sa base de l'île Tabago avec l'intention de piller les pêcheries perlières de l'île Coiba. En chemin, il attaqua le bourg espagnol où il trouva la mort.

SCROOPE, le capitaine

Adrian SCROOPE : flibustier anglais (mort aux Antilles, vers février 1693).

Il était l'un des fils cadets du colonel Adrian Scroope, qui fut l'un des membres du Parlement qui votèrent la mort du roi Charles I et qui fut exécuté comme régicide après la restauration de la monarchie en 1660. À une date inconnue, probablement vers le moment de l'exécution de son père, il s'exila en Amérique et passa, peut-être directement, à la Jamaïque où on le retrouve plus tard. En effet, en 1683, il était maître d'un sloop de cette île faisant notamment la traite avec les Français de Saint-Domingue. À la fin de cette année-là, ou peut-être au début de la suivante, il y prit d'ailleurs une commission du sieur de Franquesnay, gouverneur par intérim, pour prendre sur les Espagnols par droit de représailles. Cependant au début 1684, son sloop fut enlevé par une partie de ses hommes alors qu'ils se trouvaient à la côte nord de la Jamaïque. À la mi-mars, le capitaine Sharpe le ramena à Port Royal où Scroope lui-même, qui était parti à sa recherche, revint peu de temps après. Là, il recruta environ une cinquantaine d'hommes, qui s'embarquèrent dans son sloop, puis il en resortit au début juin en compagnie du capitaine Bannister. À la fin de 1685, le lieutenant-gouverneur Molesworth le chargea d'aller porter une lettre aux gouverneurs espagnols du Yucatan pour leur demander la libération de prisonniers anglais. En février 1692 durant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, un Robert Scroope, sans doute son fils et lui aussi un marin, reçut, du Conseil de la Jamaïque, une commission pour prendre sur les Français; à sa mort, qui survint environ un an plus tard, Robert était propriétaire pour un quart des sloop The Diligence et The Dragon.

SEARLE, Daniel

Daniel SEARLE : planteur anglais.

Étant établi planteur à la Barbade, il fut nommé gouverneur de l'île en 1652 lorsque celle-ci fit sa soumission à Sir George Ayscue, commandant une escadre du Parlement. En décembre 1654, quoiqu'étant toujours en poste à la Barbade, il fut nommé l'un des trois commissaires civils qui devaient partager la direction du Western Design avec le général Venables et l'amiral Penn. Lors du passage de l'expédition à la Barbade, au début de l'année suivante, il autorisa la levée d'un régiment de volontaire (par le colonel Lewis Morris) pour renforcer l'armée de Venables, qu'il assista aussi avec des provisions, mais il ne participa pas personnellement à l'expédition. Il demeura gouverneur de la Barbade jusqu'à la Restauration (1660) au moment où le baron Willoughby of Parham lui succéda. Searle n'en demeura pas moins membre du conseil de la colonie dont il était l'un des plus riche planteurs, avec 500 acres en 1673.

SEARLE, Robert

Robert SEARLE : flibustier anglais (mort dans la lagune de Triste, v. 1672-74).

