FACKMAN, Jacob

Jacob FACKMAN : flibustier anglais originaire de Bristol.

En 1655, étant en Angleterre, il prend à son service plusieurs engagés qui devront le servir à la Barbade. Commandant la frégate Cagway, il obtint, à la Jamaïque, à la fin de septembre 1662, une commission pour prendre sur les Espagnols par droit de représailles, que lui donna le gouverneur Windsor. Il joignit ainsi la flotte jamaïquaine qui, sous les ordres du capitaine Myngs, s'empara de Santiago de Cuba le mois suivant. Ensuite, après un bref retour à la Jamaïque, il suivit vraisemblablement Myngs dans sa seconde entreprise, qui se termina par la prise de Campêche au début de l'année suivante. Quelques mois après son retour de cette expédition, il reçu (août 1663) une seconde commission en course, toujours pour le Cagway, mais qui cette fois lui fut donnée par le gouverneur adjoint Lyttleton. Apparemment, Fackman fut absent pendant environ deux ans de la Jamaïque, car il ne rentra à Port Royal qu'à la fin août 1665, ayant participé depuis le début de l'année-là, en compagnie des capitaines John Morris et David Martin, aux prises Villahermosa et de Granada.

FONTENAY, le chevalier

Timoléon HOTMAN, sieur de FONTENAY : marin français (mort devant Buenos Aires, 1658).

Fils d'un trésorier de France, à Paris, il fut reçu comme chevalier dans l'ordre de Malte en 1631. Dans les années 1640, il se signala comme corsaire dans des combats contre les Turcs en Méditerranée. Le 10 février 1650, commandant la frégate La Louise mouillant à l'île de Jersey, il y reçut du prince de Galles (le futur roi Charles II), alors en exil, une commission pour prendre sur les navires du Commonwealth. Arrivé à l'île Saint-Christophe en 1652, probablement sur la même frégate armée alors de 22 canons, il s'entendit avec son supérieur, le commandeur de Poincy, pour reprendre l'île de la Tortue sur le protestant Levasseur. Ce dernier étant mort, Fontenay, accompagné du sieur de Tréval (un neveu de Poincy), fut rapidement reconnu comme gouverneur par les habitants de l'île après avoir amnistié les assassins de son prédécesseur. Dès son entrée en fonction, il favorisa les courses des flibustiers contre les Espagnols, renvoyant même son lieutenant en course sur sa frégate. Cependant, depuis Santo Domingo, les Espagnols se rendirent maîtres de la Tortue en mai 1654. Son frère cadet César ayant été conduit comme otage à Santo Domingo, le chevalier s'installa au Port Margot d'où il tenta sans succès de reprendre (août 1654) la Tortue avec l'aide de boucaniers avant de repasser en France. Quatre ans plus tard, montant le Gaspard, armé par le maréchal de La Meilleraye, il fit un voyage au Brésil mais il périt lors d'une combat contre des Hollandais et des Espagnols devant Buenos Aires.

FORTESCUE, le colonel Richard

Richard FORTESCUE : soldat anglais (mort à la Jamaïque, v. 31 octobre 1655).

Lieutenant-colonel dans l'armée du comte d'Essex en 1644, il fut promu dès l'année suivante colonel commandant un régiment dans la New Model Army, emploi qu'il perdit en 1647 à l'occasion de la dispute entre l'Armée (dont il était l'un des partisans) et le Parlement. Écarté de l'armée anglaise pendant sept ans, il accepta en 1654 le commandement de l'un des cinq régiments formés pour le Western Design. Le 20 avril 1655, cet officier populaire parmi la troupe fut choisi par son supérieur le général Venables pour succéder au major-général Heane mort la veille lors de la déroute de leur armée devant Santo Domingo. Et le 4 juillet, ce fut encore lui que Venables, quelques jours avant son départ pour Angleterre, choisit pour lui succéder comme commandant en chef à la Jamaïque, choix qui sera ensuite approuvé par le protecteur Cromwell. Fortescue mourut quelque mois après cette nomination, peu après l'arrivée de renforts conduits par le commissaire Sedgwick.

FRANC, Pierre

Pierre FRANC : flibustier français originaire de Dunkerque.

Dans les années 1650 ou 1660, commandant un brigantin monté par 26 hommes, il se rendit au cap de La Vela, puis à Rio de la Hacha dans l'intention de prendre les barques qui pêchaient les perles au large du bourg de La Rancheria, entre octobre et mars. Mais ses hommes et lui furent capturés par les Espagnols qui les conduisirent prisonniers à Cartagena où pendant deux ans ils travaillèrent au bastion de San Francisco. Libérés et renvoyés en Europe, Franc et ses compagnons repassèrent ensuite en Amérique pour reprendre la guerre de course contre les Espagnols.

FRANQUESNAY, le sieur de

Jacques de PARDIEU, sieur de FRANQUESNAY : officier français (Normandie, avant 1648 - Limonade, 21 janvier 1691).