En septembre 1662, à Port Royal (Jamaïque), commandant le Biam, il obtint sa première commission comme capitaine corsaire en prévision de l'expédition de Christopher Myngs contre Santiago de Cuba. En février 1663, toujours sous les ordres de Myngs, il participa à la prise de San Francisco de Campêche. Lors de son troisième voyage, qu'il effectua cette fois en solitaire, il captura, devant le port de Baracoa (Cuba), une frégate chargée de cacao et une barque. Fin août 1664, il conduisit ces deux prises à la Jamaïque, où elles furent confisqués par le nouveau gouverneur Thomas Modyford, qui en ordonna la restitution à leurs propriétaires espagnols. Modyford fit aussi saisir les voiles et le gouvernail du navire de Searle, pour s'assurer que celui-ci ne reprenne la mer. Sept mois plus tard, Modyford ayant autorisé une expédition contre les Néerlandais sous la conduite de son adjoint Edward Morgan, Searle retrouva un commandement en course et participa comme capitaine de la le Pearl, en août 1665, à la prise de l'île Saint-Eustache. Après ce succès, Searle s'associe avec un autre flibustier jamaïquain nommé Stedman. Ensemble, avec à peine une centaine d'hommes, ils s'emparèrent, en septembre, de Tobago, autre île néerlandaise. Une flotte envoyée dans le même dessein par le gouverneur de la Barbade, avec des effectifs trois à quatre fois plus nombreux, vint les rejoindre. Searle négocia la cession de sa conquête avec les nouveaux venus, et obtint la conservation de son butin et l'autorisation d'aller le vendre à la Barbade. L'année suivante, il retourna à la Jamaïque où Modyford autorisait maintenant les armements contre les Espagnols. En mai 1668, de concert avec un autre capitaine, et une centaine d'homme, il réalisa son plus gros coup : la prise de San Agustín, la capitale de la Floride, où le meilleur de son butin consista en 138 lingots d'argent. Informé de cette action, le gouverneur Modyford la désavoua publiquement, parce que le flibustier avait agi de sa propre initiative et aussi parce qu'il aurait une fois encore liquidé son butin dans une autre colonie anglaise. Lorsqu'au début de 1670 Searle. montant cette fois le Cagway osa enfin revenir à la Jamaïque, Modyford, qui avait proclamé entre-temps la fin des hostilités contre les Espagnols, le fit immédiatement incarcéré. Cependant, quelques mois plus tard, il le libéra et l'autorisa à s'embarquer comme volontaire à bord de l'un des navires de la flotte de Henry Morgan. Après la prise de Panama, en janvier 1671, Morgan lui confia la mission de diriger le pillage des petites îles du golfe de Panama. Searle et ses hommes capturèrent quelques barques puis s'attardèrent pour profiter du vin et des femmes qu'ils avaient trouvés sur ces îles. Ils manquèrent ainsi le galion Santisima Trinidad, à bord duquel les Panaméens avaient embarqués la majeure partie de leurs richesses : Searle fut aussitôt destitué de son commandement. Au retour de cette expédition, il s'engagea dans la coupe et la traite du bois de teinture dans la baie de Campêche. À la suite d'une querelle, il y fut tué par l'un de ses compagnons. La petite île où il avait coutume de caréner son navire avait été baptisée Searle's Key par les autres bûcherons anglais..

SEDGWICK, le général Robert

Robert SEDGWICK : officier anglais (Woburn, Bedfordshire, Angleterre, 1613 - Jamaïque, 3 juin 1656).

Ancien habitant de la Nouvelle-Angleterre, il fut envoyé comme commissaire civil (comme successeur d'Edward Winslow), avec le grade de major-général, pour commander à la Jamaïque. Il vécut presque constamment à bord du vaisseau du Commonwealth. The Marmaduke, sur lequel il mourut d'ailleurs. Il forma un Conseil pour gouverner la colonie, avec lui-même à sa tête. À la suite de la nouvelle de la mort du général Fortescue, Cromwell le nomma commandant en chef des troupes du Commonwealth à la Jamaïque.

SENOLVE, le capitaine

SENOLVE : flibustier néerlandais.

En 1663, portant commission du gouverneur de la Jamaïque, il appareilla de Port Royal, à la tête de trois petits bâtiments à bord desquels s'était embarqué une centaine de Jamaïquains.

SEIGNELAY, le marquis de

Jean-Baptiste COLBERT, marquis de SEIGNELAY : homme d'État français (vers 1651 - 1690).

Fils du ministre Jean-Baptiste Colbert, il succéda (1683) à son père comme secrétaire d'État à la maison du Roi et à la Marine. fonction qu'il occupa jusqu'à sa mort. Quelques années plus tard, il fut aussi nommé ministre. Peu favorable à la flibuste, il donna des instructions au sieur de Cussy, le gouverneur de Saint-Domingue, pour l'interdire.

SHARPE, Bartholomew

Bartholomew SHARPE : flibustier anglais (Stepney, Middlesex, 1650 - île Saint-Thomas, 29 octobre 1702).

Ce marin est surtout connu comme l'un des premiers flibustiers à avoir traversé l'isthme de Panama pour aller piller les Espagnols sur les côtes pacifiques des Amériques et le premier navigateur britannique à en revenir en franchissant le cap Horn d'est en ouest. Vers 1666, il commença sa carrière d'écumeur des mers à la Jamaïque où il sera promu capitaine une dizaine d'années plus tard, vers le moment où il participa, en 1676, sous pavillon français, à la prise de Nueva Segovia (Honduras). La plus ancienne référence qui le confirme comme capitaine remonte cependant à août 1677, au moment où il carénait son navire dans les cayes du golfe des Honduras. Deux ans plus tard (septembre 1679), il s'y trouvait à nouveau, en compagnie de Coxon, à l'occasion du pillage des entrepôts espagnols du golfe Dulce. Il se retira ensuite à la Jamaïque où il fut protégé, comme ses associés, par le gouverneur Carlisle en échange d'un pourcentage de leur butin. En avril 1680, il entreprit le voyage à la «mer du Sud» qui le rendra célèbre, n'étant alors que l'un des capitaines qui, sous les ordres de Coxon, participèrent à cette expédition. Il ne prit toutefois pas part à la bataille de l'île Perico, dans le golfe de Panama, qui procura aux flibustiers leurs premiers bâtiments en mer du Sud, dont la Santisima Trinidad, ou Holy Trinity pour les Anglais. Cependant, après le départ de Coxon et le décès du successeur de celui-ci, Richard Sawkins, il fut choisi pour commander en chef les quelque 150 hommes qui restaient à bord de la Holy Trinity et d'une autre prise espagnole. Après plus de six mois d'une croisière peu fructueuse, Sharpe fut destitué de son commandement (janvier 1681), mais il le retrouva néanmoins le mois suivant après l'échec devant Arica, au Chili, où les flibustiers perdirent 40 hommes, dont leur nouveau chef Waitling. En avril 1681, après le départ de plusieurs des siens, Sharpe se retrouva avec 66 hommes seulement à bord de la Trinity. Après quelques raids en Amérique centrale, il retourna vers le Pérou et le Chili où il fit quelques bonnes prises en mer, dont le San Rosario, à bord duquel il trouva également des cartes détaillées des routes maritimes et des ports de l'océan Pacifique, ce qui lui sauva la vie à son retour en Angleterre, où il arriva avec seize de ses hommes en mars 1682 après avoir abandonné la Trinity dans les Petites Antilles. En effet, il fut officiellement acquitté du crime de piraterie parce que le témoignage des deux garçons et deux noirs espagnols qu'il avait ramenés avec lui n'était pas suffisant pour le faire condamner, mais la correspondance échangée entre les dirigeants britanniques et les diplomates espagnols démontre que ce furent plutôt les cartes marines qui évitèrent à Sharpe d'être pendu. En décembre 1682, Charles II récompensa même le pirate en le nommant officier de la marine royale. Cependant, dès avril 1683, pour une raison qui n'est pas connue, Sharpe perdit ce commandement qui devait le ramener à la Jamaïque comme capitaine d'une petit bâtiment affrété pour repêcher les trésors d'épaves espagnoles. Il n'y retrouva pas moins un navire qu'il aurait volé aux Français. En février 1684, à l'île de Nevis, il prit une commission du gouverneur général des Leeward Islands pour donner la chasse aux Indiens sauvages et aux pirates. Lors d'une escale à la Jamaïque, où il reçut un accueil mitigé du gouverneur Lynch, il vit une partie de ses hommes lui voler son navire, ce qui l'obligea à acheter une barque à Port Royal peu de temps après. En mars 1685, il saisit à la côte nord de la Jamaïque, en vertu de sa commission, la Resolution, l'ancienne frégate du capitaine bostonien Handley, devenu un pirate. Il joignit ensuite la flotte de Grammont, sous les ordres duquel il participa à la prise de Campêche. En décembre 1685, revenant de cette expédition, il fit escale aux Bermudes dont il aida le gouverneur Richard Coney, à mater une rébellion. Il y demeura jusqu'en août 1686, au moment où le capitaine George Saint Loe, commandant la frégate royale Darmouth, l'arrêta pour piraterie et pour avoir servi sous pavillon étranger. Ramené à Nevis, il subit, en février 1687, un procès pour sa participation à la prise de Campêche, mais il fut acquitté. L'année suivante, il reçut le commandement de la petite île voisine d'Anguilla, et participa à sa défense lors de la guerre contre les Français. En 1696, il s'établit dans la colonie danoise de l'île Saint-Thomas, mais deux ans plus tard, très endetté, il fut arrêté alors qu'il allait prendre la fuite puis il fut condamné à l'emprisonnement à vie et à la confiscation de ses biens : en 1699, le gouverneur Johann Lorentz refusa de remettre à l'amiral Benbow son prisonnier, qui mourut en captivité.