Quatrième fils de François de Pardieu seigneur d'Avremesnil et de Marie de Bailleul, cet ancien mousquetaire noir acheta, en 1668, la moitié d'une habitation à la Martinique que possédait à Jean Dyel de Clermont, ancien gouverneur de cette île, qui avait épousé, la même année, sa soeur Marguerite de Pardieu, et en 1671, il se porta acquéreur de l'autre moitié. En 1673, il se trouvait à Saint-Domingue et fut de ceux qui s'embarquèrent avec le gouverneur Ogeron à bord de l'Écueil, qui fit naufrage à Puerto Rico, et il fut l'un des Français qui fut capturé par les Espagnols à cette occasion. Il compta sans doute au nombre de ceux qui, l'exemple du Pouancey, qui furent libéré de leur captivité deux ans plus tard par le capitaine Bennett. En 1677, il se vit confier par Pouancey, devenu gouverneur de la colonie, le commandement de quelques centaines de flibustiers qui suivirent le marquis de Maintenon dans son expédition au Venezuela. Ayant sollicité l'année suivante la charge de lieutenant de roi è Saint-Domingue, il l'obtint en avril 1679 et à ce titre, il assura l'intérim du gouvernement de Saint-Domingue lors de l'absence de Pouancey en France (1681-1682) puis au décès de celui-ci (1683-1684). Il eut ainsi à négocier avec les flibustiers revenant de la prise de Veracruz et, sur la rumeur qu'il voulait sévir contre eux, il fut victime (octobre 1683) de deux tentatives d'assassinat. Le mois suivant, il n'en autorisait pas moins une nouvelle expédition, donnant ses commissions à la plupart des capitaines se trouvant alors à Saint-Domingue pour une expédition contre Santiago de Cuba, en représailles aux attaques des Espagnols de cette place. Cette entreprise ayant avorté à la suite d'un différend entre les flibustiers et le major Beauregard qui devait les commander en chef, Franquesney déclara hors-la-loi plusieurs capitaines, dont le fameux Laurens De Graffe, politique que s'empressa de renverser son successeur Cussy. Sous l'administration de ce dernier, Franquesney demeura en poste à Saint-Domingue où il était un grand propriétaire terrien, notamment dans la région du Cap Français, à la côte nord. En dépit de ses différends avec certains flibustiers, il n'envoyait pas moins lui-même certains de ses engagés en course : notamment Joseph Bodaire en 1682 avec Nicolas Amon, puis Raveneau en 1684 avec De Graffe. Par ailleurs, il vivait en concubinage avec une certaine Michèle Mustel, qui lui avait donné un enfant, conduite jugée scandaleuse par le chevalier de Saint-Laurent et l'intendant Bégon lors de leur tournée d'inspection en 1684 à Saint-Domingue. Ces deux administrateurs ordonnèrent que la femme soit renvoyée en France. Franquesney reçut ensuite l'ordre de repasser lui-même en métropole, mais le navire nantais qui devait l'y conduire s'échoua (mai 1685) sur Mogane, dans le débouquement des Caïcos, et il revint à Saint-Domingue, d'où il repartit toutefois en octobre suivant. Il semble qu'à son retour dans la colonie il ait été accompagnée de sa concubine Mustel puisqu'en décembre 1687 (sur plainte du chevalier de Saint-Laurent) le roi lui-même expédiait au gouverneur Cussy un ordre pour que la femme repasse à nouveau en France. Cette même année, en octobre, Franquesney s'embarqua sur le Marin pour aller arrêter quelques forbans à l'île à Vache. Au début de 1689, il mit fin pacifiquement à une révolte qui éclata au Cap à propos du commerce que des marchands malouins faisaient avec leurs voisins espagnols. Au début de la guerre de la ligue d'Augsbourg, il partagea le sort de Cussy et périt lors de l'affrontement contre les Espagnols de Santo Domingo dans la savane de Limonade dont il était propriétaire.

FREEBOURNE, le capitaine George

George FREEBOURNE : flibustier anglais.

Selon les Néerlandais, Freebourne aurait servi les Espagnols avant de passer à la Jamaïque, une fois cette île conquise par les Anglais. Capitaine d'une petite frégate nommée The Pearl, il s'associa avec un autre flibustier jamaïquain, le capitaine Richard Risby, commandant The Betty, et étant à la côte sud de Cuba, dans les derniers jour de décembre 1660, les deux capitaines s'emparèrent par traitrise du Sint Pieter, d'Amsterdam. Cependant, dès le mois suivant, à leur retour à la Jamaïque, Freebourne et ses hommes furent arrêtés par le gouverneur D'Oyley pour avoir débarquer en fraude une partie de la cargaison du Saint Pieter. Freebourne et trois de ses hommes furent alors en Angleterre sur la frégate royale Convertine pour y être jugé pour piraterie, puisqu'ils n'avaient aucune commission. Ayant été acquitté des charges pesant contre lui, Freebourne repassa à la Jamaïque, où de septembre à novembre 1662, il tenta en vain de ravoir son butin. Le 25 novembre suivant, il recevait, du gouverneur adjoint Lyttleton, une commission pour prendre sur les Espagnols par droit de représailles; il commandait alors un sloop baptisé The Picaroon. Selon les Néerlandais, en 1663 ou 1664, il aurait ensuite été capturé par les Espagnols et pendu à Santiago de Cuba. Toutefois, en janvier 1669, il était l'un des quartiers-maîtres de la compagnie de Robert Delander, l'un des capitaines de la flotte assemblée à l'île à Vache sous le commandement de Henry Morgan.

Figures de Proue : un dictionnaire biographique de la flibuste

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