SHEPHERD, John

John SHEPHERD : marin anglais.

En 1670, il commandait un bâtiment dans la flotte de Morgan sous les ordres duquel il participa à l'expédition de Panama.

SPURRE, le capitaine

George SPURRE : flibustier anglais (mort à Saint-Domingue, août 1683).

En 1671 et 1672, il était marin à bord du ketch jamaïquain Trial, maître William Merritt, et qui fit un voyage à New York. En avril 1678, il commandait une petite frégate, croisait en compagnie du capitaine Neville à la côte nord de Cuba, où ils s'emparèrent d'un navire espagnol connu sous le nom d'El Toro. En juillet, son associé et lui, à la tête de d'environ 200 hommes, s'emparèrent de San Francisco de Campeche, qu'ils pillèrent. De retour à Port Royal dès la fin octobre de la même année, il y fit sa reddition au gouverneur Carlisle. Cependant, en septembre 1682, montant cette fois un sloop avec un équipage de 60 hommes, il rôdait aux côtes de la Jamaïque en quête de bâtiments espagnols à piller. En avril 1683, accompagné d'une petite frégate, il se trouvait à la côte nord du Yucatan où il joignit la flotte de Van Hoorn et De Graffe, sous les ordres desquels il participa le mois suivant à la prise de Veracruz. À la suite de cette expédition, il suivit ses associés à la côte de Saint-Domingue où il mourut peu de temps après son arrivée. Le nouveau gouverneur de la Jamaïque, Sir Thomas Lynch, demanda alors au sieur de Franquesney, commandant par intérim à Saint-Domingue, le sloop du défunt ainsi que sa part du pillage de Veracruz, surtout du cacao et de la cochenille, ce qui lui fut d'abord refusé. Cependant, le sloop revint finalement à la Jamaïque où le capitaine John Davis, sur ordre de Lynch, s'en saisit. Le bâtiment et sa cargaison furent ensuite adjugés au Roi comme étant des biens appartenant à un pirate. Cependant, l'avocat Simon Musgrave prétendit que le gouverneur Lynch avait fait mal jugé les biens du pirate, et qu'il aurait dû impliquer la veuve de celui-ci comme partie. Ainsi, un autre juriste jamaïquain, Roger Elleston, bon ami de Sir Henry Morgan, défendit les intérêts de la veuve Spurre et il poursuivit le gouverneur puis sa succession pour dilapidation des biens du flibustiers, mais il ne put rien obtenir.

STAPLETON, Sir William

William STAPLETON : homme politique irlandais (Paris, France, 13 août 1686) : Sir William STAPLETON, baronet STAPLETON, of The Leeward Islands (in America).

Fils de Redmund Stapleton, de confession catholique et partisan de Charles I contre le Parlement, il s'exila en France, puis en Espagne. De retour en Angleterre à la restauration de la monarchie, il dut cependant s'exiler à la Barbade à la suite d'une accusation de meurtre. Durant la guerre avec la France (1666-1667), il est fait prisonnier une fois la paix revenu. En 1668, il devint gouverneur adjoint de Montserrat, puis en 1672, il succèda à son beau-père le colonel Randolph Russell, dont il avait épousé la fille Anne, comme gouverneur particulier de l'île de Nevis. Après la fuite de Sir Charles Wheeler, il fut promu (1672) gouverneur des Leeward Islands avec le titre de capitaine général. Le 30 décembre 1679, il fut créé baronet par le roi Charles II.

STEVENS, le major Richard

Richard STEVENS : officier anglais.

En 1654, il était capitaine d'une compagnie dans le régiment qui fut levé à la Barbade par le colonel Lewis Morris, habitant de cette île, pour accompagner l'expédition de Venables à Hispaniola. Mais lors de l'expédition, Stevens servit plus tôt sous les ordres du colonel D'Oyley qui se fit donner par le général Venables le commandement du régiment de Morris qui, à cause de ses dettes, ne put accompagner l'expédition. Après la conquête de la Jamaïque, il fut promu major du même régiment. S'étant établi dans cette île, il dirigea, en 1658, l'érection d'un fort à Cagway (future Port Royal). En 1665, il accompagna le colonel Edward Morgan dans son expédition contre les Antilles néerlandaises. Sur l'ordre du colonel Cary (le successeur de Morgan), il s'empara ainsi de la petite île de Saba. En 1667, ayant comme lieutenant le flibustier Maurice Williams, il commanda l'avant-garde des troupes du commodore Sir John Harman et de Henry Willoughby lors des prises des colonies française et néerlandaise de Cayenne et Surinam.

STEDMAN, le capitaine

Thomas STEDMAN : flibustier anglais.

En septembre 1665, ce capitaine, associé à Searle, s'empara de l'île Tabago sur les Hollandais. L'année suivante, il fut capturé par un navire de guerre français dans les Petites Antilles.

STEEL, John

John STEEL : flibustier anglais.

En 1669, un homme de ce nom se maria à la Jamaïque. Fin 1677, il appareillait de la Jamaïque comme capitaine pour joindre une petite flotte de flibustiers ayant armée à Saint-Domingue. Au début de l'année suivante, il s'associa avec le capitaine Lemoigne, puis il participa à l'expédition contre les établissements espagnols du lac de Maracaïbo sous les ordres de Grammont (juin à décembre 1678); à la sortie du lac, il commandait l'un des douze bâtiments formant alors la flotte des flibustiers.

SWAN, Charles

Charles SWAN : marin anglais (mort à Mindanao, Philippines, vers 1690).

En 1670, capitaine d'un petit bâtiment marchand à la Jamaïque, il joignit la flotte de Henry Morgan et participa à la prise de Panama. Ce fut la seule action connue de Swan comme flibustier, car sa carrière antérieure n'est pas connue. Par la suite, il continua de commander des navires marchands faisant la navette entre l'Angleterre et la Jamaïque, notamment le Carlisle , de 1678 à 1682, avec lequel il fit au moins une occasion une halte en Afrique occcidentales pour acheter des esclaves qui furent vendus à Port Royal. Au retour de son dernier voyage, il accepta de commander une expédition visant à nouer des liens commerciaux avec les Espagnols en mer du Sud (au Chili et au Pérou). Le principal promoteur de l'entreprise était l'un des commissaires de la Monnaie royale, Sir John Buckworth, aussi actionnaire de la Royal African Company et propriétaire terrien à la Jamaïque. Basil Ringrose, qui avait fait le premier voyage en mer du Sud avec le pirate Sharpe et qui avait convaincu Buckworth et les autres investisseurs de tenter l'entreprise, fut choisi comme principal pilote et il fut l'un des trois subrécargues représentant les intérêts des investisseurs. En octobre 1683, Swan appareilla de Londres avec le Cygnet, une frégate de 180 tonneaux, armée de 16 canons, avec 36 hommes d'équipage, et il navigua en vertu d'une commission du duc d'York, alors grand amiral d'Angleterre, qui lui défendait de commettre des actes de violence contre les Espagnols, mais l'autorisait de n'en accepter aucun de leur part. Ce fut pourquoi, une fois rendu au détroit de Magellan, il refusa de s'associer avec le pirate Eaton. En mars 1684, à Valdivia, au Chili, sa première tentative de commerce avec les Espagnols se solda par un échec et la mort de quelques uns de ses hommes. Il alla ensuite au Costa Rica où, à Nicoya, il rencontra le capitaine Peter Harris, qui avec une centaine de Jamaïquains venait de traverser l'isthme de Panama pour piller les Espagnols. Abandonné par la majeure partie de son équipage, il dut s'associer avec Harris puis avec Edward Davis. En mars 1685, il fut vice-amiral de la flotte réunie dans le golfe de Panama, mais, à la différence de ses compatriotes, il refusa de recevoir l'une des commissions que leur donna le capitaine français Grogniet affirmant que celle qu'il tenait du duc d'York lui permettait de combattre les Espagnols par représailles, de sorte qu'il était alors le seul capitaine de la bande à arborer pavillon britannique. Il participa ensuite à la prise de León (Nicaragua), puis en compagnie du capitaine Townley, il croisa à la côte du Mexique pour tenter de capturer le galion de Manille. En avril 1686, ayant rompu son association avec Townley, il traversa le Pacifique avec le Cygnet et une petite barque. En juillet 1686, il aborda Mindanao, l'une des Philippines, où il se lia d'amitié avec le sultan Barahaman. En janvier 1687, plusieurs flibustiers jamaïquains qu'il avait pris à son bord, dont le chroniqueur Dampier, s'emparèrent du Cygnet et abandonnèrent Swan chez les Philippins avec 36 hommes seulement. Au cours des mois qui suivirent, Swan et ses fidèles furent employés comme mercenaires par Barahaman dans ses guerres locales. Son arrogance lui valut l'inimitié de Raja Laut, le général du sultan, qui ordonna son assassinat : Swan fut noyé par des Philippins alors qu'il allait s'embarquer sur un navire néerlandais.

SWART, le capitaine Adrian

Adriaen VAN DIEMEN, alias SWAERT : flibustier néerlandais (mort en Floride, fin août 1664).

En juillet 1662, il commandait à la Jamaïque la frégate Griffin, de 14 canons, pour laquelle il reçut du nouveau gouverneur lord Windsor une commission pour joindre la flotte qui, sous les ordres du capitaine Myngs, pilla ensuite Santiago de Cuba. Pour cette expédition, tout comme pour la suivante contre San Francisco de Campeche, février 1663, le Griffin servit de vice-amiral. Parmi ses hommes, Swart comptait alors son compatriote, le futur capitaine Roc. Après l'entreprise de Campêche, il rentra à la Jamaïque d'où il repartait bientôt, avant la fin de l'année, pour une nouvelle croisière. Il demeura 17 mois absents de son port d'attache. À court de vivres et son navire en fort mauvais état, il fut abandonné par la majeure partie de son équipage lorsqu'il décida finalement de rentrer à la Jamaïque. En juin ou juillet 1664, il revint enfin à Port Royal, où il fut l'un des premier flibustier à faire sa soumission au nouveau gouverneur, Sir Thomas Modyford, qui réquisitionna Swart et sa frégate pour le service du roi. Quelques semaines plus tard, Swart, ayant à son bord le major-général John Modyford, l'un des fils du gouverneur, appareillait de la Jamaïque, de conserve avec la frégate royale Westergate et le ketch Swallow, à destination de la Barbade pour y lever de colons et ramener la femme et le reste de la famille du gouverneur. À la fin du mois d'août, il fut séparé de ses deux conserves lors d'une violente tempête, laquelle jeta le Griffin aux côtes de la Floride. Selon le témoignage d'un Espagnol, recueilli quatre ans plus tard, Swart et ses hommes, sauf cinq, périrent lors du naufrage. Quant au Griffin, il fut apparemment relevé par les Espagnols puisqu'en 1666 il fut reconnu aux côtes de Cuba par le capitaine Roc, qui y avait autrefois servi sous les ordres de Swart.

SYBADA, Kempo

Kempo SIJBADA : flibustier néerlandais originaire de Lieveren, dans le comté de Drenthe (mort à Londres, avril 1659).

Dans les années 1630, le marin néerlandais Kempo Sijbada résidait à l'île Providence, au large du Nicaragua, alors habitée par les Anglais. Il s'embarqua avec le capitaine Thomas Newman, un flibustier de passage de l'île, et il lui servit de pilote (1636-1638) lors d'une croisière aux Antilles contre les Espagnols. En juin 1640, la Providence Island Company, l'employeur de Newman, ordonna qu'il soit payé pour ses services. Quelques années plus tard, Sybada servit, à nouveau, comme pilote, cette fois pour le capitaine William Jackson lors de l'expédition de celui-ci en représailles à la prise de Providence par les Espagnols (1642-1645), au cours de laquelle Maracaïbo et la Jamaïque furent notamment pillées. À partir de 1646, il remplit les mêmes fonctions pour son compatriote Blauvelt, à bord de la frégate La Garce. En mai 1649, au Yucatan, il reçut de Blauvelt le commandement d'une barque espagnole qu'ils venaient de capturer à Tabasco, avec ordre de la ramener à Nieuw Amsterdam, leur port de relâche, qu'il rallia après un détour vers le Rhode Island. Ce fut d'ailleurs dans cette colonie qu'il se fixa l'année suivante, obtenant le droit d'établir une pêcherie sur Block Island. À partir de mars 1651, il fit aussi du commerce avec sa barque entre le Rhode Island et le Connecticut, où l'un des principaux magistrats, John Winthorp junior, lui concéda une terre à New London. Il fit aussi de la traite avec les Indiens, ce qui lui valut certains ennuis avec la Cour générale du Connecticut, qui le condamna, à une occasion, à une amende de 10£ pour leur avoir vendu des munitions. En avril 1653, lors de la guerre entre l'Angleterre et les Pays-Bas, en raison de sa nationalité, il fut la cible du capitaine Edward Hull, portant commission du gouverneur du Massachusetts contre les Néerlandais, qui lui vola sa barque avec toute sa charge puis lui pilla pour 96£ de marchandises à Block Island. Avant la fin de l'année, il intenta un procès, à Salem, aux armateurs et parents de son capteur, qui s'était enfui en Angleterre, et il eut gain de cause l'année suivante. En 1655, il retourna aux Antilles, et en avril, étant à Antigua, commandant le brigantin Hunter, il accepta l'offre du commissaire Gregory Butler, sous la promesse d'une part de butin, de joindre la flotte de l'amiral Penn qui allait attaquer Santo Domingo. Au cours de cette expédition, il servit de pilote à bord du Swiftsure et lorsque Penn retourna en Angleterre, après la prise de la Jamaïque, il le reconduisit jusqu'aux côtes de la Floride. En août, il revint à la Jamaïque, où il servit encore trois ans comme capitaine du Hunter. En février 1656, sur l'ordre de William Goodson, le successeur de Penn, il embarqua avec lui une centaine de soldats et fit quelques prisonniers aux côtes de l'île pour connaître les desseins des Espagnols, puis en avril il accompagna l'escadre du même Goodson à Río de la Hacha et Santa Marta. Sa dernière campagne se déroula en juin et juillet 1658 alors qu'il participa à l'expédition de Rio Nuevo sous les ordres du gouverneur D'Oyley et du capitaine Myngs. Étant alors fort âgé, il passa peu après en Angleterre pour y recevoir paiement des services qu'il avait rendus au Commonwealth. Le 19/29 mars 1659, il y rédigea son testament, qui fut vérifié le 18/28 avril suivant, et dans lequel il désignait sa femme Mary comme exécutrice testamentaire et leur fille unique Anne Sybada comme légataire de ses possessions en Nouvelle-Angleterre et à la Jamaïque, les capitaines John Wentworth, des Bermudes, et John Penny, de Londres, agissant comme témoins.

SYMONS, Clement

Clement SYMONS : marin anglais.

En 1670, il commandait le ketch The Fortune dans la flotte de Morgan sous les ordres duquel il participa à l'expédition de Panama. Le gouverneur Modyford avait sur ce ketch, appartenant au marchand Christopher Webb, une hypothèque qu'il exerça en septembre 1670, probablement avant d'envoyer ce bâtiment rejoindre Morgan à l'île à Vache. Après l'expédition de Panama, il se rendit dans la baie de Campêche où son ancien collègue Yallahs lui vola son bâtiment. Il participa ensuite à quelques expéditions contre les Espagnols sur la rivière Tabasco.

Figures de Proue : un dictionnaire biographique de la flibuste

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